Plaidoyer pour la création de l'Union des auteurs et réalisateurs arabo-africano-latino-américains
Les intervenants lors d'un colloque sous le thème "le film et le roman dans le cinéma du Sud" ont plaidé, dimanche soir à Assilah, pour la création de l'Union des auteurs et réalisateurs arabo-africano-latino-américains, en vue de mettre en exergue les créations des écrivains et cinéastes maghrébins, africains et latino-américains.
Au terme d'une rencontre de deux jours, organisée par l'Union des réalisateurs auteurs marocains (URAM), en collaboration avec le 37e Moussem culturel international d'Assilah, les intervenants ont débattu de la divergence des points de vue entre l'écrivain et le réalisateur dans l'adaptation du roman au 7e art, en se basant sur un nouveau langage pratique qui consiste à écouter des fragments de romans lus par l'artiste marocaine Amal Ayouch et à assister à des séquences filmées correspondant aux textes écrits, dépassant ainsi la notion théorique de la fidélité/infidélité, et ce, afin d'analyser les visions et les approches adaptées par les cinéastes dans la conversion des œuvres littéraires en films.
Cette rencontre, qui s'inscrit dans le cadre de la 30e session de l'Université d'été Al Moutamid Ibn Abbad, vient jeter les ponts entre les romanciers et les réalisateurs maghrébins, arabes et africains, et ce afin de favoriser l'échange d'expériences, mettre en avant les compétences artistiques des Arabes et des Africains et de faire croiser leurs regards autour de l'adaptation des textes littéraires au 7ème art.
Intervenant à cette occasion, le président de l'URAM, Saâd Chraïbi, a souligné que cette nouvelle approche pratique de traitement de la question d'adaptation du roman au cinéma a connu un franc succès, dans la mesure où elle a permis, aux cinéastes, réalisateurs et romanciers participants, de croiser leurs regards autour de cette thématique et de débattre de la difficulté qu'ont les cinéastes à adapter une œuvre littéraire en films, notant que cette méthode a le mérite d'être dupliquée dans d'autres pays arabes, africains et latino-américains qui aspirent à renforcer les relations de coopération entre les écrivains et les réalisateurs et à promouvoir les créations littéraires.
Dans ce cadre, M. Chraïbi a estimé que la différence des points de vue qui peut exister entre les cinéastes et les écrivains dans l'adaptation des romans aux films devrait être considérée une "motivation" pour réussir leur travail commun plutôt qu'un "handicap" à la création, notant que l'intérêt croissant manifesté par les réalisateurs à l'adaptation des romans au 7ème art est de nature à inciter les écrivains à davantage de création et à la promotion des œuvres littéraires auprès d'un public plus large.
Il a ainsi noté que les cinéastes et romanciers participants à cet atelier, venus notamment du Maroc, Cameroun, Mali, Sénégal et de Burkina Faso, ont pu conclure que les réalisateurs peuvent adopter une vision différente des écrivains dans l'adaptation des romans au 7ème art, dans la mesure où le film serait une réécriture de l'oeuvre littéraire et une métamorphose d'idées en images, en se basant sur des formes d'expression différentes, notant que la difficulté de la mise en scène des romans par les réalisateurs trouve son origine non seulement dans le côté matériel mais également aux niveaux moral, culturel et en matière de l'approche adoptée par le cinéaste.
Le président de l'URAM n'a pas manqué de souligner que ce colloque était un espace de débat et d'échange d'expériences entre les participants, appelant les cinéastes et romanciers subsahariens à être des ambassadeurs de cette nouvelle approche pratique d'adaptation des œuvres littéraires en films au niveau de leurs pays, afin de développer la littérature et la culture africaines.
Les intervenants ont également assuré que le cinéma peut dans une large mesure servir la consécration des valeurs universelles de paix, de tolérance et de respect de l'autre, à travers des films engagés dans la sensibilisation des citoyens.
Le programme du 37e Festival d'Assilah prévoit également l'organisation d'une conférence sur "l'état actuel de la création poétique et des poètes" et "les arabes: être ou ne pas être".
Cette édition rendra hommage à l'artiste Farid Belkahia et sera marquée par la remise du prix Buland Al Haidari de la jeune poésie arabe, en plus d'une série de rencontres-débats. Elle invite également le public à apprécier une palette d'expositions d'art plastique, d'ateliers de peinture et de gravure pour enfants, des présentations de nouvelles publications, ainsi que des soirées musicales animées par une pléiade d'artistes et de troupes venus du Maroc et de l'étranger.
MAP
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