Benkirane aux Algériens : “Rendez-nous nos enfants!”
A Agouray, Benkirane était dans son élément face à un auditoire acquis d’avance à ses idées. L’occasion de revenir sur ses thèmes de prédilection, d’envoyer quelques piques à son adversaire Hamid Chabat et de lancer même un appel aux Algériens.
« Personne n’est venu vous proposez 20, 50 ou 100 DH pour votre présence ici, ni a mis à votre disposition des autocars pour vous transporter. » C’est par ces mots de remerciements, non dénués de sous entendu, que le Chef du gouvernement et patron du PJD a débuté son allocution devant un public acquis aux idées du PJD, à Agouray, dans la région d’Ifrane.
Pour immédiatement embrayer sur les « attaques qu’essuient mon gouvernement et moi-même. » Il se lance alors dans une diatribe sur la difficulté de faire de la politique. « La politique quand elle est faite par des gens intègres et qu’elle est intègre, elle précise l’avenir des pays, des peuples et trace les voies, construit des écoles, des hôpitaux et fixe les priorités. »
Puis, il adresse des messages au voisin algérien et aux populations de la région d’Elhamada. « Cela fait 40 ans que vous isolez cette population, vous avez fait la guerre à vos frères, vous les nourrissez d’utopie. Rendez-nous nos enfants ! Qu’ils rentrent exprimer dans leur pays leur position, nous sommes dans un état de liberté. »
Il enchaîne ensuite sur la politique intérieure : « Depuis deux ans et demi que nous sommes à la tête du gouvernement, certains comptent les jours, trouvant le temps trop long. Mais personne n’a demandé d’élections anticipées, car ils craignent ce genre de rassemblement. »
Il rappelle que son gouvernement est issu du peuple et que pour la première fois dans l’histoire du pays, un parti a obtenu 107 sièges au parlement. « Ce gouvernement essaie de défendre le peuple. » Benkirane en profite pour rappeler les mesures prises en faveur du peuple : l’augmentation des bourses estudiantines et une autre programmée pour l’année en cours, ou encore celle du SMIG, le relèvement des minima des pensions retraites pour les affiliés des collectivités locales et des institutions publiques, le lancement des travaux sur la réforme du régime de retraite au profit des classes sociales défavorisées, celle de la justice. « La justice pour tous, loin des choix et calculs politiques, des familles et toutes sortes de privilèges illégaux et illégitimes », a-t-il insisté.
« Je n’ai reculé devant aucune de mes promesses. Les autres pensent que lorsque nous réalisons une avancée, ce n’est qu’à des fins politiques, en vue d’une prochaine réélection. » Benkirane réplique : « vous avez été de longues années à la tête du gouvernement : pourquoi n’avez-vous rien réalisé ? »
Le Chef du gouvernement se dit préoccupé par les couches sociales défavorisées, ceux « qui ne savent pas rouspéter et ni faire grève », dit-il. Il oriente ensuite ses propos vers les jeunes. « Pour ceux qui n’ont pas terminé leurs études, nous travaillons à trouver des solutions, à compléter votre formation en vous dotant de compétences. L’Etat vous les donnera », promet-il. Et d’ajouter : « il ne faut pas que vous soyez tentés par le tcharmil. Nous devons chercher à en comprendre les raisons : la pauvreté, le défaut d’encadrement scolaire, l’absence de travail. Nous devons les aider pour qu’ils n’aillent pas vers le terrorisme ».
Puis une allusion indirecte à Hamid Chabat, toutefois sans le nommer, « celui qui, sans patrimoine, se retrouve propriétaire de la moitié de la ville de Fès, celui qui nuit à son propre parti ».
A ceux qui lui reprochent d’avoir abandonné ses prérogatives au profit du roi, il répond : « ils se moquent de nous ! Sont-ils sérieux ? ». Selon lui, la constitution est claire à ce sujet, avant d’ajouter : « j’ai toujours dit que je n’entrerais pas en conflit avec le roi. Je ne partage pas son pouvoir ».
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