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Violence en milieu étudiant, comment sortir de la crise?

L’université marocaine est le champ de bataille de tueries entre étudiants. Bien que plus rares que les violences policières, celles-ci reflètent des différends idéologiques que le débat d'idées ne peut régler et cela ne date pas d’hier.  

Violence en milieu étudiant, comment sortir de la crise?
Omar Radi
Le 2 mai 2014 à 13h44 | Modifié 2 mai 2014 à 13h44

Le meurtre de l’étudiant Abderrahim El Hasnaoui, survenu la semaine dernière au milieu de l’université Dhar El Mehraz à Fès, a fait couler beaucoup d’encre. C’est la première fois qu’un pareil événement prend autant d’ampleur dans les médias, les séances parlementaires et, par ricochet, auprès de l’opinion publique. Et pourtant, qu’elle provienne des étudiants eux-mêmes ou des forces de l’ordre, la violence dans les universités marocaines avait fait plusieurs morts à lors de la dernière décennie.

Aucun de ces incidents n’a cependant été l’objet d’une couverture médiatique officielle aussi large, ni de la visite d’une délégation de responsables aux familles des victimes.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, a expliqué, lors d’un récent débat parlementaire que cet incident était un “précédent” et que c’était “la première fois qu’un étudiant en tuait un autre au sein même de l’enceinte de l’université”.

Manquant de pertinence, le propos du ministre laisse perplexe. Daoudi ne s’en rappelle peut-être pas, mais pas plus tard qu’entre 2006 et 2008, deux étudiants ont été assassinés par d’autres lors d’affrontements entre fractions politiques à l’université d’Errachidia et à celle de Meknès, de la même façon qu’a été tué El Hasnaoui il y a quelques jours.

Incident aussi dramatique, l’étudiant Mohamed El Fizazi avait succombé à ses blessures, en février 2013 et à la même université de Fès, suite à une intervention de la police pour disperser une manifestation étudiante. Interrogé quant à ce douloureux événement, le ministre PJD répondra avec une légèreté qui en avait révolté plus d’un, “ça y est, c’est passé, il est mort. Allah i Rahmou. Que voulez-vous que j’y fasse”.

Quelques mois avant, à la rentrée de la même année, et pour contrer les protestations étudiantes qui allaient éclater suite à l’annonce que l’université ne disposait, cette année-là, que d’un siège pour 4 nouveaux étudiants entrants, Lahcen Daoudi, himself, avait alors demandé à son collègue au ministère de l’Intérieur d’intervenir pour “contenir” la colère étudiante.

L’autocritique est nécessaire

La réalité de la violence en milieu étudiant dépasse l’approche sécuritaire à laquelle a fait appel le ministre Daoudi. Appel à la fermeté et la tolérance zéro qu’il a réitéré devant les membres du parlement. Elle est, selon l’ancien syndicaliste étudiant Najib Chaouki, la résultante d’un contexte marqué par l’instauration de clivages par l’Etat afin d’empêcher l’hégémonie d’un courant donné.

“Je me rappelle qu’au début des années 1990, les appels à la haine à l’encontre des étudiants de la gauche circulaient sur des cassettes audio en toute impunité, et les étudiants islamistes appelaient leurs attaques contre les gauchistes ‘conquêtes’ [ghazawat] (...) Quant aux composantes de la gauche, elles se sont plus entretuées entre elles, car elles s’inscrivaient dans une bataille pour la légitimité au sein de l’Union nationale des étudiants marocains (UNEM), dont les instances sont bloquées depuis 1979 lors du 17ème congrès du syndicat (..)”

Selon Chaouki, mettre fin à la violence ne passerait que par l’implication de l’ancienne génération d’étudiants qui la prônaient, à travers une autocritique de toute idéologie violente et exclusive. “Et les Islamistes et gauchistes ont été les auteurs de ces violences ayant fait plusieurs morts et de nombreuses personnes handicapées. Ces personnes sont aujourd’hui des députés, des leaders de partis islamistes ou de la gauche” a-t-il précisé.

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Omar Radi
Le 2 mai 2014 à 13h44

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