Nouvel ambassadeur des Etats-Unis : ce qu’il pense du Maroc
Pour Dwight L. Bush Sr, « le Maroc est sur une tendance positive, mais il doit faire face à des défis importants. » A Rabat, il va s’employer à lutter contre la violence extrémiste, développer la coopération militaire et poursuivre le développement des relations d’affaires.
Tout au long de ces derniers mois et dernières semaines, l’homme que le président américain Barack Obama a désigné pour être le nouvel ambassadeur américain à Rabat s’est exprimé sur le Maroc et les relations bilatérales. Il l’a fait par écrit et oralement.
Ancien banquier à la Chase Manhattan et titulaire d‘un B.A. de Cornell University, Dwight L. Bush Sr. est âgé de 56 ans, marié et père de deux enfants. L’homme qui va occuper dans quelques jours les bureaux de l’ambassade américaine qui domine la vallée du Bou Regreg à Rabat a auparavant visité le Maroc et il est également l’un des principaux animateurs d’une ONG américaine, GAVI, qui mène des campagnes de vaccination dans les pays du Sud.
Face aux membres de la commission des Affaires étrangères du sénat américain, Dwight L. Bush dont la nomination par Obama a été validé à la veille du week-end dernier a mis en relief les objectifs bilatéraux communs : « lutter contre la violence extrémiste, développer la coopération militaire, poursuivre le développement des relations d’affaires ».
Qualifiant le Maroc « de grand pays et d’important allié non-membre de l’OTAN », Dwight L. Bush a rappelé que les entreprises américaines avaient «augmenté de 400% leurs ventes au Maroc depuis l’entrée en vigueur de l’ALE en 2007, les entreprises marocaines ayant enregistré une hausse de 150% de leurs ventes ». L’ambassadeur a également noté le succès du programme Millenium de près de 700 millions de dollars et l’engagement marocain sur les différents projets.
Outre les échanges commerciaux et les investissements américains au Maroc, les deux parties entretiennent des relations humaines, culturelles et éducatives importantes avec un réseau de 4 écoles américaines à Casablanca, Rabat, Tanger et Marrakech, des programmes universitaires ponctuels et un programme de volontariat Peace Corps important depuis les années 1960. Les deux pays entretiennent des relations diplomatiques depuis … 1777 et Tanger abrite le plus ancien bâtiment diplomatique propriété du gouvernement américain, la fameuse Légation américaine aujourd’hui transformé en centre de recherche et de conférence et qui abrite le Moroccan American Studies Center.
Sur le volet sécuritaire, Rabat et Washington ont développé une très forte coopération depuis les attentats de septembre 2001 à New York, puis Casablanca en mai 2003 et Madrid en mars 2004. Avec l’implantation de groupes armés au Sahel et au Sahara, le Maroc est partenaire régulier d’exercices militaires au sol ou en mer. Enfin, sur le plan des achats militaires, Rabat a fait le choix depuis 2 ans d’acquérir des F16 américains et des chars Abrams.
Face aux sénateurs, l’ambassadeur a reconnu que l’évolution de la situation sécuritaire dans la région notamment la présence de groupes liés à Al Qaida au Sahel et au Sahara pouvait influer sur la politique régionale. Sur les relations entre le Maroc et l’Algérie, Dwight L. Bush, malgré la frontière terrestre fermée, a préféré faire remarquer lors de son passage au sénat que « les échanges étaient corrects et que les vols entre Casablanca et Alger sont pleins tous les jours ».
Sur le dossier du Sahara le futur ambassadeur américain à Rabat a noté que « la position de l’administration Obama est la même que celle des 5 administrations précédentes » insistant sur le soutien américain au rôle de l’envoyé spécial des Nations Unies sur le Sahara et aux résolutions du conseil de sécurité.
Dwight L. Bush a souligné les efforts de réforme économique et politique du Maroc déclarant qu’il fallait « aider le Maroc à mieux répondre à ses besoins ».
Sur ce registre économique et politique, notamment le rôle des Etats-Unis en Afrique comparé au rôle de la Chine, Dwight L. Bush a noté « l’absence de la Chine du Maroc » souhaitant encourager le développement de la présence américaine.
Interrogé sur le mouvement Al Adl wal Ihssane, un sénateur a fait remarquer que « malgré les différences avec les Frères musulmans, il fallait veiller à ce que leur action ne soit pas déstabilisante » tout en reconnaissant au passage le rôle d’opposant politique du mouvement fondé par le défunt Abdeslam Yassine.
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