Bank Al Maghrib prévoit 3% de croissance en 2014
Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a tenu le mardi 25 mars sa réunion trimestrielle et a rendu publiques à cette occasion ses prévisions 2014. Le taux de croissance se situera entre 2,5 et 3,5%.
Au cours de cette réunion, le conseil a examiné l’évolution de la situation économique au cours de l’année 2013 ainsi que les prévisions pour 2014 et analysé les facteurs qui pèsent sur l’évolution des prix pour les 6 trimestres à venir.
Les résultats 2013
Selon BAM, compte tenu des contractions constatées dans les secteurs des industries extractives et de transformation et dans le BTP et la décélération du secteur tertiaire, la croissance économique en 2013 devrait se situer entre 4,5 et 5%.
L’atonie des secteurs non agricoles s’est traduite par une perte de 32.000 emplois sur le marché du travail urbain, portant ainsi le taux de chômage sur ce segment à 14% en 2013.
Pour l’année 2013, l’inflation se situe à 1,9%.
Les prévisions pour 2014
Compte tenu de la baisse prévue du PIB agricole, de sa compensation partielle par le redressement des branches non agricoles et l’incertitude qui entoure les activités non marchandes, la construction et l’industrie extractive, la croissance économique pour 2014 devrait se situer, selon BAM, entre 2,5 et 3,5%.
En matière de finances publiques, BAM constate sur les 2 premiers mois de 2014 un creusement du déficit budgétaire par rapport à 2013, avec un déficit de 19,7 milliards de dirhams à fin février 2014 contre 13,7 milliards à fin février 2013. Cependant, les mécanismes d’indexation mis en place en 2013 et 2014 vont dans le sens des prévisions faites dans la Loi des Finances 2014 visant un déficit budgétaire de 4,9%.
Concernant la balance courante, BAM constate depuis le début 2014 un creusement du déficit de 4,7% par rapport à fin février 2013, résultant d’une baisse des exportations de phosphates de 18,1% et un accroissement significatif des importations de céréales. Cette évolution ne laisse présager qu’une faible diminution du déficit courant qui devrait atteindre 7,5% contre 7,8% en 2013. Mais les réserves de change devraient se maintenir sur l’année à leur niveau actuel de 4 mois et 10 jours d’importation.
La décélération de la masse monétaire (M3) continue en 2014 reflétant la décélération du crédit.
Compte tenu de ce qui précède, le taux d’inflation anticipé par BAM pour l’année 2014 est de 1,8%. Les prévisions de moyen terme tablent, elles, sur un taux d’inflation de 2% sur les 6 trimestres d’ici à juin 2015. Les objectifs d’inflation de BAM seront donc respectés.
Selon Abdellatif Jouahri, Gouverneur de BAM, «il n’y a pas de pression sur les prix internes au Maroc». Concernant les perspectives des prix de l’énergie, le prix du baril de brent devraient se situer à 103$ en moyenne en 2014 et pourraient passer sous la barre des 100$ en 2015. Il n’y a donc pas non plus de pressions externes sur les prix.
Les décisions du Conseil de BAM
Même si la balance des risques est en équilibre, un certain nombre d’incertitudes demeurent, notamment concernant les prix du pétrole (compte tenu de la situation en Ukraine, en Libye, etc.) et les composantes des réserves de change (les MRE, les exportations de phosphates, le tourisme, etc.).
Dans ce cadre, le Conseil de BAM a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 3%. Cependant, afin de soulager la trésorerie des banques, le Conseil a décidé de réduire le taux de la réserve monétaire de 2 point de pourcentage à 2%, donnant ainsi un bol d’air de 8 milliards de dirhams à la trésorerie bancaire.
BAM continuera à soutenir les très petites et moyennes entreprises (TPME) avec la mobilisation de lignes de crédits pour ces entreprises, et particulièrement les TPME exportatrices, avec une première mise à disposition de 8 milliards de dirhams. L’observatoire de la TPME sera également finalisé en avril.
Le Conseil a enfin approuvé les comptes et le rapport de gestion de la Banque pour l’exercice 2013 ainsi que le programme numismatique de l’exercice 2014.
La question spécifique de la libéralisation du change
Interrogé sur cette question, le gouverneur de BAM a précisé qu’un examen de l’opportunité de la libéralisation du change est en cours au niveau de BAM et du Ministère des Finances.
Cependant, la libéralisation du change, comme l’a souligné le Gouverneur, est conditionnée par la satisfaction de certains pré-requis concernant la maîtrise des déficits budgétaires et courants, les réserves de change, la résilience et la qualité du secteur bancaire. Le Gouverneur s’est dit «très ferme» sur la réalisation des pré-requis, une ouverture prématurée qui se solderait par un retour à un change fixe serait très dommageable. Mais si les pré-requis sont là, la libéralisation peut se faire sur les 3 ans à venir.
Enfin, le Gouverneur a également indiqué que la libéralisation progressive du compte de capital est naturelle, arrivé à une certaine maturité du système financier. Et le récent assouplissement de la législation sur les comptes en devises est un pas vers l’ouverture du compte de capital.
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