img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Redaction

Quel sens donner au message royal sur l'affaire Ben Barka?

La commémoration de la disparition, il y a 50 ans, du leader Mehdi Ben Barka a donné lieu à la lecture d’un message royal inédit et inattendu. L’occasion d’interroger plusieurs personnalités de gauche sur sa portée et son éventuelle incidence pour résoudre cette affaire. En fait, l'initiative royale est saluée et décryptée, mais personne n'est capable de dire si l'Etat va aller jusqu'au bout et clore le dossier.

Quel sens donner au message royal sur l'affaire Ben Barka?
Samir El Ouardighi
Le 31 octobre 2015 à 15h27 | Modifié 31 octobre 2015 à 15h27

La conférence tenue sous le thème «La place du martyr Mehdi Ben Barka dans l'histoire contemporaine» a mobilisé les foules vendredi 30 octobre à la Bibliothèque Nationale à Rabat.

Tous les participants ont cependant été surpris car aucun d’entre eux, hormis les organisateurs, ne s’attendait à la lecture d’un message roya reconnaissant la contribution du disparu à l’histoire politique du Royaume.

Notre rédaction a donc sollicité plusieurs membres de la grande famille de gauche pour leur demander leur ressenti et de leurs espoirs après le message royal qui en a surpris plus d’un. En d'autres termes, comment ont-ils perçu le message du Roi? et pensent-ils, espèrent-ils, qu'il y aura une suite, par exemple sous forme d'enquête ou d'ouverture officielle du dossier?

>Fathallah Oualaâlou, membre de l’USFP

Co-organisateur de cette commémoration, l’ancien maire de la capitale était le seul homme politique avec l’ancien chef du gouvernement Abderrahmane Youssoufi, à être au courant à l’avance du message royal.

«Le message royal a une dimension historique importante qui fait une analyse de l’histoire du Maroc. Sa Majesté reconnaît que Mehdi Ben Barka a joué un rôle fondamental dans notre cheminement. Son message est ouvert sur l’avenir pour qu’à travers une lecture critique de notre histoire, le Maroc puisse avancer dans le sens du progrès, de la démocratie et de la modernisation».

Pour Fathallah Oualaâlou, ces questions font partie de l’héritage essentiel de l'apport historique du disparu. Il conclut que tous les Marocains doivent investir ce discours pour faire en sorte qu’un jour, la vérité sur l’affaire Ben Barka soit connue. «Le militant de gauche que je suis reste optimiste sur la résolution prochaine de cette triste histoire».

>Nabil Benabdellah, secrétaire général du PPS

M. Benabdellah salue à son tour le message royal qualifié d’acte d’une grande symbolique. «L’initiative royale dénote une capacité extraordinaire de Sa Majesté à ne pas hésiter à aller au devant de toutes les questions y compris les plus épineuses».

Nabil Benabdellah poursuit que cette démarche est audacieuse et que le message royal signifie la reconnaissance et la considération de tout le Maroc pour le rôle joué par Mehdi Ben Barka.

«C’est aussi un appel à tout le monde pour démontrer que l’Etat marocain n’a pas de problème particulier pour faire toute la lumière sur cette malheureuse affaire. A charge pour nous tous de dépasser cette question comme nous en avons dépassé d’autres dans le passé».

>Tarik Kabbage, chef de file du parti Alternative Démocratique: c'est une première mais il faut aller jusqu'au bout

L’ancien membre de l’UNFP et de l’USFP a été touché par la teneur du message royal mais pense que pour tourner la page de cette affaire, il faut faire toute la vérité sur la disparition de Mehdi Ben Barka

«Le message du Roi Mohamed VI est certes une grande première mais je me pose des questions sur sa portée auprès de nos dirigeants politiques. J’espère toujours la résolution de cette histoire mais sans beaucoup d’illusions".

"Si cette affaire n’a pas avancé d’un pouce à l’époque du mandat de Abderrahman Youssoufi, c’est peut-être parce que nos camarades de l’USFP ont manqué de courage politique et ont pris goût au confort de leur maroquin".

"Personnellement, je garde un goût amer de tous les rendez-vous manqués qui ont contribué à l’essor du courant fondamentaliste actuel. Mehdi Ben Barka a été une grande perte pour notre pays car il était conscient de l’importance de l’école et de l’Education. Si on avait continué sur sa voie, nous n’en serions pas à la situation actuelle».

>Ahmed Reda Chami, député sous les couleurs de l’USFP: la fin d'un tabou

Présent lors de cette commémoration du fondateur de l’UNFP, cet homme de gauche déclare qu’aucun des invités, de gauche comme de droite, ne s’attendait à la lecture d’un message royal.

«Ce message en a surpris plus d’un car il était à la fois fort et touchant en reconnaissant que Mehdi Ben Barka était non seulement  proche de la famille royale mais qu’il a aussi grandement contribué au façonnement de l’histoire politique de notre pays. Ma conclusion est que l’initiative de la missive royale signe la fin d’un tabou».

L’ancien ministre de l’industrie et du commerce a été frappé par la symbolique du fait que ce soit l’ancien premier ministre Youssoufi et non le conseiller royal Omar Azziman qui ait lu le message royal.

«La démarche royale est très courageuse car elle implique que le Roi Mohamed VI assume pleinement et sans complexes l’héritage de son défunt père. Afin de tourner cette page sombre de notre histoire, il faut d’abord se réconcilier avec notre passé pour pouvoir se projeter dans l’avenir».

Espérant toujours une résolution de l’affaire pour offrir une sépulture au disparu et permettre à ses proches de faire leur deuil, il se dit cependant sceptique malgré la sollicitude royale qu’il salue.

«Ce n’est pas ce 50e anniversaire qui va changer les choses car même Youssouffi qui avait toute latitude pour faire avancer le dossier quand il était premier ministre n’a pas réussi. Malheureusement, je reste circonspect sur la fermeture définitive du dossier surtout quelques semaines après le décès de l’infirmier Hassouni qui était l’un des derniers témoins de cette affaire.»

>Driss Yazami, président du CNDH: chacun doit faire son travail.

"Un message d'une haute tenue qui pour moi est un appel pour que chacun fasse son travail".

Le CNDH publiera entre décembre et janvier prochains, un rapport de suivi des recommandations de l'IER. Le Roi mohamed VI avait chargé le CCDH de l'époque d'une mission de suivi des recommandations de l'IER dont le quatrième axe concerne les cas de disparition non résolus, 66 cas à l'époque du dépôt de ces recommandations. Parmi ces cas, celui de Mehdi Ben Barka. "Nous dirons où nous en sommes arrivés concernant tous ces cas," conclut Driss Yazami.

>Driss Lachgar, premier secrétaire de l’USFP

Malgré notre insistance, le chef des socialistes n’a pas souhaité répondre à nos questions car il n’a pas été associé à l’organisation de cette commémoration et qu’il n’avait pas encore pris connaissance de la teneur du message royal. 

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Samir El Ouardighi
Le 31 octobre 2015 à 15h27

à lire aussi

Revue des FAR. Inondations de Ksar El Kébir et de la plaine du Gharb, récit d’une mobilisation historique de notre armée
NATION

Article : Revue des FAR. Inondations de Ksar El Kébir et de la plaine du Gharb, récit d’une mobilisation historique de notre armée

Face aux intempéries exceptionnelles qui ont frappé le nord-ouest du Royaume début 2026, les Forces armées royales (FAR) avaient déployé un dispositif d’urgence d’une envergure rare. De Ksar El Kébir à la plaine du Gharb, les unités de génie, la Marine royale et l’Intendance ont conjugué leurs efforts pour secourir les populations sinistrées, illustrant une fois de plus leur rôle central dans la gestion des catastrophes naturelles.

Cash Plus lance le virement bancaire instantané sur son application mobile
Quoi de neuf

Article : Cash Plus lance le virement bancaire instantané sur son application mobile

Cash Plus lance le virement bancaire instantané sur son application Cash Plus Mobile. Ce nouveau service permet aux utilisateurs d’envoyer et de recevoir de l’argent en temps réel, 24h/24 et 7j/7, vers toutes les banques marocaines.

CMT. Ayrad Group franchit plusieurs seuils et se positionne pour le contrôle du groupe minier marocain
Actus

Article : CMT. Ayrad Group franchit plusieurs seuils et se positionne pour le contrôle du groupe minier marocain

À la faveur du rachat d’OSEAD Fund, le holding porte indirectement sa participation à 37,04 % du capital via OSEAD Maroc Mining, selon une déclaration publiée le 27 avril par l’AMMC.

Affaire Agrodep. Peut-on être condamné pour un faux sans en connaître le contenu ? La justice répond
DROIT

Article : Affaire Agrodep. Peut-on être condamné pour un faux sans en connaître le contenu ? La justice répond

Dans le litige opposant Hassan Derham à Pierrick Puech autour d'Agrodep, groupe actif dans la pêche et l’agroalimentaire, un volet pénal portant sur un faux présumé, lié à des flux financiers d’environ 100 millions de dirhams, a conduit un agent communal d’Agadir jusqu’à la Cour de cassation. Au cœur de la décision, une question juridique sensible : dans quelle mesure la responsabilité d’un agent chargé d’une simple légalisation de signature peut-elle être engagée ? Les juges apportent une réponse de principe.

Le Maroc dénonce à l’ONU “l'instrumentalisation” des détroits et met en garde contre les menaces sur la navigation
Quoi de neuf

Article : Le Maroc dénonce à l’ONU “l'instrumentalisation” des détroits et met en garde contre les menaces sur la navigation

Réuni le 27 avril 2026 en séance de haut niveau sur la sécurité maritime, le Conseil de sécurité a entendu l’ambassadeur marocain Omar Hilale condamner les attaques visant des navires en mer Rouge, dans le golfe d’Aden et en mer d’Arabie, tout en rappelant que plus de 90 % des échanges commerciaux mondiaux transitent par les routes maritimes.

Coupe du monde 2026. La peur de la blessure, grande plaie de la fin de saison
Football

Article : Coupe du monde 2026. La peur de la blessure, grande plaie de la fin de saison

À moins de deux mois du coup d’envoi du Mondial 2026, l’hécatombe de blessures qui touche plusieurs internationaux inquiète autant les joueurs que les clubs. Une situation qui interroge sur l’implication de certains, dont l’intensité et la gestion de l’effort peuvent crisper. À l’opposé de ceux qui jouent leur place à fond, au risque de se blesser.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité