Lahcen Daoudi: “Le Maroc a besoin de plus de bacheliers en sciences et en maths”
EXCLUSIF. Après avoir présenté les grandes lignes de la rentrée universitaire 2014-2015 en conseil de gouvernement il y a huit jours, le ministre Lahcen Daoudi revient avec Médias 24 sur les objectifs de sa démarche et les défis qu’il doit surmonter.
Le ministre de l’Enseignement supérieur Lahcen Daoudi qui avait pu choquer certaines oreilles à la veille de l’été dernier en déclarant qu’il y avait encore "trop de bacheliers en lettres et en sciences humaines et pas assez en maths et en sciences" n’en démord pas. Pour lui, "inverser la tendance sera l’un des moyens clés d’améliorer l’emploi et lutter contre le chômage".
Juin 2014: Bac littéraire +9%, bac sciences -2%.
A Médias 24, il rappelle que "le système marocain a connu une hausse de 9% du nombre de bacheliers lettres et sciences humaines et une baisse de 2% des bacs sciences et maths en juin dernier".
Selon Daoudi, "cette tendance n’est pas la meilleure et elle est due à l’organisation des systèmes du primaire et du secondaire qu’il faut réformer". "Aucune économie, assène-t-il, ne peut absorber de telles tendances, nous devons redonner aux mathématiques leur véritable place dans l’enseignement."
S’agissant de l’actuelle rentrée universitaire et ses 660.000 étudiants, Lahcen Daoudi juge réaliste que le chiffre de 1 million d’étudiants sera atteint à la rentrée 2018-2019. Ce chiffre inclut environ 30.000 étudiants du supérieur privé et 80.000 étudiants de la formation professionnelle en bac +2.
A un horizon de trois ans, Lahcen Daoudi donne des chiffres de 750.000 étudiants dans le public, 40 à 50.000 étudiants dans le privé et 100.000 étudiants dans la formation professionnelle.
Interrogé sur la conjonction de cette augmentation importante du nombre d’étudiants, près de 50% en trois ans, une croissance du nombre de diplômés et une économie incapable d’absorber 200.000 à 230.000 nouveaux diplômés par an, Daoudi est catégorique: "Pour cela nous avons besoin de plus de formations scientifiques et d’une économie plus compétitive". "En réformant à temps, notre pays avancera".
Sans le dire ouvertement, Lahcen Daoudi réfléchit à une réforme des modèles du primaire et du secondaire en gardant à l’esprit les défis de l’économie internationale.
"Il nous faut rivaliser à l’international, souligne Lahcen Daoudi pour qui, après avoir emmené plus de 80% des jeunes Marocains à la fin du primaire, il faut maintenant s’attaquer au secondaire et au niveau bac avec plus de lauréats scientifiques. "Il faut tirer le Maroc vers la société du savoir et de l’information."
"Il faut jouer le Maroc et pas jouer les élections"
"Aujourd’hui, précise-t-il, l’ouvrier doit avoir son bac pour être embauché, pouvoir se former et s’adapter au fil de sa vie professionnelle". "Demain, le berger doit avoir son bac pour mieux prendre soin et gérer ses animaux."
Interrogé sur ses plans à moyen terme pour le secteur de l’éducation, Lahcen Daoudi ne veut pas brûler les étapes et situer son action au-delà des prochaines échéances électorales. "Il faut jouer le Maroc et pas jouer les élections. C’est comme ça que nous avons pu effectuer des réformes douloureuses", allusion aux premières réformes de la Caisse de compensation et des propositions sur les caisses de retraites. "Au moment des élections, les Marocains sauront faire la distinction". "Si vous êtes dans le bus et que le bus tombe en panne, conclut-il, tout le monde sera à l’arrêt".
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