Le Pithovirus, agent infectieux vieux de 30.000 ans, découvert dans les glaces de Sibérie
Le sous-sol de Sibérie, « immense congélateur » d’agents infectieux inconnus, interpelle la communauté scientifique. L’exploitation sauvage du sous-sol gelé et le réchauffement de la région pourrait s’avérer une source de menace épidémiologique.
La découverte du Pithovirus fait osciller la communauté scientifique entre enthousiasme et inquiétude latente. Et pour cause… Une équipe de chercheurs français, réalisant des recherches dans les sols hostiles du permafrost sibérien, ont détecté et ramené en effet à la vie un virus vieux de plus de 30.000 ans, selon le magazine américain de référence, le PNAS, dans lequel les conclusions de l’étude sont publiées.
Sévissant à la fin de l’ère Neandertal, ce Pithovirus est accessoirement le plus grand virus jamais recensé, avec ses 1,5 micromètre, mais s’avère, fort heureusement, inoffensif pour l’Homme, rassurent les chercheurs du CNRS de Marseille à l’origine de l’expédition scientifique, souligne BBC.
Jean-Michel Claverie, virologue et professeur à l’Université d’Aix-Marseille, précise à France 24, que le permafrost sibérien a agi comme un « immense congélateur » conservant en l’état cet agent infectieux à plus de 30 mètres de profondeur. Si l’analyse de son génome prouve qu’il s’agit d’une variété inédite de virus, il n’est fatal que pour l’amibe (organisme unicellulaire), soutient Chantel Abergel, Directeur de recherches au CNRS de Marseille et co-auteur de l’article sur la découverte du Pithovirus. Elle rappelle également au passage que les « virus sur lesquels [ils travaillent] sont choisis pour ne pas être dangereux pour l’homme ».
Des menaces venues du froid… et du passé
Cependant, cette avancée soulève de nombreuses craintes légitimes… Le virologue de Marseille explique que les sous-sols sibériens sont par endroits restés gelés depuis 3 millions d’années. Il n’y a, selon le scientifique, donc aucune raison pour que ne soit pas décelé de nouveaux agents infectieux autrement plus nocifs cette fois-ci. Le spécialiste tempère néanmoins ces propos en précisant que pour le moment, aucun élément concret ne vient conforter cette menace d’un sous-sol infesté de virus.
Pourtant le risque reste présent… Jean-Michel Claverie déclare qu’un « faux sentiment de sécurité » persiste, notamment par rapport aux nombreux virus éradiqués à l’ère moderne mais potentiellement conservés dans les glaces du grand nord. Il ajoute par ailleurs que « la menace sanitaire la plus imminente survient de la probable exploitation économique des étendues sibériennes ». Le réchauffement climatique aidant, de vastes superficies de banquises et de terres situées sur la côte nord de Sibérie s’en trouvent dégagées. Elles deviennent accessibles et fatalement exploitables par les entreprises minières ou d’hydrocarbures attirées par les promesses de sous-sols riches en pétrole, titane ou or.
Pour le scientifique français, le pire scénario reste encore l’exploitation et la fouille sauvage d’un site conduisant à la découverte d’un virus se réactivant au contact de l’homme. Bien qu’aujourd’hui, tous les forages soient effectués avec les précautions d’usage, il convient toutefois de prendre conscience de ce risque issu du passé.
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