Le centre Simon Wiesenthal dénonce la présence de littérature antisémite au Siel
Le centre américain s’est indigné auprès du ministre marocain de la culture, Ahmed Sbihi de la prolifération d’œuvres antisémites au salon du livre de Casablanca (SIEL).
Dans une lettre datée du 3 mars, ce centre s’est dit inquiet de cette montée de l’antisémitisme au Maroc dans le cadre d’un événement culturel.
Simon Samuels, directeur du CSW (Simon Wiesenthal Center) affirme dans sa missive au ministre de la culture que «l’exposition publique de livres antijuifs est une incitation à la haine raciale qui empoisonne l’atmosphère de la culture et de l’éducation et qui n’a pas sa place au Maroc».
A l’appui de ses assertions, il évoque les «titres des ouvrages incriminés qui ne laisseraient aucune place au doute sur la nature raciste de leur contenu». Il déplore aussi la permissivité des autorités de tutelle du SIEL qui permettent d’exposer «des livres racistes publiés en Syrie et en Egypte».
Le CSW appelle donc le ministre Sbihi à la vigilance afin de «contrer efficacement la banalisation de théories racistes et de renforcer des mesures de contrôle pour barrer la route à la violence raciale». Il poursuit en assurant que «ce genre de littérature n’a pas sa place dans un salon du livre à portée culturelle ni dans aucune autre manifestation parrainée par le ministère de la culture».
Dans sa lettre, Simon Samuels manifeste son mécontentement au ministre qui à l’occasion d’un précédent courrier en 2013 avait justifié la présence de ce genre de livres au SIEL. Ahmed Sbihi avait argué de la légitimité de ces livres à la précédente édition du salon du livre en affirmant qu’ils étaient «simplement la conséquence du conflit israélo-arabe et de la résistance palestinienne». Le directeur du CSW s’est insurgé contre cette explication et a exhorté le ministre à «bannir toutes les œuvres qui inciteraient à la haine raciale pour la prochaine édition du SIEL prévue en 2015».
Rappelons que ce centre pro-israélien qui défend les intérêts des juifs à travers le monde suit avec grand intérêt tout ce qui se passe au Maroc. En novembre dernier, ce centre s’était illustré en profitant de la présence du roi sur le sol américain pour solliciter par écrit son aide afin de bloquer deux propositions de loi visant à criminaliser toute normalisation avec Israël. Il avait justifié sa démarche en affirmant que si ces propositions de loi venaient à être votées par le parlement marocain, «les perspectives actuelles et futures des investissements étrangers au Maroc seraient durement affectées».
En réalité, les deux propositions de loi étaient loin de recueillir le consensus politique et avaient subi de nombreuses critiques dont nous nous étions fait l’écho dans ces colonnes. Elles ont été donc normalement et naturellement retirées par leurs auteurs. Mais un centre multiplie les initiatives car cela justifie les subventions qu’il reçoit.
Pour ce qui concerne le Siel, les titres relevés par le Centre sont effectivement des livres racistes et comportent de nombreuses incitations à la haine.
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