Bastion Capital Africa: voilà les secteurs qui intéresseront le Maroc en Afrique sub-saharienne
Pour l'opération d'acquisition du pôle halieutique d'Anouar Invest, l'acheteur Suprem Group a été conseillé par Bastion Capital Africa. Entretien avec Zakaria Fenjirou, directeur général de Bastion Capital Africa, au sujet du potentiel du Maroc en tant que hub africain.
Medias24 : Pouvez-vous nous en dire plus sur Bastion Capital Africa et votre implantation au Maroc ?
Zakaria Fenjirou: Bastion Capital Africa est une banque d’affaires spécialisée dans les marchés africains et affiliée à Bastion Capital London, acteur britannique opérant dans les marchés financiers depuis plus de 10 ans et dont les activités sont autorisées et régulées par le Financial Conduct Authority à Londres.
Nous avons ouvert les bureaux «Afrique» de Bastion Capital Africa en janvier 2014, à Casablanca et à Abidjan, bureaux à partir desquels nous gérons les activités de Conseil Stratégique sur le continent africain, avec une priorité pour l’Afrique du Nord, de l’Ouest et Centrale.
Nous disposons également d’une présence à Londres, Dubaï et Genève, à travers les bureaux de notre maison mère. Cette configuration internationale couplée à notre connaissance des marchés africains nous permet de faire bénéficier à nos clients internationaux et locaux d’une importante capacité de sourcing, pour réaliser des transactions de qualité dans les zones géographiques où nous opérons.
D’autre part, nous avons souhaité nous baser à Casablanca, car nous estimons que le positionnement du Maroc pour réaliser des affaires dans la sous-région est optimal et pertinent.
À ce titre, nous avons obtenu le statut CFC en octobre 2014. Avec Casablanca Finance City, nous partageons la conviction que le Maroc deviendra un moteur de plus en plus important pour le développement des services financiers et de conseil en Afrique et un hub régional pour les affaires en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne.
Nous nous positionnons en ligne avec la vision royale de faire du Maroc un hub pour l’Afrique, notamment financier, et nous accompagnons dans ce sens les multinationales qui partagent également cette vision.
-Comment accompagnez-vous vos clients sur le continent africain?
-Bastion Capital Africa, comme le précise notre dénomination, a pour ADN l’Afrique, et c’est autour du continent africain qui constitue notre domaine d’expertise, que nous proposons à nos clients une panoplie de services, parmi lesquels le conseil en «business development», le conseil en investissement et en fusion-acquisitions. Nous permettons à nos clients de pénétrer les marchés africains qui disposent de plus de potentiel de croissance et d’accéder à de nouveaux marchés de consommateurs.
L’Afrique est un continent extrêmement vaste et complexe. Avec ses 53 pays, qui constituent autant de marchés spécifiques avec leurs particularités propres, nos clients ont besoin d’assistance pour aiguiller leur approche et affiner leur stratégie de développement sur le continent.
Fonds d’investissement, opérateurs industriels, entrepreneurs ou institutionnels, ces acteurs recherchent des opportunités qui correspondent à leur critères d’investissement. Nos services sont là aujourd’hui pour les accompagner dans des transactions gagnantes, tout en respectant les us et coutumes et l’approche locale des affaires.
Nos partners ainsi que notre Board stratégique mettent à disposition de nos clients une connaissance approfondie du monde des affaires dans les régions où l’on opère et un réseau de partenaires internationaux.
-Vous avez conseillé Suprême Group dans l’acquisition du pôle halieutique d’Anouar Invest. Pouvez-vous nous apporter plus de détails sur cette transaction?
-Nous avons en effet conseillé Suprême Group sur l’acquisition des sociétés Silver Food, Sopcoda et Silver Fishing du groupe Anouar Invest. Silver Food compte parmi les leaders au Maroc de la conserverie de poisson (thon, maquereau et sardines), avec des marques fortes connues sur le marché local (Mario, Atlanta et Silver) et des produits reconnus à l’international de par leur qualité, qui explique leur succès à l’export.
Fondé en 1957 et présent dans plus de 90 pays, Suprême Group est un leader mondial dans la fourniture de solutions de chaînes d'approvisionnement de bout en bout aux clients des secteurs de la défense, gouvernemental et commercial de par le monde. Suprême Group a entrepris une stratégie de diversification, dotée d’une enveloppe de 500 millions de dollars, axée sur des acquisitions d’entreprises opérant, en contact direct avec le consommateur final, dans les industries du secteur agroalimentaire et boissons non-alcoolisées en Afrique.
Cette transaction majeure, qui s’est faite dans le cadre de la stratégie de diversification de Suprême Group dans les métiers de l’agro-alimentaire en Afrique, reflète également l’attrait que représente le Maroc auprès les entreprises internationales, en tant que porte d’entrée vers les marchés de consommateurs d’Afrique du Nord et subsaharienne. C’est justement ce type d’opportunités d’investissements stratégiques que nous proposons à nos clients internationaux.
-Quels sont les prochains secteurs pour lesquels vous voyez des mouvements de consolidation ou des opérations d’acquisition en Afrique subsaharienne? Qu’en est-il du développement des acteurs marocains dans la sous-région?
-Après le développement d’opérations d’acquisition dans les secteurs de l’assurance, des banques, des télécoms et avec l’émergence d’acteurs régionaux dans ces secteurs, nous pensons et voyons déjà que les prochaines vagues d’acquisitions porteront essentiellement sur des activités liées directement au consommateur final, comme l’agro-industrie/agro-alimentaire, les activités de distribution (distribution pétrolière, agro-alimentaire, retail textile) mais également dans des activités industrielles et de services aux industries (logistique, etc.).
Quant aux prochaines vagues de consolidation, elles concerneront les secteurs capitalistiques, qui connaissent encore un grand nombre d’acteurs et qui de par leur complexité nécessiteront l’émergence d’acteurs régionaux et locaux, qui devront atteindre une taille critique pour être plus compétitifs et plus innovants. Les services financiers et les télécoms verront dans les prochaines années un mouvement de consolidation en Afrique subsaharienne et seront suivis d’après nous par les secteurs de la grande distribution et de l’agro-alimentaire dans une moindre mesure.
Enfin, les entreprises marocaines en se développant dans la région ont un véritable rôle à jouer dans le cadre d’une coopération Sud-Sud. Ayant connu un développement important sur le marché marocain ces 15 dernières années, un grand nombre d’acteurs marocains leaders gagneraient à se développer en Afrique subsaharienne, à l’instar des banques et assurances marocaines ces dernières années, et notamment dans les secteurs de la santé/pharma, l’éducation, les biens de consommation, la distribution et l’agro-industrie – ce qui contribuera de facto au développement des économies locales dans lesquelles ils s’implanteront.
En outre aujourd'hui, le Maroc dispose de relations privilégiées, séculaires, avec l’ensemble des pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale, d’une véritable proximité culturelle et légitimité en tant que partenaire économique et commercial des pays de cette région. Une véritable autoroute s’offre aujourd’hui aux entreprises marocaines pour bénéficier de cette croissance vers le Sud et faire bénéficier les économies locales de leur savoir-faire, dans un grand nombre de secteurs et activités.
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