Une disposition du PLF2016 menace le béton précontraint, selon la profession
Les fabricants des matériaux de construction en béton (béton précontraint) s’attaquent au projet de loi de Finances 2016. Ils veulent amender le régime fiscal de la livraison à soi-même et supprimer la taxe spéciale sur le ciment.
Selon leur évaluation, ce projet pourrait faire perdre au Trésor 5 milliards de DH de recettes fiscales et mettre en danger toute la filière.
Dans la ligne de mire, figure le barème proposé par le PLF2016 pour «la livraison à soi-même» dans la construction.
Azzeddine Abaakil, président de l’Association marocaine des industries du béton, qui a invité la presse ce jeudi 19 novembre à Casablanca, a expliqué la construction logique menant à cette perte supposée des recettes fiscales.
L’association estime à 60.000 unités les logements bénéficiant du mécanisme fiscal forfaitaire dans le cadre de la «livraison à soi-même». Sur la base d’une valeur moyenne de construction, estimée également par l’association, de 400.000 DH, la TVA (20%) qui échappe au Trésor ressort à 4,8 milliards de DH.
L’impact sur l’industrie est encore plus alarmant selon les dirigeants de l’association. «Pour un client, entre une offre en TTC et une autre en hors taxes, le choix est vite fait». Du coup, la filière structurée paie les frais de son honnêteté. Cela est d’autant plus dramatique, à en croire le bureau de l’AMIB, que l’informel représente près de la moitié des entreprises s’activant dans le secteur.
Pour éviter le pire, la filière milite pour que, au mieux, le système forfaitaire soit abandonné ou, au pire, subisse des restrictions. «Nous pouvons accepter le système forfaitaire mais à la seule condition que celui qui livre pour lui-même justifie, pièces à l’appui, le paiement des intrants en TTC», expliquent les membres de l’AMIB.
La taxe spéciale sur le ciment
La taxe spéciale sur le ciment en a eu, elle aussi, pour ses frais. Azzeddine Abaakil estime que cette taxe constitue une double taxation, en comptant la TVA, qui s’applique à l’industrie. La TSC représente 0,15 DH/kg de ciment, soit 150 DH la tonne. Elle représente ainsi, selon l’AMIB, plus de 15% du prix.
«Nous souhaitons que le ministère des Finances trouve le moyen pour que les industriels du Béton récupèrent cette taxe», suggère Azzeddine Abaakil. Notons au passage qu’il s’agit de plus de 100 millions de DH de recettes concernées par cette proposition de l’AMIB.
Il y a va de l’investissement et donc du développement des procédés de fabrication de la filière. Déjà plombée par les retards de paiements, surtout auprès de l’Etat, l’industrie du béton précontraint souffre ses dernières années du ralentissement de la demande dans l’immobilier et le BTP. Sans oublier que le niveau de consommation des produits précontraints au Maroc demeure assez faible. La filière consomme 6 à 7% de la production du ciment au Maroc, alors qu’en Espagne, ce taux se situe à près de 28%; et 45% au Danemark.
Trop tard pour cette année?
La sortie de l’AMIB a été programmée un peu en retard.
Le projet de loi de Finances a déjà franchi l’étape des discussions patronales, puis celle du vote de la première chambre au Parlement. «Nous gardons espoir dans les discussions de la deuxième chambre», s’empresse de répondre Azzeddine Abaakil. Une réponse peu convaincante et les autres membres de l’AMIB le confirment: «Il est peut-être trop tard pour cette année, mais nous nous sommes engagés à consacrer l’année 2016 à cette problématique, nous nous y investirons à fond», concluent-ils.
À découvrir
à lire aussi
Article : Prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM): - Températures en hausse avec temps […]
Article : Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP
Derrière le succès de son émission obligataire hybride d’avril 2026, le groupe OCP révèle une équation financière complexe. Entre montée de la fiscalité, politique de dividendes, investissements massifs dans la transition verte et dans des activités hors cœur de métier, le champion des phosphates doit désormais arbitrer dans un environnement compliqué.
Article : Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial
Un ouvrage collectif dirigé par l’anthropologue marocain Hassan Rachik propose une relecture de la période coloniale à travers un format original de dictionnaire, réunissant une vingtaine de chercheurs marocains, français et espagnols.
Article : Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged
On the sidelines of the Antalya Diplomacy Forum in Turkey, Algeria’s foreign minister and the U.S. president’s senior advisor for Arab and African affairs discussed several regional issues, including the Sahara. Yet behind the carefully worded Algerian statement, Washington’s support for Morocco’s territorial integrity remains clear and unchanged. Since December 2020, that position has taken on the weight of state continuity, suggesting it will endure regardless of political turnover in Washington or diplomatic initiatives from Algiers.
Article : Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat
La société pharmaceutique marocaine Biopharma a signé à N’Djamena une feuille de route de coopération avec l’Institut tchadien de recherche en élevage pour le développement (IRED), dans le cadre du renforcement de la coopération maroco-tchadienne dans le domaine de la santé animale.
Article : Casablanca : la commune dément auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
La commune de Casablanca a démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.