La Haca accorde 13 mn de droit de réponse à Hamid Chabat
Abdelillah Benkirane a violemment pris à partie sur Hamid Chabat pendant 13 minutes, au cours d’une émission télévisée du 13 octobre 2013. Ce dernier a obtenu gain de cause. Il est ordonné à Al Oula et à 2M de lui ouvrir l’antenne.
L’interview de Abdelillah Benkirane, chef du gouvernement, le 13 octobre 2013, n’a pas fini de faire l’actualité. Les journalistes présents sur le plateau avaient réussi à faire sortir le chef du gouvernement de ses gongs et orienté le débat vers Hamid Chabat, secrétaire général du parti de l’Istiqlal. Et fidèle à lui-même, M. Benkirane n’a pas manqué de dire ce qu’il pensait.
Un recours déposé par Hamid Chabat auprès de la Haute autorité de la communication audiovisuelle, la HACA, le 23 décembre 2013 vient d’aboutir. La demande introduite par le SG de l’Istiqlal a été déclarée recevable dans sa forme et son fond. Elle concerne aussi bien Al Oula que 2M. Il y revendique un droit de réponse aux déclarations du chef du gouvernement durant cette émission.
D’après les deux décisions rendues le 4 février, la Haca ordonne aussi bien à la SNRT qu’à la Soread d’accorder «à Hamid Chabat, secrétaire général du parti de l’Istiqlal, un droit de réponse relativement aux déclarations de Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement, tenues durant le magazine spécial et de présenter la réponse du secrétaire général du parti de l’Istiqlal sur «Al Oula» et «2M» dans des conditions similaires au magazine spécial du chef du gouvernement, pour une durée maximale ne dépassant pas les 13 minutes ».
Les sages de la Haca ont ajouté par ailleurs que les deux chaînes publiques de télévision sont tenues de «veiller à garantir que le droit de réponse se limite aux clarifications relatives aux éléments ayant porté atteinte à son honneur, en sa qualité personnelle et en sa qualité de secrétaire général du parti de l’Istiqlal».
Le réquisitoire de Hamid Chabat, dans sa requête du 23 décembre, est long. Il est dit en substance que «le chef du gouvernement m’a porté préjudice en profitant de son apparition sur les deux chaînes publiques, durant une émission qui n’était pas programmée».
A cette allégation, la Haca réplique que «l’article 48 de la loi 77-03 relative à la communication audiovisuelle, impose aux sociétés nationales de l’audiovisuel public de diffuser les communiqués et messages d’extrême importance que le gouvernement peut à tout moment faire programmer».
Toutefois, elle précise que «les termes et expressions utilisées par le chef du gouvernement durant le magazine spécial à l’encontre de Hamid Chabat en sa qualité personnelle et en tant que secrétaire général du parti de l’Istiqlal, comprenaient des reproches et des qualificatifs sans lien avec les affaires et politiques publiques et n’étant pas “d’extrême importance“».
Principal argument présenté par Chabat : «il a m’a comparé au feu qui embrase les vêtements. Ce qui est contraire aux lois, aux coutumes et à la bienséance». Il expose par ailleurs des accusations où il est question de persécution, de harcèlement, voire de tentative de nuire de la part de Abdelillah Benkirane à son encontre.
Hamid Chabat reproche au chef du gouvernement de ne pas rater une occasion pour l’accuser «d’avoir détruit la majorité gouvernementale, d’avoir mis un terme à l’homogénéité de la majorité en interdisant aux ministres istiqlaliens d’assister aux réunions et de bloquer ainsi l’agenda législatif, d’être à l’origine de la crise gouvernementale qu’a traversée le pays et de déclarer la guerre au gouvernement et à ses ministres».
Et il ne manque pas souligner que «le chef du gouvernement s’est moqué de notre marche de protestation contre la cherté de la vie». Et pour cause !
La Haca a ordonné la publication des décisions au Bulletin officiel. Tout laisse présager que ce 13 minutes sera un concentré de «gentillesses». Et que Abdelillah Benkirane demandera à son tour un droit de réponse!
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