La bouleversante histoire de Hasnaa, 10 ans, transplantée hépatique
Une prouesse médicale, de la solidarité, et un enfant décédé qui sauve la petite Hasna et dont les organes sont transplantés chez cinq patients différents au Maroc. Le CHU Mohamed VI de Marrakech a réalisé jeudi 19 juin la deuxième greffe hépatique de l’histoire du Maroc.
Cette intervention fera date en raison de sa réussite mais aussi de la générosité qui a abouti à sa concrétisation. La petite fille Hasna qui a bénéficié de cette greffe de foie est âgée de 10 ans tout comme le petit garçon décédé donneur d’organes qui lui a sauvé la vie.
Tout commence le vendredi 10 janvier quand la famille désespérée de la fillette décide de prendre à témoin le grand public. Dans une vidéo relayée par le site Hespress, sa maman lance un appel à l’aide pour le sensibiliser au sort de sa fille très malade souffrant d’une insuffisance hépatique grave.
Elle déclare qu’à l’issue d’examens médicaux, l’hôpital Hassan II d’Agadir a conclu à la nécessité de pratiquer une opération très coûteuse de greffe de foie qui ne peut être pratiquée qu’en France…
Le coût de cette intervention avoisine le million de DH car la batterie de tests de compatibilité coûte extrêmement cher et dépasse les maigres moyens financiers de la famille démunie.
Informé, le ministre de la santé Lhoussaine Louardi décide alors de prendre en main les choses en ordonnant le transfert de la jeune patiente au CHU Mohamed VI de Marrakech et de faire prendre en charge tous les frais par le ministère de la santé.
Le hasard des choses a fait que l’intervention s’est déroulée le jour même de l’anniversaire de la fillette qui soufflait sa dixième bougie le jeudi 19 juin.
L’opération de prélèvement sur le donneur a démarré à 8 heures du soir jeudi 19 juin et l’intervention de transplantation s’est achevée à 4 heures du matin.
La vidéo de la petite Hasnaa a déclenché un formidable élan de solidarité.
Interrogé par Médias 24, le directeur du CHU de Marrakech, Mhamed Harif assure que tout indique que l’opération a été un succès. Il précise cependant qu’il faut attendre que la phase aigue d’éventuel rejet d’une année passe pour se prononcer totalement.Il nous révèle que d’ores et déjà, Hasna n’est plus intubée et que même si elle est toujours hospitalisée en réanimation pour quelques jours, son état s’améliore de jour en jour.
Notons qu’elle devra comme tous les transplantés à travers le monde prendre un immunosuppresseur prescrit à vie.
Pour l’anecdote, avant d’apprendre que leur fille allait se faire opérer, la famille qui était à son chevet à l’hôpital avait demandé à l’occasion de l’anniversaire de Hasna une autorisation de sortie.
Après avoir eu le feu vert médical, Hasna et ses parents se sont rendus à la place Jamaa El Fna afin de lui changer les idées. C’est alors qu’un coup de fil inattendu les a rappelés en urgence pour leur annoncer qu’un foie était disponible.
Ils ont du rebrousser chemin précipitamment pour se préparer à l’opération salvatrice qui restera sans doute le plus beau cadeau d’anniversaire de la petite Hasna.
Soulignons que c’est la maman de la jeune fille qui était pressentie pour lui offrir un morceau de son foie. Compatible avec Hasna, les choses n’avaient pas pu se faire rapidement car la donneuse était en surpoids pondéral ce qui rendait dangereuse l’opération de ponction hépatique.
Au regard du cas médical extrêmement urgent de Hasna, sa maman avait même été inscrite à un programme de régime pour pouvoir effectuer la ponction.
Avant de se voir attribuer le foie du donneur, Hasna était en tête de liste des demandeurs en attente d’une greffe hépatique.
Outre la receveuse du foie, le donneur décédé âgé de 10 ans qui était en situation de mort clinique (encéphalique) a pu faire profiter quatre autres personnes de ses organes en offrant ses deux reins à deux patientes de 13 et 16 ans et ses deux cornées à deux autres non voyants.
D’après le chef du CHU de la ville rouge, c’est la première fois dans les annales médicales du Maroc qu’une personne décédée fait un don multi-organique et qu’une greffe de foie est réalisée à partir d’un donneur décédé.
Il nous a assuré que la famille du donneur s’est réjouie du succès des 5 transplantations qui ont contribué à sauver des vies par l’entremise de leur enfant décédé.
Un peu de baume au cœur et une manière noble de faire son deuil car la greffe du foie est la plus compliquée des transplantations médicales.
Hormis l’aide logistique du ministre qu’il faut saluer, Hasna a pu bénéficier de cette greffe hépatique grâce au concours du comité hépatique du CHU de Marrakech et de l’hôpital parisien Beaujon.
Le professeur d’origine marocaine Jacques Belghiti qui est une sommité médicale mondiale a collaboré à distance cette intervention en dépêchant sur place le chirurgien Safi Dokmak.
Rappelons que le CHU de la ville ocre avait déjà réalisé une première le 7 février dernier en procédant à la toute 1e greffe de foie du Maroc sur la personne d’un jeune garçon de dix ans.
Ce dernier qui souffrait lui aussi d’une insuffisance hépatique grave consécutive à une hépatite virale de type A avait bénéficié d’un don de foie de son père.
Cette opération effectuée à partir d’un donneur vivant avait ouvert la voie au développement de la greffe hépatique au Maroc dans le cadre des expertises nationales de transplantation d'organes.
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