Au sein du MP, le bras-de-fer entre Laenser et Oulbacha se durcit
Le mouvement «redressement» affirme avoir le quorum pour la convocation d’un congrès extraordinaire. Le secrétaire général du Mouvement Populaire répond qu’il faut son aval pour tenir un congrès, le quorum ne suffit pas.
Mohand Laenser ne veut rien entendre. Le mouvement de contestation au sein du parti du Mouvement Populaire (MP) n’est, pour son secrétaire général, qu’un «groupuscule de personnes qui n’ont aucune légitimité».
Le communiqué du parti, adoptant un ton vindicatif et accusateur, est une réaction virulente à la décision prise par le mouvement de contestation au sein du parti d’organiser un congrès exceptionnel le 25 octobre 2015.
Mené par Said Oulbacha, le mouvement «redressement» a tenu une réunion le mardi 6 octobre pour annoncer une stratégie d’attaque visant à changer les statuts du parti, voir même ses instances dirigeantes.
Selon son meneur, il s’agit de tenir un congrès, conformément aux statuts pour introduire une nouvelle gouvernance «plus décentralisée et plus démocratique», en reprenant les termes de Said Oulbacha. Ce dernier, s’exprimant pour Médias 24, insiste sur les résultats timides du parti à l’issue des élections communales et régionales pour descendre en flammes les instances de gouvernance actuellement en fonction.
«Nous avons perdu un million de voix et la moitié des communes que le parti gérait légitimement par le passé», martèle Said Oulbacha.
Mais le point qui a fait déborder le vase est la perte de la circonscription de Oulmès. Fief incontesté de la famille Aherdane, fondateur du Mouvement National Populaire, devenu MP, Oulmès a été arrachée au parti lors des élections communales de septembre dernier. Oulbacha explique cet échec historique par la mauvaise politique d’accréditation des candidatures adoptée par le parti.
«Le parti a snobé le fils d’Aherdane et le MP l’a payé cher», déclare-t-il avec amertume.
Le malaise Halima Assali
A y voir de plus près, les résultats des élections ne sont qu’un prétexte pour mettre fin à un mode de gouvernance basé sur la délégation de pouvoir. Le but du mouvement «redressement» est d’arracher la décision stratégique au clan Laenser.
Pour justifier cette orientation, Oulbacha caricaturise le fonctionnement du parti. Selon lui, le Conseil national n’a jamais pris de décision, il se contente de déléguer au bureau national. Ce dernier délègue à son tour au secrétaire général qui cède ses tâches à Halima Assali, membre du bureau politique et réputée proche de Mohand Laenser.
Pour mettre l’actuel secrétaire général au placard ou, au mieux le cadrer, le mouvement redressement propose de changer les statuts. Il ambitionne ainsi de créer les postes de secrétaires régionaux et des instances régionales. Ce sera à ces derniers de valider les accréditations des futures candidatures aux élections.
De même, l’amendement des statuts vise à introduire des postes d'adjoints au secrétaire général, une sorte d’étage de gouvernance pour que, en cas d’empêchement, la décision ne soit plus prise par délégation.
Un tel changement ne passe que par un congrès ordinaire ou extraordinaire. Le mouvement «redressement» se dit disposer des deux tiers requis pour provoquer la tenue d’un congrès extraordinaire.
Les équipes de Mohand Laenser font une autre lecture des statuts. Selon le communiqué du parti, «concernant la convocation d’un congrès extraordinaire, les statuts sont suffisamment clairs: il faut réunir deux tiers des signatures des membres du conseil national qui doivent parvenir au secrétaire générale du parti à qui il revient la responsabilité d’inviter à la tenue d’un congrès. Seuls les congressistes qui ont assisté au 12ème congrès du parti seront concernés».
Et si les statuts exigent le passage par le secrétaire général pour la convocation du congrès, les contestataires risquent de voir leur rêve s’évaporer.
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