L’IFMIA accélère, avec une école dédiée aux métiers du motocycle
L’Institut de formation aux métiers de l’industrie automobile diversifie son offre de formation et proposera bientôt des qualifications dans les métiers du motocycle.
L’IFMIA, Culture Motos et l’A3M - l’association marocaine des métiers du motocycle- joignent leur effort pour monter la Kimco School, la première école dédiée aux métiers du motocycle.
Les trois parties ont signé mardi 2 juin à Tit Mellil une convention pour la formation de cette école à Casablanca. Le marché du motocycle est en effet en plein essor, mais reste encore trop désorganisé, et manque cruellement de compétences métiers.
Culture Motos et l’AMMM ont choisi l’IFMIA pour le volet pédagogique du projet, un institut d’à peine 3 ans d’existence et encore peu connu, mais dont la vision répond parfaitement aux ambitions industrielles marocaines.
La nouvelle Kymco School dédiée aux métiers du motocycle
La Kymco School ouvrira ses portes dans les locaux de Culture Motos à Casablanca aux formateurs de l’IFMIA. L’IFMIA intégrera dorénavant à la formation des techniciens de maintenance les compétences relatives au domaine du motocycle.
En contrepartie, l’AMMM s’engage à fournir une formation en alternance dans les entreprises membres de son réseau et à financer l’ensemble du matériel nécessaire à l’équipement des ateliers motos.
On assiste à une montée vertigineuse de l’industrie moto au Maroc. 200.000 motos sont vendues par an, pour un parc motocycle évalué à 1,2 millions d’engins. Pourtant, la moto n’a pas encore une réelle identité au Maroc. L’application de la loi sur l’immatriculation des engins de 50 cc va permettre d’organiser cette filière et de laisser la place aux motocycles homologués, qui représentent aujourd’hui à peine 10% des ventes.
La structuration de ce marché nécessite une professionnalisation de la filière avec des qualifications en maintenance, réparations, commercialisation des pièces détachées, etc.
Le 2e pilier du partenariat concerne l’accompagnement des lauréats dans la création d’entreprises.
Grâce au soutien de Kymco Maroc, ce partenariat permettra d’activer un programme complémentaire de financement sous forme de micro-crédit au profit des candidats diplômés qui souhaitent lancer leur projet entrepreunarial lié au domaine de la moto: livreur, coursier, mécanicien, moto-taxi, etc. L’AMMM - avec son programme «Taharrakou Tourzakou» - accompagnera les lauréats dans leur développement de projet.
Interrogé sur le sujet, Aziz Kammah, Directeur de Culture Motos et distributeur exclusif de Kymco au Maroc, affirme que Kymco développe le projet industriel de faire du Maroc une plateforme vers l’Afrique dans moins de 5 ans.
Il est vrai que Kymco a récemment choisi d’installer une usine d’assemblage en Egypte, après avoir considéré le Maroc. Mais la désorganisation du marché marocain et l’absence de qualification l’en avait dissuadé. Ce partenariat vient répondre à ces lacunes en mettant à niveau les compétences techniques et commerciales dont a besoin un constructeur comme Kymco.
L’IFMIA: l’école connectée aux entreprises de l’automobile
Créé en 2012 dans le cadre du plan Emergence, l’IFMIA (institut de formation aux métiers de l’industrie automobile) est un établissement public en gestion déléguée. La SA IFMIA qui gère l’établissement est détenue par l’AMICA. A son conseil d’administration sont représentés le ministère des Finances, le ministère de la formation professionnelle, le ministère de l’industrie et l’ANAPEC.
L’Institut offre des formations diplômantes, qualifiantes et continues au sein de 3 établissements à Kénitra, Casablanca et Tit Mellil. L’établissement de Tanger est dédié à la qualification technique du personnel de Renault. Les formations diplômantes et qualifiantes sont gratuites. Les formations qualifiantes - ouvertes aux chômeurs sans qualification - sont commandées par l’ANAPEC.
Les formations à l’IFMIA se font en alternance avec un stage en entreprise. L’école va au plus près des besoins formulés par les entreprises. C’est le principe de l’institut: une formation pour un emploi. Une partie de la formation à l’école est théorique et l’autre se déroule en atelier. Le travail au sein des ateliers est exécuté de la même façon que dans l’entreprise. L’école pratique même le roulement d’équipes en 8/8.
Le financement des écoles-ateliers est assez innovant puisque l’essentiel des recettes proviennent du paiement des formations continues par les entreprises. L’Etat intervient pour ajuster le budget d’équilibre de l’école, et la manne publique représente 10 à 12% du budget. L’école a également bénéficié de don d’équipement du gouvernement sud-coréen.
Une demande de formation en essor
L’IFMIA forme à l’ensemble des métiers de l’automobile: de la chaudronnerie à la maintenance en passant par le câblage, la plasturgie, l’électro-mécanique et les systèmes automatisés.
«Les entreprises sont en recherche de qualification et souhaitent dès à présent recruter les étudiants en cours de cursus», se réjouit le directeur de l’école.
La demande de formation est en essor, et ne se limite plus aux compétences traditionnellement maîtrisées au Maroc, comme le câblage. Les entreprises sont en demande de qualification sur l’électro-mécanique, les systèmes automatisés, la maintenance.
La prochaine étape est de construire un pôle dédié à la carrosserie, la peinture, l’emboutissage, nous confie la directrice de développement de l’école.
«Ce type d’initiative devrait être reproduit au moins 10 fois à l’échelle nationale». Pour Youssef Alaoui, représentant de l’AMMM, la principale richesse du pays est sa jeunesse, et les entreprises ne demandent qu’à employer au Maroc sur des métiers techniques qualifiés. Le développement du capital humain est long - les formations diplomantes durent 5 ans - mais ne doit pas être négligé.
Le pari de l’IFMIA commence à être gagnant. Preuve en est qu’un certain nombre d’équipementiers s’installent au plus près de l’école de Tit Mellil. La rumeur court qu’un constructeur de moteurs électriques est en train de s’implanter. L’entreprise étrangère a même spécifié que sa venue au Maroc est justifiée par la présence de l’IFMIA. Premier constructeur de moteurs, cette installation serait indubitablement la preuve du succès de l’école qui parvient à créer autour d’elle un cluster automobile, menée par le capital humain.
Des méthodes et des programmes pédagogiques tournés vers l’avenir
L’équipe pédagogique a résolument le regard tourné vers les technologies d’avenir. Cela se reflète aussi bien dans les méthodes que dans le contenu des programmes.
Les étudiants sont poussés à «aller chercher le savoir», par le travail autonome et le développement de projets de fin d’année. On oriente les étudiants vers des projets de R&D pour les travaux de fin d’études. Le premier scanner trivectoriel, fabriqué au Maroc capable d’usiner de larges pièces a été prototypé au sein de l’école de Tit Mellil.
Les outils pédagogiques sont à la pointe en termes de standards internationaux. L’école dispense des cours en e-learning.
Les machines de simulation de pannes automobiles, données par le gouvernement coréen sont reproduits par les enseignants de l’école, pour être adaptés à la nouvelle filière motocycle. «Ces outils qui coûtent 150.000 € à l’import pourront désormais être fabriqués au Maroc et vendus en Afrique, à des coûts 100 fois plus compétitifs, en permettant ainsi d’abaisser le coût de la formation».
Le directeur de l’école cherche à intéresser les élèves aux secteurs d’avenir, les technologies propres, les moteurs électriques, etc. Pourquoi se tourner vers les énergies renouvelables et continuer à promouvoir les moteurs à essence?
La nouvelle garde doit s’orienter vers ces secteurs et bâtir la compétitivité-qualité du Maroc de demain.
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