Finance participative: 17 demandes chez Bank Al Maghrib
Plusieurs intervenants à la 1ère édition du forum international sur la finance participative de Casablanca (IPFFC) ont émis leur opinion quant au développement de la finance participative au Maroc.
Les perspectives évoquées sont très optimistes à la lumière des efforts que le Royaume a entretenus pour préparer l’entrée des acteurs de la finance participative sur le marché.
C’est un constat qui fait l’unanimité: le Maroc est une exception politique et économique dans la région Mena, ce qui fait qu’il présente des caractéristiques différentes de celles d’autres pays de la région qui ont déjà mis en place quelques éléments de la finance participative (comme l’Egypte ou la Libye).
Le Maroc a plus de similitudes avec la Malaisie qu'avec d'autres pays et ce malgré une distance géographique considérable. En outre, les deux pays jouissent d’une ouverture religieuse, de liberté économique, et de la cohabitation des systèmes bancaires conventionnel et participatif, un modèle que le Maroc envisage de poursuivre.
Il prendrait ainsi exemple sur la Malaisie. Pour mettre en place la finance participative, les financiers malaisiens ont en effet profité de la présence des acteurs de la finance conventionnelle. "La cohabitation de la finance conventionnelle et de la finance participative est très importante", a déclaré Dato Haji, directeur d’une banque participative malaisienne.
"C’est les fenêtres de finance participative offertes par les banques conventionnelles qui ont permis le développement de cette filière, car les banques conventionnelles disposent déjà de procédures maîtrisés. Pourquoi alors construire un nouveau système bancaire alors qu’il existe déjà?"

Ceci dit, c’est la question des ressources humaines qualifiées qui semble encore peser sur le secteur. "Nous avons certes profité de la présence des acteurs de la finance conventionnelle et de leur expérience mais nous ne pouvons importer toutes leurs qualifications vu les spécificités de la finance participative", a continué M. Haji.
Au Maroc, donc, de ne pas négliger cet aspect et de miser également sur la formation de compétences et de qualifications en la matière.
Une réglementation robuste avant tout
Les premiers pas du Maroc en finance participative sont prudents: "Nous avançons doucement mais sûrement", a dit Hassan Benhalima, directeur du département de la supervision bancaire à Bank Al Maghrib. "Nous avons poursuivi une méthode différente que celles adoptées par les autres pays, visant à mettre en place un cadre réglementaire adéquat avant tout."
A vrai dire, ce retard du Maroc à adopter la finance participative a été bénéfique, dans la mesure où le royaume a pu mieux étudier le concept et apprendre des erreurs que les autres pays ont commises en la matière. "Cette approche a permis par exemple de détecter l’inadéquation de quelques aspects de la fiscalité avec la finance participative, qui ont été revus dans les lois des finances 2009 et 2010", a poursuivi M. Benhalima.
C’est sur ces bases que le Maroc prévoit de donner le feu vert aux acteurs de la finance participative: l’intégration de la sphère participative avec la sphère conventionnelle, sous l’ombrelle d’un cadre réglementaire unique et non séparatiste.
Aujourd’hui, 17 demandes d’accréditations portant sur l’ouverture de filiales séparées de finance participative ou sur des "fenêtres" offertes par les banques conventionnelles ont été déposées chez Bank Al Maghrib. Ces demandes proviennent d’acteurs nationaux et internationaux.
Cependant, une meilleure intégration des produits financiers participatifs doit passer avant tout par une vulgarisation du concept auprès d’un plus large public. "Nous accueillons des clients qui réclament des produits participatifs seulement par souci de conformité à certains normes, sans comprendre réellement les mécanismes de chaque produit", a affirmé Youssef Al Baghdadi, directeur de Dar Safae, première banque participative au Maroc.
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