Union africaine de la mutualité : le Maroc risque de perdre la présidence et le siège de l’organisation
La mésentente qui existe au sein de l’UAM pourrait avoir des conséquences négatives pour le royaume qui abrite et préside cette institution depuis sa création en 2007. Le fonctionnement de l'UAM, dont le siège est à Rabat, est actuellement bloqué.
Sollicité pour son expertise de pionnier dans le domaine de la mutualité, le Maroc est censé apporter sa contribution au développement de la protection sociale dans le mouvement mutualiste africain. L’idée s’est imposé au sein des 15 pays d’Afrique de lui confier la présidence, le secrétariat permanent et le siège de l’Union africaine de la mutualité (UAM), mais des différences d’approche risquent de tout remettre en cause.
Dans un courrier confidentiel daté de septembre 2013 adressé au président de l’UAM, son vice-président Babassa Djikine demande des explications à Abdelmoula Abdelmoumni accusé de prendre des décisions unilatérales sans mandat des membres de l’UAM.
Il dénonce nombres d’irrégularités qui nuiraient au bon fonctionnement de l’organisme africain :
-Gel de l’activité de l’Union sans qu’aucune démarche n’ait été entreprise par le président conformément à ses obligations envers l’UAM,
-Entraves majeures au bon fonctionnement telles qu’une attitude irresponsable envers les instances de l'UAM,
-La fermeture du siège depuis son inauguration, soit depuis avril 2013,
-Le secrétaire permanent n’est pas en mesure d’exercer sa fonction et n’a pas accès au siège.
Ces agissements ont soulevé des protestations des membres qui font part de leurs difficultés à comprendre la pertinence et le bien fondé des faits et gestes de leur président envers les organes de et l’institution de l'UAM.
D’après des membres de l’UAM interrogés par Médias 24, cette attitude risque à terme de faire perdre le siège et la présidence de l’UAM au Maroc qui la préside depuis sa création.
Ils avancent que le comportement d’Abdelmoula Abdelmoumni irait à l'encontre de la politique africaine du royaume pour promouvoir l’assurance maladie, la prévoyance et tous les autres secteurs de la protection sociale en Afrique.
Sollicité par notre rédaction pour faire entendre sa version des faits, le président Abdelmoumni n’a pas donné suite à notre requête en restant aux abonnés absents.
L’émergence d’une structure mutualiste suprarégionale semble faire les frais d’un blocage de personnes qui ne profite pas ni à l’Afrique ni au Maroc pour défendre leurs intérêts auprès des organisations internationales.
Il est donc devenu urgent d'agir de manière concertée afin d’assurer un accès aux soins de santé au plus grand nombre de bénéficiaires en mettant de côté les susceptibilités personnelles.
Une union nécessaire et d’actualité
L’Afrique a entrepris de créer des mécanismes régionaux de protection sociale pour faire face à une tendance de fond mondiale, auquel le continent ne peut échapper car il dépense à peine 4,3% de son PIB pour la sécurité sociale contre 25% en Europe et 16,6% en Amérique du Nord.
Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), seulement 5 % à 10 % de la population africaine active bénéficie d’une couverture sociale et 80 % de sa population est exclue des soins de santé. Précisons que la couverture de système d’assurance maladie des salariés du secteur formel ne couvre qu’environ 20% de la population totale du continent africain.
Afin d’endiguer une situation sanitaire déplorable, une politique commune visant à établir une protection sociale de base au niveau régional a vu le jour grâce à la création de l’UAM créée en 2007.
L’objectif affiché est de lutter contre les obstacles financiers pour favoriser l'accès aux soinsen mettant en place une stratégie d'appui aux mutuelles d’Afrique du nord, du centre et de l’ouest.
L’expérience marocaine qui remonte àla création de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (Cnops) en 1950 participeau développement de cette Union pour la promotion de la santé à l’échelle régionale africaine.
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