Inwi participera à l’appel d’offres 4G, mais sous conditions
Wana Corporate a procédé mardi 11 novembre au test de sa 4G. La technologie présentée à la presse est impressionnante. Cela n’empêche pas l’opérateur de mettre un bémol pour sa participation à l’appel d’offres de l’ANRT lancé le 17 novembre.
« Nous participerons à l’appel d’offres de la 4G, mais notre décision de répondre ou ne pas répondre tiendra compte des conditions d’octroi et d’exploitation de la licence ». Plus d’une fois, Frédéric Debord, directeur général de Wana Corporate, a tenu à rappeler, lors de la conférence de presse consacrée au test 4G à Mohammedia mardi 11 novembre, que la participation d’Inwi à cette compétition de la technologie de nouvelle génération dépendra de plusieurs paramètres. Et le plus important demeure le partage des infrastructures et le coût de la licence.
En effet, le marché s’attendait à ce que l’appel d’offres de l’ANRT (Agence nationale de réglementation des télécommunications), lancé le 17 novembre, soit lié à l’entrée en vigueur de la nouvelle formule de la loi régissant les télécoms. Adoptés en conseil des ministres en janvier 2014, les amendements de cette loi peinent à franchir le cap du Secrétariat général du gouvernement.
Le projet d’amendement introduit l’obligation de partage des infrastructures que ses dernières soient filaires, mobiles ou en fibre optique. La 4G a justement besoin de la fibre optique pour une exploitation maximale.
« Au lieu de faire du génie civil pour installer la fibre optique, nous préférons consacrer nos investissement à l’amélioration de la qualité du service et dans le développement du contenu», explique M. Debord. Encore faut-il que Maroc Telecom donne accès à ses tuyaux. Chose que l’opérateur historique ne fera pas si facilement.
En effet, Abdeslam Ahizoune, président du directoire de Maroc Telecom, ne s’en cache pas. Pour lui, « le partage des infrastructures est possible mais dans des conditions équitables ». Une phrase qu’il a répétée lors de son conseil de surveillance tenu en 2014, présidé par Mohamed Boussaid, le ministre des Finances.
L’argentier du pays, très sensible aux décisions qui touchent les recettes de l’Etat, a compris le message. Selon des sources proches du ministre des Finances, « M. Boussaid est solidaire avec le département de Moulay Hafid Elalamy, initiateur des amendements portant sur le partage des infrastructures, mais il doit veiller à ce que les conditions du partage soient équitables ». Ce qui explique que la loi, telle que adoptée lors d’un conseil des ministres, ne pose aucun problème, mais ses décrets d’application doivent être filtrés pour que Maroc Telecom ne se retrouve pas devant une mauvaise surprise.
Wana, ne voit pas cette attente d’un bon œil, mais elle en profite pour préparer son offre 4G et fibre optique tout en maintenant la pression sur l’opérateur historique. Pour cela l’opérateur alternatif avance des arguments en chiffre : 10 MMDH d’investissement sur 5 ans dont 2,5 MMDH déjà engagés en 2014 (700 MDH dans la fibre optique). M. Debord appuie également ses propos en assurant que, à l’exemple du mobile, la concurrence sur le haut débit sera profitable aux consommateurs.
Mais pas uniquement. Elle le sera aussi pour l’opérateur qui saura faire preuve d’agressivité sur le plan technologique et marketing. Et sur ce point, Inwi sait faire. Pour preuve, quatre ans seulement après le lancement de la 2G par Inwi, l’opérateur cumule 12 millions d’abonnés. Mieux encore, Inwi gagne de l’argent : 1,7 MMDH de bénéfice net en 2012 et 1,9 MMDH en 2013.
Maintenir cette cadence sera difficile dans un contexte de saturation de l’offre mobile et de baisse des tarifs des communications (30 à 35% de baisse). D’autres relais de croissance sont nécessaires sachant que l’opérateur alternatif voit son parc d’abonnés fixe fondre comme neige. « Notre offre fixe est de mobilité restreinte, elle est donc fortement concurrencée et devancée par l’offre mobile » reconnaît le patron d’Inwi.
Le partage des infrastructures est donc un couloir commercial qui représente l’avenir financier des opérateurs en place. Maroc Telecom en est convaincu et il ne lâchera prise que si les textes réglementaires ne le pénalisent pas.
Quant au coût de la licence 4G, le projet de loi des Finances 2015 prévoit une recette provenant des licences télécoms de 1,5 MMDH. A partage égal entre les 3 opérateurs, le coût de la licence pourrait ne pas dépasser 500 MDH. Le surplus demeurera le coût des investissements. La question qui se pose est celle de savoir si dans le cas où la loi tarde encore, qui des trois opérateurs pourra piocher dans sa caisse pour déployer ce nouveau réseau.
« Nous pouvons suivre en utilisant notre cash-flow, mais cela prendra du temps au moment où l’opérateur historique prendra de l’avance », confie M. Debord. Mais cela reste un scénario, plutôt une fiction catastrophe que l’ANRT n’a pas intérêt à imposer.
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