Les chiffres de l’impact du ramadan sur la productivité
Selon un sondage réalisé dans les pays de la région Mena, l’écrasante majorité des sondés estiment que la productivité baisse à l’occasion du ramadan. 80% estiment en même temps qu’ils sont plus performants.
Le mois sacré, marqué par une ambiance et atmosphère unique, est pour bon nombre de musulmans synonyme de spiritualité accrue, de solidarité et de vertu. Dans le monde du travail, en revanche, cette période du calendrier hégirien est présentée de façon moins élogieuse.
Spiritualité et recherche du profit ne semblent pas toujours faire bon ménage, et il apparaît que le mois de ramadan ne déroge pas à cette règle.
En effet, selon un sondage en ligne réalisé par la société de recrutement Bayt.com auprès de 7.394 personnes du Qatar au Maroc en passant par les Emirats Arabes Unis, Oman, Bahreïn, le Liban, la Syrie, la Jordanie, l’Algérie, l’Egypte et la Tunisie, près de 81% des sondés estiment que la productivité globale est légèrement en berne en raison notamment de l’heure de coucher très tardive des jeûneurs.
Pourtant, et c’est aussi l’un des paradoxes de cette étude (ou des cette population) effectuée entre le 20 mai et le 24 juin 2014, à la question de savoir si ce mois de jeûne a un impact négatif sur leur performance, ils sont environ 80% à estimer que ce n’est pas le cas…
Les répondants s’accordent néanmoins à une très grande majorité (84,7%) sur l’idée que le ramadan constitue une période idéale pour la socialisation entre collègues, malgré les sautes d’humeur de certains salariés. En effet, selon plus de la moitié des sondés (55,4%), il ne fait aucun doute que les confrères ont la fâcheuse tendance à manifester plus aisément leur colère.
Enfin, 44,5% des répondants estiment que l’efficacité de l’employeur n’est pas affectée, et ils sont plus de 58% à signaler que les horaires de travail ramadanesques ont un impact positif sur leur performance individuelle.
La perception - positive dans l’ensemble - de l’effort personnel fourni trahit totalement les conclusions quant à la productivité globale. Si le ramadan n’impacte pas la performance individuelle – aux dires de la majorité des sondés -, comment expliquer alors une activité en berne ? Une contradiction de plus qui semble coller à la peau de notre société, empreinte de paradoxes…
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