A Rabat et à Tanger, Veolia choisit la négociation
Veolia a abandonné l’idée de vendre ses contrats de gestion déléguée.
A Rabat, l’entreprise estime qu’il est urgent d’ouvrir des discussions.
Changement de direction pour Veolia Maroc. Après avoir cherché à vendre les deux contrats de gestion déléguée au fonds britannique Actis, l’entreprise française a abandonné cette idée. « La vente d’Amendis et de Redal appartient au passé depuis le refus des élus locaux d’avaliser le protocole d’accord entre le ministère de l’Intérieur, Veolia et Actis » a déclaré Bruno Collard, le PDG de Veolia Maroc, jeudi 11 décembre, à l’occasion d’un déjeuner avec la presse.
Veolia assure, selon un contrat de gestion déléguée, la distribution de l’eau et de l’électricité et l’assainissement liquide de deux agglomérations : Rabat-Salé avec Redal, et Tanger et Tétouan avec Amendis.
Les choses sont désormais claires : le recentrage décidé au niveau mondial et qui consistait à se séparer des deux contrats de Tanger et Rabat ne se concrétisera pas au Maroc. Veolia, par la force des choses, s’achemine donc vers une négociation avec la tutelle et les élus locaux pour trouver un terrain d’entente. L’entreprise de service va donc rester au Maroc afin de terminer ses contrats qui s’étalent sur une durée de 30 ans, sous réserve de renégociation de certaines clauses.
Toutefois, les deux dossiers n’avancent pas au même rythme. A Tanger et Tétouan, de l’avis de Veolia, la négociation est bien engagée. Les points à négocier sont identifiés et le délégataire espère aboutir à un avenant au contrat au premier trimestre 2015.
A Rabat, le problème est beaucoup plus complexe. Veolia se dit « inquiet de la situation de Redal » soulignant qu’il est « urgent de discuter et de résorber le déséquilibre économique. »
Selon Veolia, plusieurs points doivent être traités parmi lesquels :
-les impayés des administrations et des communes qui atteignent un niveau élevé, supérieur à 500 MDH. Le délai de paiement de ces clients est de 260 jours alors qu’il devrait être de 10 jours selon le contrat. 60% des clients de la wilaya de Rabat Salé sont des communes et des administrations.
-les investissements qui ont été réalisés jusqu’à maintenant mais qui sont menacés à l’avenir. Le contrat de gestion déléguée prévoit une croissance des ressources qui doit s’accorder avec les besoins en investissement. Mais les deux courbes n’avancent pas au même rythme. Le fossé se creuse et Redal ne sera pas en mesure d’assurer les prochains investissements, prévient Veolia.
Depuis l’arrivée de Veolia, qui a repris le contrat de gestion après 3 ans assurés par un consortium hispano-portugais, Redal n’a pas eu la rentabilité attendue. Selon Veolia, le résultat net attendu, qui était de 1,4 MMDH n n’a été que de 400 MDH sur la période 2002-2013. Quant aux dividendes, ils ont été inférieurs à 600 MDH sur 12 ans. Depuis 2009, Redal et Amendis n’ont distribué aucun dividende, constate Veolia. Selon la Cour des comptes, Redal a distribué aux actionnaires 372 MDH sur la période 2002-2012, soit 1,5% du CA de 25 MMDH sur la période.
Veolia estime que les déséquilibres constatés sont le fait d’une croissance rapide de l’agglomération qui a grandi très vite, avec un doublement de la population et donc du nombre de compteurs. Autre souci : le contrat n’a pas été revu tous les 5 ans comme prévu. La révision entamée en 2007 n’a pas abouti, alors qu’elle aurait permis de réajuster plusieurs paramètres.
Aujourd’hui, Veolia fait le constat suivant : en l’absence de rentabilité, il faut renégocier. Pour cela, l’entreprise s’appuie sur une clause du contrat dite de « déséquilibre économique » qui déclenche l’ouverture de discussions. Avec un argument en plus dans la balance : un rapport réalisé par CFG à la demande de Redal, dont les conclusions sont favorables à l’entreprise. Ce rapport, dont une copie a été remise à la tutelle et à l’autorité délégante, conclut que Redal a subi un préjudice sur la période 2002-2013 estimé à environ 3 MMDH.
Dans les prochaines, Veolia espère un déblocage de la situation et une avancée sur la négociation afin d’aboutir à un avenant au contrat de gestion. La trésorerie est en petite forme avec 200 MDH de déficit chronique. Si le soutien des banques venait à faire défaut, ce serait la cessation de paiement, prévient Veolia.
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