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ECONOMIE

Secteur informel, corruption et manque de qualification assombrissent le climat des affaires

Dans le cadre d'une enquête de la BERD, les entreprises marocaines ont déclaré comme obstacles majeurs à la conduite quotidienne des affaires l’économie informelle, la corruption et le manque de travailleurs qualifiés.   

Secteur informel, corruption et manque de qualification assombrissent le climat des affaires
Ariane Salem
Le 23 juillet 2015 à 15h48 | Modifié 23 juillet 2015 à 15h48

L’électricité et l’accès aux financements arrivent en 4e et 5e position des obstacles à la conduite des affaires. Les chefs d’entreprise n’ont en revanche pas cité l’instabilité politique parmi les obstacles principaux, à la différence des autres pays sondés de la zone méditerranéenne sud et est (SEMED: Maroc, Tunisie, Égypte, Jordanie). Cette source de frein au développement des affaires arrive toutefois en 6e position dans le classement marocain. 

L’enquête a été menée dans les pays de la région MENA (SEMED + Djibouti, Israel, Liban, Palestine et Yemen) par la BERD, la Banque mondiale et la BEI. Elle est basée sur des entretiens avec plus de 6.500 chefs d’entreprises de plus de 5 employés sélectionnées aléatoirement menés entre 2013 et 2015.

Premier rival: le marché informel

Au Maroc, 47,3% des entreprises ont déclaré rivaliser avec le marché informel, plaçant le pays au-dessus de la moyenne SEMED, et en deuxième position après l’Égypte (48,1%). Cette situation est particulièrement handicapante pour les jeunes en zone rurale, qui n’ont d’autres alternatives que l’informel, souligne l’enquête. 

Méfiance prononcée à l’égard de la justice et de l’administration

Alors que le PJD en avait fait la priorité de son programme électoral, la corruption demeure le 2e obstacle le plus sévère déclaré par les entrepreneurs marocains. 18,2% d’entre eux estiment que l’obtention d’une licence d’importation requiert le versement informel d’argent ou de cadeaux, plus que n’importe où ailleurs dans les pays du SEMED, et 2,6 fois plus que la moyenne de la région MENA. 

Par ailleurs, près de 15% ont déclaré devoir faire usage de ce type de versements informels pour obtenir un permis de construction ou d’un raccordement électrique. 7,5% ont affirmé que les collecteurs d’impôts demandaient le versement de pots-de-vin. 

Les entreprises marocaines ont toutefois évalué un coût de la corruption relativement minimal par rapport aux autres pays de la région. Le coût des paiements informels pour que «les choses soient faites», représenterait 0,2% de leur chiffre d’affaires, ce qui place le Maroc en avant-dernière position dans la région avant la Jordanie. En Tunisie, ce coût est évalué à la mirobolante part de 2,7% du chiffre d’affaires. 

65% des entreprises ont également désapprouvé l’idée que la justice de leur pays était juste, impartiale et noncorrompue, contre une moyenne de 53,4% dans les pays du SEMED. 

Offre de travail qualifié insuffisante

L’inadéquate qualification du marché du travail est le 3e principal obstacle au développement des affaires. L’enseignement supérieur ne délivre pas les compétences nécessaires au secteur privé, ont déclaré les entrepreneurs marocains.

L’enquête pointe du doigt le manque d’inscriptions universitaires dans les filières scientifiques, qui représentent 18% des inscriptions contre 75% dans les sciences sociales, éducatives et les filières littéraires (données de la Banque africaine de développement). 

Un accès contraint à l’électricité et à la finance

Le prix et l’accès à l’électricité sont mentionnés comme des obstacles majeurs à la conduite des affaires. Si le Maroc fait l’expérience de délai de raccordement au réseau relativement rapide par rapport au reste de la région, la fréquence et la durée des pannes électriques pénalisent le chiffre d’affaires des entrepreneurs. 35% des entreprises interrogées disent avoir été victimes de pannes. Ces ruptures de courant et donc d’activités entraîneraient un coût pour la société évalué en moyenne à 4% de son chiffre d’affaires.

Quant à l’accès à la finance, le problème ne semble pas tant être la restriction de l’offre de crédit, que les exigences importantes de garanties.

Plus de la moitié des entreprises interrogées ont déclaré détenir un prêt ou une ligne de crédit bancaire. En revanche, la valeur des sûretés requises approche les 150% de la valeur du prêt, ce qui contraint fortement les PME dans l’accès au crédit. 

L’enquête conclut sur l’idée que la faible distribution bancaire est plus le fait d’un manque de demande qu’une restriction de l’offre. Au Maroc, tout juste 40% des entreprises ont déclaré nécessiter un crédit, dont 16% sont en situation de contraintes de crédit, soit parce qu’elles se sont vues refuser un crédit, soit parce qu’elles s’estiment inéligibles à tout prêt. Les 34% restants ont reçu une autorisation de prêt.
Une particularité intéressante du Maroc par rapport aux autres pays de la région est que ce sont avant tout les grandes entreprises (plus de la moitié) qui manifestent un besoin de crédit, contre 36% des PME. C’est l’inverse qui est observé dans les autres pays de la zone SEMED.

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Ariane Salem
Le 23 juillet 2015 à 15h48

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