A quoi sert le ministre des Affaires générales au Maroc?
Chaque ramadan, il est sollicité pour veiller au bon approvisionnement en denrées alimentaires et s’assurer du respect des prix. Mais son rôle va bien au-delà de ces missions. Retour sur la création de ce ministère pas comme les autres et sur le profil de ceux qui l’ont occupé.
Février 1998. Le Maroc ouvre une nouvelle page de son histoire politique. L’USFP, jusque-là parti de l’opposition, prend la direction du gouvernement.
Abderrahmane Youssoufi est nommé Premier ministre; il a la lourde tâche de former le gouvernement de l’alternance. Sans surprise, il fait appel à Ahmed Lahlimi. Grand ami et confident de Youssoufi, son rôle majeur dans la préparation de l’architecture du gouvernement est un secret de polichinelle. Il en est la cheville ouvrière.
Dans la liste des ministres, et pour le commun des mortels, Lahlimi est mis sur la touche ou presque. Ça ne casse pas trois pattes à un canard: Lahlimi n’hérite que d’un petit ministère, occupé en 1992 par feu Abderrahmane Sbaï dans le gouvernement Mohammed Karim Lamrani… puis mis en veille jusqu’à l’arrivée de Youssoufi.
Mais dans la réalité, ce commis de l’Etat doublé d’un fin politicien aura à faire ses preuves dans un département transversal, une sorte de «Finances bis». Avec lui, le département se voit assigner des missions claires donnant corps au ministère délégué des A.G. tel qu’on le connaît aujourd’hui. Il acquiert ses lettres de noblesse et se penche sur des dossiers concrets: concurrence, prix, compensation…
"C’est un super ministère technique. Le fait qu’il soit délégué n’enlève rien à son super-pouvoir. Il relève de la Primature qui le charge de gérer des dossiers ayant trait à la vie quotidienne des Marocains", lance d’emblée un proche de l’actuel Chef du gouvernement.
Et d’ajouter, "les grandes problématiques sont traitées par ses équipes. Allant de la compensation à la concurrence en passant par la structure des prix, le climat des affaires, la TPE…. Il gère des dossiers qui pèsent des milliards de DH. Rien que la compensation, c‘est près de 40 milliards de DH".
Le remaniement Benkirane II lui a adjoint d’autres prérogatives. Assurer le suivi des rapportsémanant aussi bien d’institutions publiques que d’organismes internationaux au sujet de l'environnement des affaires et instaurer les règles de gouvernance en font partie. Un poste qui renvoie aussi bien à la gouvernance au niveau des marchés publics qu’aux pratiques au sein des établissements publics.
Pour mesurer l’importance de ce ministère, il suffit de passer en revue la liste des profils qui l’ont occupé, pour leur majorité de gros calibres: Ahmed Lahlimi, feu Abderrazak El Mossadeq, Rachid Talbi Alami, Nizar Baraka, Najib Boulif et puis Mohammed El Ouafa.
"La Primature est un département de coordination. Il n’a pas beaucoup d’effectifs, une centaine maximum. Il repose sur les ressources humaines des départements délégués et sur leur expertise pour mener à bien des dossiers de grande importance", explique notre source. Et de poursuivre, "les Affaires générales est le département délégué le plus proche de la Primature. Pendant longtemps, le bureau du ministre des Affaires générales a été mitoyen à celui du Premier ministre".
Ce n’est qu’en 2012, au lendemain de la constitution de l’équipe Benkirane que ce bureau change de main. Et c’est Abdellah Baha, ministre d’Etat, homme de confiance et bras droit du chef du gouvernement qui le récupère. Tout un symbole.
Prochain article : à quoi sert le Secrétariat général du gouvernement?
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