Un ambitieux contrat-programme pour le poids lourd et la carrosserie
Moulay Hafid Elalamy a lancé et présenté ce mardi 28 juillet à Rabat les axes du développement de l’écosystème du poids lourd et de la carrosserie industrielle. Pour le ministre de l'Industrie et du commerce, le but est d’atteindre quatre objectifs clés à 2020: faire émerger des locomotives industrielles, élargir la base industrielle, améliorer la sécurité routière et l’efficacité énergétique.
Le secteur du GPLC (Groupe poids lourd et carrosserie) est aujourd’hui représenté par 100 entreprises, dont 20 constructeurs de camions de dimension internationale. On compte notamment le suédois Volvo, l’indien Tata, l’américain Ford ou l’espagnol Hispano, qui sont implantés au Maroc, pour certains, depuis plus de 50 ans.
Les industriels du poids lourd sont principalement actifs dans la construction, le montage et la carrosserie. Pour d’autres, comme Renault Trucks, ils sont actifs dans la distribution principalement, tout comme les constructeurs chinois plus récemment installés au Maroc.
Le secteur emploie directement un total de 6.000 personnes (en 2014). Le chiffre d’affaires du GPLC est de 12 milliards de DH, dont un milliard à l’export, principalement vers l’Afrique.
Le souhait des pouvoirs publics et des professionnels est aujourd’hui d’élargir la base industrielle avec des constructeurs, tels Tata, qui développent de nouvelles ambitions pour le Maroc et la région. L’idée est également d’arriver à disposer d’entreprises de taille critique, des locomotives, qui peuvent vendre et se développer à l’international.
En parallèle, les documents du ministère notent que la sécurité routière et l’efficacité doivent s’améliorer de pair avec le développement de l’écosystème, une manière de dire qu’il ne s’agit pas de favoriser un développement débridé et anarchique, au final négatif.
Le projet du GPLC vise enfin, tout en développant «l’expertise locale», à «favoriser l’adoption des meilleures normes de sécurité».
21.000 emplois attendus, 200 hectares de foncier à mobiliser
Sur le total des 500.000 emplois que le plan d’accélération industrielle 2014-2020 vise à créer, 21.000 doivent l’être par la filière GPLC. À titre de comparaison, 23.000 créations d’emplois sont attendues du côté de l’aéronautique, 100.000 du côté du textile et 90.000 dans l’automobile.
Dès cet automne, le GPLC doit bénéficier d’un plan dédié du côté de l’OFPPT (l’Office de la formation professionnelle). Les 21.000 emplois attendus d’ici 2020 sont constitués de 11.586 opérateurs, 9.269 techniciens et de 211 ingénieurs.
Outre la formation, l’identification d’espaces fonciers à mobiliser pour les investisseurs va démarrer. D’ores et déjà, le ministère indique que 80 ha seront réservés sur l’axe Casablanca-Settat, 53 ha sur Tanger-Tétouan, 27 ha sur Rabat-Salé-Kénitra et 40 ha dans «d’autres régions», sans autre précision.
Selon des informations communiquées par le ministère, les ambitions du nouvel écosystème sont fortes. Il s’agit ni plus ni moins à l’horizon 2020 que de «quadrupler l’emploi et de faire passer le CA à l’export à 6 MMDH» contre un seul milliard actuellement. Pour arriver à tout cela, 35.000 poids lourds devront être produits en 2020.
En substance, le deal entre le ministère et les professionnels du GPLC est du donnant-donnant pur et gagnant-gagnant bien sûr. D’un côté les professionnels doivent créer des emplois, développer l’export et la valeur ajoutée et accompagner les TPME. De l’autre, les services de Moulay Hafid Elalamy doivent rendre le foncier disponible, offrir de la formation, prendre toutes sortes de mesures pour améliorer la compétitivité.
Ceci sachant que pour un investissement orienté vers l’export, les aides publiques sur le foncier, le bâti et la formation professionnelle peuvent atteindre 15 à 20% du projet d’investissement global.
Un contrat de performance devant accompagner le déploiement de l’écosystème a été signé à cette occasion par MM. Elalamy, Mohammed Hassad, ministre de l’Intérieur, Mohammed Boussaid, ministre de l’Économie et des finances, Mohamed Najib Boulif, ministre délégué auprès du ministre de l'Équipement, du transport et de la logistique, chargé du Transport et Adil Zaidi, président du Groupement du Ppoids lourd et de la carrosserie (GPLC).
En vertu de ce contrat, la profession s’engage d’ici 2020 à porter l’effectif du secteur à 24.000 employés et la production annelle à 34.500 unités (contre 6.000 en 2014), dont 30% seront destinés à l’export. Elle s’engage aussi à contribuer au PIB à hauteur de 8 milliards de DH et à réaliser 6 milliards de DH de C.A. à l’export.
À ce propos, le ministre a ajouté que l’écosystème «Poids lourd et carrosserie industrielle» favorisera l’intégration locale des industries PLC et automobiles, ainsi que l’émergence de locomotives ancrées sur le territoire national par le développement d’une offre alliant dispositions réglementaires et compétitivité de la chaîne de valeur. L’écosystème aura également un effet notable en termes d’amélioration de la sécurité routière (rajeunissement du parc circulant) et d’efficacité énergétique (réduction de la consommation kilométrique du carburant).
M. Elalamy s’est par ailleurs félicité du travail accompli en partenariat avec le GPLC pour structurer l’écosystème, dont la mise en place et le développement seront accompagnés par des aides ciblées de l’État visant:
- la promotion de l’investissement (offres d’installation et d’extension des capacités de production) ;
- l’accompagnement des locomotives de l’écosystème (octroi de primes).
- la limitation graduelle de l’âge des véhicules circulant qui doit atteindre 20 ans maximum d’ici 2020 ;
- l’optimisation de la charge en circulation (accroissement du poids total en charge et mise en place de normes de gabarits) ;
- l’accroissement de la commande publique adressée au secteur ;
- l’assouplissement des conditions d’éligibilité à la prime au renouvellement du parc et sa généralisation à tout transporteur disposant de véhicules poids lourds dont l’âge dépasse 15 ans ;
- La mise en place d’un dispositif de financement des semi-remorques en partenariat avec les institutions bancaires (location financière et longue durée) ;
- l’accès au foncier (mise à disposition de 200 ha à prix attractif) ;
- l’appui à la formation.
Ces aides seront octroyées en contrepartie des objectifs précités, fixés au secteur dans le cadre du PAI et que la profession s’engage à réaliser d’ici 2020.
Le secteur PLC compte une centaine d’entreprises qui génèrent un C.A. de 12 milliards de DH, dont 1 milliard de DH à l’export, réalisé en Afrique. Le GPLC regroupe près de 80% des professionnels du secteur, parmi lesquels figure la totalité des majors internationaux présents au Maroc.
Avec le lancement de l’écosystème PLC, la filière se dote pour la première fois d’une feuille de route claire, qui en accélérera le développement. C’est la parfaite illustration du caractère inclusif de la nouvelle stratégie industrielle, qui vise à favoriser un développement harmonisé de l’ensemble des filières du tissu productif. (Avec communiqué)
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