Tanger. Affaire Amendis: premières pistes pour une sortie de crise
Au lendemain des manifestations contre la politique de facturation d’Amendis, "les premières pistes pour une sortie de crise se font jour", indique un responsable communal de Tanger à Médias 24. Un développement confirmé par un communiqué de l’Intérieur publié le 25 octobre en fin d’après-midi.
Selon Mohamed Afkir (PJD), élu et représentant du conseil communal de Tanger au sein du comité de suivi de la gestion du distributeur d’eau et d’électricité Amendis, "on se donne deux mois pour passer des compteurs collectifs aux compteurs individuels".
Principal objet de la colère populaire, les compteurs collectifs renchérissent les factures car ils font rapidement monter la consommation vers les tranches supérieures.
Selon Afkir, "on va demander l’annulation des amendes de 65 DH imposées aux ménages qui subissent une coupure du service". Ce dernier point est valable pour les coupures opérées depuis le mois de juin 2015.
Mohamed Afkir est avec Abdelaziz Benazzouz (SAP) l’un des deux représentants de la mairie au sein du comité de suivi. Afkir préside par ailleurs l’un des quatre arrondissements de la ville, celui de Tanger-Madina.
Compteurs individuels généralisés et coupures suspendues
Il ne devrait également plus y avoir de coupures de service pour les ménages en litige avec Amendis au sujet des factures de cet été 2015. Une commission de la wilaya de Tanger doit commencer dès ce lundi 26 octobre à examiner les plaintes des ménages selon le communiqué du ministère de l’Intérieur publié ce dimanche.
Les deux autres mesures qui seront mises en œuvre dans les prochains jours consistent en la réalisation d’un audit du service clientèle d’Amendis et une révision effective du contrat de gestion déléguée.
La qualité du service clientèle est montrée du doigt par les élus et les ménages de l’arrondissement de Béni Makada, mais pas seulement. Dès 2009, le rapport de la cour des comptes critiquait "le non respect des délais de traitement des réclamations des clients".
Selon Afkir, "cet audit sera commandité par le ministère de l’Intérieur qui le fera avec ses propres moyens ou l’assistance d’une entreprise extérieure". Enfin selon l’élu tangérois, "la mairie va démarrer ses préparatifs pour la révision quinquennale du contrat de gestion déléguée d’Amendis qui intervient en 2016".
Le contrat de gestion déléguée est entré en vigueur le 1er janvier 2002 pour une durée de 25 ans. Il prévoit des révisions tous les cinq ans. Ce contrat, rappelait la cour des comptes dès 2009, prévoit que le délégataire s’est engagé vis-à-vis de l’autorité délégante à "l’obtention des tarifs les plus bas possibles de l’eau potable, de l’énergie électrique et du service d’assainissement liquide". Parmi les autres objectifs assignés figure "la qualité technique des services et leur bonne gestion administrative et commerciale".
Facturation sélective et contrat-programme
Cependant, l’un des points litigieux qui n’a pas encore été publiquement abordé concerne la méthode de facturation d’Amendis pour l’eau et l’électricité.
Au-delà des deux premières tranches sur cinq pour l’eau, et six pour l’électricité, la facturation se fait sur la base du tarif de la tranche la plus élevée. C’est ce qu’Amendis appelle la facturation sélective et qui se révèle très pénalisante pour les ménages et les entreprises. Ces dispositions sont incluses dans le contrat-programme Etat-ONEE signé en 2014.
Au lendemain des premières manifestations contre les factures d’Amendis début 2014, le conseil de la ville de Tanger alors présidé par Fouad El Omari (PAM), avait voté le retour de la gestion des services d’eau et d’électricité vers les services communaux.
Des dissensions entre la majorité PAM et l’opposition PJD sur les modalités de cette rupture ont, par la suite, provoqué l’enlisement du dossier. C’est à cette époque que les villes de Tétouan et de Rabat avaient également suivi ce mouvement.
Amendis, filiale de Véolia, gère les régies de Tanger et de Tétouan. A Rabat, c’est la Rédal, également filiale de Véolia, qui gère ces services.
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