La Cnops tire la sonnette d’alarme, l’Anam rassure
Il y a anguille sous roche. Autant l’Agence nationale d’assurance maladie (Anam) insiste sur l’excellence de la situation financière de la Cnops (Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale), autant cette dernière est alarmiste.
Les bons chiffres d’abord. Le conseil d’administration de la Cnops qui s’est tenu mardi 16 juin, a entériné une situation saine. L’assurance maladie obligatoire gérée par la caisse a dégagé, à fin 2014, un excédent de 724 millions de DH, selon les chiffres publiés par la Cnops ce lundi 22 juin 2015.
La population des bénéficiaires est passée de 2.982.304 personnes en 2013 à 3.029.803 personnes au 31 décembre 2014. La population des assurés est passée, quant à elle, de 1.227.518 à 1.254.192 personnes, soit une évolution de 2.2% (0.2% pour les actifs et 6.9% pour les retraités).
Quant aux cotisations recouvrées en 2014, elles ont atteint 4,628 milliards de DH, soit une évolution de 3% comparativement à 2013. Parallèlement, les paiements aux assurés dans le cadre des soins ambulatoires et aux producteurs de soins dans le cadre du tiers payant ont totalisé 4,097 milliards de DH (1,759 MMDH dans le cadre du tiers payant et 2,338 MMDH dans le cadre des soins ambulatoires), soit une évolution de 17% comparativement à 2013.
Les chiffres au vert s’arrêtent là. Place maintenant à la zone de doute. Lors du conseil d’administration de la Caisse, en présence de la tutelle et des syndicats ainsi que des représentants de l’Anam, le directeur de la Cnops a tenu à passer un «warning».
Selon lui, «en dépit de l’état financier actuel des comptes de la Cnops, l’évolution des prestations combinées à la stagnation des cotisations influent sur les résultats techniques de la Cnops qui sont passés de 551 MDH en 2012 à 364 MDH en 2014, soit une baisse de 34%», précise le communiqué de la caisse.
Si le problème de la stagnation des cotisations est presque général, y compris pour les caisses de retraites publiques et privées, la Cnops est astreinte à des concessions douloureuses.
Selon la loi, la caisse est obligée de se défaire de sa pharmacie. Elle devait le faire à fin 2014, et y a urgence en 2015 pour se conformer à la loi. Ce dossier est très épineux pour la caisse car il provoquera une explosion des dépenses en médicaments. Il est de notoriété publique que la Caisse, à travers sa pharmacie, pratique des prix de médicament 3 à 4 fois moins chers que ceux pratiqués par les officines. La disparition de la pharmacie de la caisse annonce donc des années difficiles.
Les dépenses de remboursement des soins, sont elles aussi promises à la hausse. En effet, l’Anam négocie actuellement la revalorisation des tarifs de certains actes médicaux. La valorisation de trois actes suffit pour provoquer un stress financier chez la Caisse. Il s’agit, de l’avis de sources proches du dossier, des consultations médicales généralistes et spécialisées ainsi que la réanimation.
«De même, l’évolution des affections de longue durée (4,57% de la population assurée consommant 46% des dépenses), le coût des soins dentaires et de la biologie, l’intégration de la population de l’article 114 (constituée de 60% de retraités), etc. sont autant de zones de risques qui pourraient impacter à terme la bonne santé financière de la Cnops», reconnaît le communiqué de la caisse.
Sans oublier que 62.000 affiliés à la Mutuelle de Prévoyance Sociale des Cheminots, se préparent à rejoindre les rangs de la Cnops. Cette dernière attend l’accord de l’Anam pour gérer ce dossier et permettre aux employés de l’ONCF d’accéder au panier de soins offert par l’Amo pour le secteur public.
Quelques jours auparavant, l'ANAM avait publié un communiqué absolument rassurant quant à la bonne santé de ce régime.
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