Une cimenterie de 2,2 MT, le pari d'Anouar Invest
Le marché cimentier national devrait avoir un nouvel entrant, Atlantic Ciment, filiale du groupe Anouar Invest.
L’ambition d’Atlantic Ciment est de produire 2,2 millions de tonnes dans un marché national d’environ 14 millions de tonnes, à travers sa première unité, qui sera construite à Oulad Sghir, près de Guisser, dans la province de Settat.
Le projet est conduit par Hachmi Boutgueray, le patron d’Anouar Invest, groupe qui s’est développé et diversifié dans l’agro-industrie, le négoce et l’immobilier. Ainsi que par le DG du pôle cimentier, Abdellah Harma, ancien DG de Ciments du Maroc qui a rejoint le groupe Anouar Invest en juin 2014.
La cimenterie occupera une superficie de 50 hectares, sur une carrière de 300 hectares louée pour l’occasion. L’étude d’impact a été réalisée et le projet a obtenu l’acceptabilité environnementale, nous annonce M. Harma.
Parallèlement, le groupe a annoncé la mise en place à Foum El Oued, dans la région de Laâyoune, d’une unité de broyage appelée à produire 500.000 tonnes de ciment par an. Cette unité coûtera 300 MDH, dont 30% financés en fonds propres et le reste en concours bancaires.
Le financement de la cimenterie de Guisser est lui, plus inattendu. Selon M. Harma, le projet a fait un appel d’offres international pour le choix du prestataire chargé de le livrer clés en main. C’est le groupe chinois Sinoma-CDI qui a été choisi.
Anouar Invest a par la suite recherché l’obtention d’un crédit acheteur et pour cela, a obtenu la couverture de la Sinosure (l’organisme étatique chinois d’assurance export). Au final, c’est la plus grande banque chinoise (et mondiale) ICBC qui a été sélectionnée pour un crédit d’une durée de 7 ans, avec un délai de grâce de trois ans (le temps de la construction).
L’investissement de 3 milliards de DH sera donc couvert par un crédit chinois de 171 millions de dollars, un autofinancement de 900 MDH et le reste en concours des banques marocaines.
Le projet de cimenterie est un pari sur la reprise sur le marché marocain et une volonté d’intégration verticale, de la part d’un groupe déjà présent dans l’immobilier. M. Harma estime que la consommation actuelle qui est de 14 millions de tonnes de ciment par an devrait se situer dans la fourchette de 22 à 24 millions de tonnes, d’ici dix ans.
La construction de la cimenterie s’étalera sur trois ans. D’ici là, le marché immobilier aura repris, estime M. Harma, qui a déjà vécu l’expérience des cycles économiques longs dans le domaine de la construction.
En se lançant dans le ciment, le groupe Anouar Invest confirme également l’appétit de son patron Hachmi Boutgueray, très volontariste, au point que ses concurrents le jugent agressif, et qui n’hésite pas dans ses démarches de conquête de parts de marché.
L'avenir nous dira si cette stratégie est la bonne.
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