HCP: Le Maroc a éradiqué la pauvreté extrême, les couches modestes vivent mieux
Niveau de vie, inégalités sociales, pauvreté, alphabétisation, accès à l’eau potable,... les Objectifs du millénaire (OMD) sont réalisés ou en voie de l’être.
Selon les données de l’Enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages, l’évolution du niveau de vie par habitant est plus favorable pour les catégories sociales modestes et intermédiaires (+7,7%), en comparaison aux plus aisées (-5,4%), s’améliorant globalement de 3,3%, entre 2001 et 2014, et diminuant d’un effet combiné les inégalités sociales.

Ainsi, l’amélioration globale des niveaux de vie et la réduction des inégalités sociales ont contribué à éradiquer l’extrême pauvreté.

D’un autre côté, et toujours dans le cadre du développement humain, l’enseignement primaire a pratiquement été généralisé et la politique de discrimination positive à l’égard des femmes a garanti la parité entre les sexes, à tous les niveaux de l’enseignement, avec un taux de progression plus important en milieu rural.
D’ailleurs, la discrimination positive à l’égard des femmes a été également à l’origine de l’amélioration de 0,7% en 1997 à 17% en 2011 de la proportion de sièges occupés par les femmes au Parlement. Elle devrait porter cette proportion à 30% dans les collectivités locales et régionales, quoique les postes de direction et les portefeuilles ministériels leur soient encore, pour le moment, rarement confiés.
Enfin, l’accès de la population à l’eau potable et à l’électricité a été généralisé à un rythme soutenu.
Ces objectifs de développement, quasiment atteints en 2015, appuient l’emplacement du Maroc comme pays moteur de développement et l’inscrivent dans l’écosystème géopolitique en tant qu’économie en émergence.
Le Maroc a bénéficié d’un contexte clément
Selon le préambule au Rapport national sur la réalisation par le Maroc des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et les perspectives des objectifs du développement durable (ODD), Le Maroc, avec une population où les personnes de moins de 40 ans représentent plus de 62% et celles de moins de 30 ans plus de 54%, bénéficie depuis quelques années d’une transition démographique importante. La démographie marocaine va encore connaître un accroissement continu, jusqu’en 2030, de la population active âgée de 15 à 59 ans qui, par ailleurs, s’accompagnera d’une baisse des effectifs âgés de 15 à 29 ans qui en constituent la matrice de reproduction.

Cependant, l’augmentation de la tranche de population en âge de travailler, surtout après des études supérieures, remet la question du chômage des diplômés sur la table. Ainsi, bien que l’offre de formations soit étoffée, l’emploi est plus accessible à la main-d’œuvre de faible et de moyen niveau d’instruction.
C’est ainsi qu’en 2013 le taux de chômage varie de 2,3% pour les personnes n’ayant jamais été scolarisées à 18,2% pour celles ayant eu une scolarité de dix à douze ans.
Pour profiter de l’aubaine de sa transition démographique, le Maroc doit donc absolument réformer le système d’enseignement et de formation, pour en résorber les déficits quantitatifs et en améliorer l’efficience. Pourtant, la réforme de l’enseignement sera insuffisante, sans restructuration des sources sectorielles et technologiques pour une compétitivité plus forte et durable du tissu économique, qui valorisera la main d’œuvre qualifiée.

En parallèle, l’un des plus grands axes de développement du Maroc reste l’économie verte, qui profite du contexte actuel de réflexion autour des enjeux climatiques.
Certes, l’effort du Maroc en matière d’écologie n’aura qu’un impact marginal sur le niveau de pollution mondiale, lui-même ayant des émissions insignifiante de Gaz à effet de serre. Par contre, c’est pour l’économie marocaine un créneau de croissance durable à côté de son engagement à participer aux efforts de la communauté internationale (à travers sa participation de la COP21 et son organisation de la COP22), qui redore son image et améliore sa relation avec les autres pays.
A cet effet, des stratégies de la croissance verte dans les secteurs de l’énergie, du transport, de l’industrie, du bâtiment et des déchets solides ont été formulées et ont commencé à connaître un début de réalisation. Dans ce cadre, le défi majeur que le Maroc devrait relever est de maximiser son adaptation aux effets des changements climatiques. Cet objectif devrait s’articuler autour d’une gestion intégrée des ressources en eau, nécessaires à l’économie marocaine.
Rappelons que l’engagement du Maroc pour remplir les objectifs millénaires de développement a émané de la volonté d’engager le pays dans un processus d’adaptation progressive de ses structures aux normes universelles de production de richesse à l’ère de la mondialisation, surtout compte tenu du lourd passif hérité de la période d’endettement et du programme d’ajustement structurel (années 80 et 90).
Ces stratégies de développement ont été amorcées, suite à la 55e session de l’Assemblée générale des Nations-Unies de septembre 2000, pendant laquelle la communauté internationale s’est engagée à réaliser, à l’horizon 2015, les Objectifs du millénaire pour le développement.
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