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Réussir, c’est donner du sens à ses objectifs

Le coach David Lefrançois explique comment mener à bien ses projets, jouer sur son mental et tirer profit de ses échecs.

Réussir, c’est donner du sens à ses objectifs
Hanae El Idrissi
Le 17 décembre 2014 à 12h34 | Modifié 17 décembre 2014 à 12h34

Coach, psychologue et expert en neurosciences, David Lefrançois est auteur du Guide pratique du life coaching et de La bible du coaching. Il est à la tête de l’Institut des neurosciences appliquées à Casablanca. Il nous livre sa recette de la réussite.

Pourquoi dans la vie certaines personnes réussissent plus que d’autres, toutes choses étant égales par ailleurs ?

D’abord, il ya la notion de sens. Ceux qui réussissent donnent un sens profond à ce qu’ils font. Dès que vous poursuivez un objectif qui ne fait pas sens pour vous, vous finirez par être démotivé, et abandonner.

S’agit-il de donner un sens à ses objectifs ?

Exactement. C’est le but. Par exemple, pourquoi une personne se fixe-t-elle l’objectif de devenir champion du monde de nation ? Qu’est-ce qu’elle atteindra de plus important une fois championne du monde ? Le sens de cet objectif serait de réussir à se discipliner, à dépasser ses limites et à se fixer des challenges. C’est le vrai but. Pour la personne qui réussit, l’objectif est un prétexte pour atteindre quelque chose de plus important.

La notion de détermination est aussi importante. Aujourd’hui, pour réussir, la motivation ne suffit plus. Etre déterminé, c’est décider d’aller jusqu’au bout de ses objectifs.

Enfin, la notion du plaisir est essentielle. C’est une source de motivation permanente. Les personnes qui prennent du plaisir dans le processus lui-même vont jusqu’au bout la plupart du temps.

Quelles sont les principales étapes à suivre pour réussir ?

1. Se fixer des objectifs ambitieux.

2. Etre au clair avec le prix à payer. J’identifie les sacrifices pour atteindre mon objectif. Qu’est ce que je suis prêt à abandonner ? Qu’est ce que je suis près à supporter ?

3. Identifier ses besoins. Qu’est ce que j’ai besoin d’apprendre ? Identifier ce que j’ai besoin d’apprendre pour pouvoir y arriver.

4. Agir massivement. S’il n’ya pas d’action, il n’y aura jamais de transformation. Il y a deux types de personnes, celles qui vivent leur rêve et celles qui rêvent leur vie.

5. S’intéresser au développement personnel. Il est très important de se connaître. Quelles sont mes valeurs ? Quels sont mes besoins ? Qui j’ai envie d’être? Et tout faire pour y arriver.

Quelle est la part de la gestion mentale dans la réussite?

Un neuroscientifique vous répondra : 100%. Parce que toutes les décisions que vous allez prendre vont se situer dans votre cerveau. D’ailleurs, la moindre déficience cérébrale à cause de maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer, etc.) handicape la personne. Dès qu’il s’agit de se fixer des objectifs importants dans la vie et d’avancer, la part du mental est de 100%. J’ai vu des personnes hyperdouées physiquement dans plusieurs sports de haut niveau, qui ne gagnaient jamais en compétition parce que leur mental leur faisait défaut.

Toutes les aptitudes que vous pouvez avoir, qu’elles soient physiques ou intellectuelles ne servent à rien, si vous ne savez pas gérer votre mental et vos émotions.

Comment peut-on agir sur son mental pour atteindre ses objectifs ?

Déjà, il faut jouer avec vos représentations mentales. Il s’agit d’apprendre à visualiser les choses. La plupart du temps, on utilise la visualisation, mais à mauvais escient. Par exemple, vous allez penser à votre examen, vous allez avoir peur, imaginer le pire et par conséquent vous allez retrouver le pire. Donc, si vous ne jouez pas avec votre imaginaire de façon intelligente, votre imaginaire jouera contre vous. Il faut impérativement que vous vous imaginiez en train de réussir.

C’est se programmer soit même ?

C’est exactement ça. On est au cœur de la notion de programmation.

Est-ce qu’un homme a plus de possibilités pour réussir qu’une femme ?

Non. Je pense que la femme dans notre époque, a plus de chance de réussir que l’homme. Parce qu’elle a une capacité d’appréhension globale des choses. Elle vise l’harmonie. C’est la fonction même de la femme. S’il y avait eu plus de femmesà Wall Street, il n’y aurait jamais eu le problème des subprimes. Parce que les femmes n’appréhendent pas les finances de la même façon. Une femme pense au système, alors que l’homme pense de façon séquentielle. Il peut exceller dans un domaine mais pas dans tous. Alors que la femme travaille et gère le foyer même dans les sociétés avancées. Et c’est normal biologiquement. Parce qu’il n’y a qu’elle qui a une capacité d’appréhension aussi globale. Dans la société actuelle, il faut faire de plus en plus de choses en même temps, la femme est la mieux équipée pour ça. Une étude de l’université de Stanford aux Etats -Unis expliquait que quand il y avait des situations de choix multiples de différents jeux, la femme avait toujours une vision globale. Elle s’assurait que tous les acteurs puissent réussir. Alors que l’homme se concentrait sur sa propre réussite. Je crois que dans le système où l’on vit, c’est une belle qualité. L’homme a plus de mal à intégrer l’autre dans sa sphère de réussite, alors que la femme le fait de façon innée. C’est génétique.

L’intuition féminine peut-elle constituer un facteur de réussite pour la femme ?

L’intuition féminine est la capacité de la femme à lire le langage non verbal de l’homme. La spécificité de la femme est qu’elle a jusqu’à douze aires spécifiques pour lire le langage non verbal. Ce dernier représente près de 93% de notre communication. L’homme n’a que quatre à six aires maximum. Quand il s’agit de traiter une masse importante d’informations, l’intuition devient une force. En ce sens, les femmes ont une carte à jouer parce qu’elles ont une intuition plus forte que celle des hommes.

Les croyances religieuses peuvent-elles constituer un facteur de réussite ?

Oui. Il s’agit de distinguer entre les croyances et les croyances religieuses. Une croyance est une pensée que je considère comme la vérité. Elle peut être limitant, constituant un facteur d’échec, ou une croyance de ressources, contribuant à la réussite.

Pour les croyances religieuses, je remarque que les personnes très spirituelles parfois réussissent plus. Elles se disent : «  je fais mon travail, mais le résultat ne m’appartient pas. Il appartient à Dieu ». C’est une bonne technique pour lâcher prise et lâcher prise est un bon moyen pour réussir.

Comment peut-on appréhender l’échec?

Le problème n’est pas de vivre un échec, mais de ne pas en tirer de leçons. Vous risquez de le reproduire. Et comme vous savez que vous risquez de le reproduire inconsciemment, vous ne vous engagerez pas dans de nouvelles actions, au risque d’aboutir au même résultat. Il faut identifier les causes de l’échec et s’engager à ne pas refaire son erreur.

Bill Gates a révolutionné la perception de l’échec aux Etats-Unis. Il posait la question : « est-ce que vous avez déjà échoué dans votre vie ? » Les Américains étant des winners, ils répondaient : « non, je n’ai pas échoué».

Bill Gates répliquait : « vous ne commencerez pas chez moi. Je veux des personnes qui ont déjà échoué. » Une personne qui a déjà échoué est toujours plus intelligente. Elle est alertée. Donc, il ne faut pas considérer l’échec comme une fin. Il faut le considérer comme une étape préalable à la réussite. Tout le monde échoue sans exception.

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Hanae El Idrissi
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