Spéculations et interrogations au PAM au sujet d’un congrès avant les législatives
Les yeux sont désormais rivés sur les législatives. Le PAM ne sait pas encore s’il renouvellera ses instances avant ou après les échéances de 2016 et qui gardera ou prendra les commandes du parti.
Cette question est encore taboue. Elle est pourtant sur toutes les lèvres depuis la récente sortie médiatique du secrétaire général-adjoint Elyas El Omari, présenté comme l’homme fort du PAM.
Ce dernier a appelé à réunir un conseil national pour décider de la date d’organisation d’un congrès en déclarant qu’il était temps d’évaluer les résultats des dernières élections qui ont vu la perte des mairies de Tanger, Marrakech et Mohammedia.
Certains membres du parti y ont vu une convocation pour renouveler les mandats échus des membres du bureau politique voire préparer la succession de Mustapha Bakkoury, actuel secrétaire général du PAM.
Elus en février 2012 pour quatre années, les membres du bureau politique et le SG doivent selon les statuts du PAM être renouvelés en février 2016 au plus tard.
Sous couvert d’anonymat, un membre du bureau politique s’interroge sur l’objectif de cette sortie médiatique:
« En citant les noms des villes que nous avons perdues, n’est-ce pas une manière de pointer une supposée responsabilité de Mustapha Bakkoury dans cet échec ? Si quelqu’un devait s’exprimer sur une éventuelle convocation du congrès, c’est le secrétaire général et personne d’autre. De plus, l’heure n’est pas aux batailles de chapelles car nous devons nous concentrer sur les échéances législatives».
Contactée par notre rédaction, Souhaila Rikki, membre du bureau politique et responsable de la communication du parti estime qu’Ilyass El Omari s’est contenté de lancer une suggestion qui pourra être ou suivie d’effets ou pas.
«Ce n’est pas une décision mais une simple idée qu’il a partagée avec l’opinion publique. Il y aura un débat entre ceux qui y adhèrent et ceux qui pensent que le moment est malvenu».
Pour la chargée de communication du PAM, seul le bureau politique peut la valider et la proposer aux membres du conseil national qui décideront d’une date du congrès.
A la question de savoir si le secrétaire général du parti avait l’intention de se représenter ou si d’autres candidats étaient prêts à se déclarer, notre interlocutrice préfère temporiser.
«Les élections ne sont pas finies car il reste encore les conseils d’arrondissement et les conseillers à élire en octobre. Le parti est pour l’instant concentré sur ce seul agenda. Avant de penser aux candidatures au poste de secrétaire général, nous devons boucler le processus électoral et faire son bilan avant de juger du rendement des uns ou des autres».
Sur la date de la tenue de ce congrès dont la vocation première est d’élire de nouvelles personnes ou de renouveler la confiance aux membres déjà élus, Souhaila Rikki affirme que rien n’est encore fixé.
«Tout est possible, on peut l’organiser avant les législatives de 2016 comme on peut le faire après. Ilyass El Omari a émis son souhait de le convoquer en tant que président de la commission nationale des élections. S’il est organisé rapidement, ce n’est pas pour débarquer l’actuel secrétaire général car seuls les congressistes peuvent lui renouveler leur confiance ou porter leur choix sur d’autres candidats».
Notre interlocutrice conclut que ce congrès se tiendra au plus tard à la fin de l’année 2016 mais qu’il n’est pas exclu qu’il ait lieu bien avant car «contrairement aux autres partis, le PAM a toujours respecté les délais impartis par ses statuts».
Tout cela ne nous dit pas l’essentiel:
1. Qu’il y a des remous voire des débats intenses au sein du PAM et c’est sain.
2. Que le parti depuis sa création est toujours à la recherche du leader charismatique qui peut faire vibrer les foules car la politique aujourd’hui, c’est l’art de convaincre. Et qu’il ne l’a pas encore trouvé.
3. Que M. El Omari, auréolé de la présidence de Tanger-Tétouan-Hoceima, pourrait être tenté de s’affirmer et de s’assumer en tant que leader du parti.
Mais ce sont les militants qui décideront. Au cours de la campagne pour les élections du 4 septembre, Ssi Ilyass leur avait déclaré : “celui qui est ici pour Ilyass se trompe, car Ilyas n’est pas éternel“.
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