Série de mesures à l’étude pour faciliter le financement du logement social
Les intervenants majeurs du financement de l’immobilier se sont tous réunis jeudi 9 juillet au siège du ministère de l’Habitat.
L’objectif était de relancer le marché, en levant une série d‘obstacles financiers qui freinent l’acquisition, en particulier dans le logement social.
Il y avait donc Nabil Benabdellah, ministre de l’Habitat, Mohamed Boussaid, ministre des Finances, le GPBM, les quatre banques marocaines majeures (BP, Attijari, BMCE, CIH), la CCG (Caisse Centrale de Garantie) et la FNPI (Fédération nationale des promoteurs immobiliers).
L’ancien modèle qui avait été mis en place fonctionnait sur des garanties accordées par des fonds étatiques: Fogarim pour le logement social, Fogaloge pour les fonctionnaires, Fogalef pour les enseignants.
Depuis 2010 seulement, 520.000 unités de logement social ont été produites, livrées ou en voie de l’être, nous explique Nabil Benabdelah. Le secteur a connu depuis 10 ou 15 ans, une évolution annuelle à deux chiffres. Ce n’est plus le cas désormais.
Un tassement des ventes est constaté depuis plus d’une année. Selon des données recueillies auprès des professionnels, seules deux banques continuent à financer le logement social. Les autres ne le font plus, sauf si elles ont une convention avec le promoteur concerné.
Les deux banques qui continuent sur le logement social sont, sans surprise, la BP et le CIH. Selon différentes sources, la quotité financée pour un logement social, vendu donc à 250.000 DH, ne dépasse plus 160.000 DH, voire 170.000 DH. Jusqu’à une date récente, le financement atteignait 220.000 DH sur un prix total déclaré de 250.000 DH.
Ces deux banques arguent d’une sinistralité élevée dans ce segment du marché. Ce n’est pas l’avis de Youssef Iben Mansour, président de la FNPI: “la Caisse centrale de garantie ne confirme pas l’existence d’un taux de sinistralité élevé“, déclare-t-il à Médias 24.
Les autres banques, qui ont levé le pied, arguent quant à elles, de coûts de gestion trop élevés sur des dossiers de petite taille. L’ensemble du secteur bancaire affirme également que la demande actuelle est moins solvable que par le passé, les plus solvables ayant été déjà servis.
Pour M. Iben Mansour, cette situation nouvelle remet complètement en cause l’ancien modèle et donc provoque une baisse du taux de commercialisation.
Différentes pistes ont donc été discutées, pour faciliter le financement acquéreurs. Une cellule commune aux différents intervenants a été créée et un nouveau point sera fait le 15 juillet au GPBM.
Parmi les pistes évoquées :
-Amélioration des modalités d’octroi des crédits (quotité de financement, taux d’intérêt, durée de crédit,…) ;
-Amélioration du fonctionnement du Fonds Damane Assakane ;
-Simplification des procédures administratives.
-Porter la garantie de l’État (CCG) de 70% à 80% du montant du crédit ;
-trouver une formule de partage des risques et des financements portés par plusieurs banques et plus seulement par le CIH et la BP.
-éventuellement supprimer la TVA sur le crédit acquéreur destiné au logement social ;
-avec l’augmentation de la quotité garantie par l’État, les banques doivent augmenter la quotité financée…
Pour Nabil Benabdellah, faciliter le financement acquéreur est une priorité pour les couches les plus démunies ou pour les couches moyennes. C’est une question à la fois sociale et économique.
Pour Youssef Iben Mansour, le problème se situe effectivement et pour l’essentiel, dans le financement acquéreur. Les baisses des taux de commercialisation, selon lui, ne concernent pas tous les promoteurs et le secteur résiste bien à la conjoncture, sauf “un ou deux cas“.
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