Deux scénarios pour le congrès du PAM
Personne ne peut dire aujourd’hui avec certitude à quoi aboutira le congrès du PAM, qui se tient à Bouznika du 22 au 24 janvier.
Aucun candidat ne s’est déclaré. Et les statuts ne l’exigent pas. Le futur secrétaire général sera élu par le nouveau Conseil national et cette instance composée de 600 membres peut accepter les candidatures présentées séance tenante au cours de la réunion prévue dimanche.
Le programme du congrès se présente en effet comme suit :
-Vendredi 22 janvier: examen des documents qui seront présentés par le comité préparatoire.
-Samedi 23 janvier: séance d’ouverture officielle du congrès. Dans la soirée, les membres du nouveau Conseil national seront élus par les congressistes.
-Dimanche 24 janvier, le nouveau Conseil national tiendra sa première réunion pour élire son président, puis en principe pour élire le secrétaire général. L’actuel président du Conseil national est Hakim Benchammach, devenu entretemps président de la Chambre des conseillers.
Les changements organisationnels
L’une des innovations majeures consistera en la création d’un bureau fédéral, structure exécutive qui tiendra l’appareil du parti, qui gèrera les finances, l’organisation, les élections, la relation avec les régions… La commission électorale, précédemment présidée par Ilyas El Omari, sera donc dissoute.
Le BF sera composé des 12 secrétaires régionaux, des présidents des organisations satellites (jeunesse, femmes, avocats…), et de 26 militants désignés par le secrétaire général. Ces 26, d’un profil généralement jeune, sont censés devenir la relève du PAM. Le secrétaire général présidera le Bureau politique et le Bureau fédéral et aura toute latitude pour déléguer une partie de ses pouvoirs à des membres du BF.
Le Bureau politique sera remanié. Il sera composé d’une vingtaine de membres. 14 membres seront élus par le Conseil national, 7 hommes et 7 femmes. Les deux présidents des groupes parlementaires seront membres de plein droit. Et le secrétaire général pourra nommer un petit quota supplémentaire.
Le Bureau politique sera l’organe le plus élevé, avec le Conseil national. Il sera chargé de la stratégie, de la vision, de la définition du projet, des alliances. Mais la gestion quotidienne sera assurée par le BF.
Les scénarios
Il y a eu beaucoup de déclarations avant le congrès: qui soutient Ilyas El Omari, qui affirme qu’il ne sera pas candidat, qui n’exclut pas de se porter candidat, qui préconise une femme, qui propose un maintien de Bakkoury…
Tout cela est de bonne guerre, mais ressemble parfois à un écran de fumée.
Il n’y a aujourd’hui que deux scénarios:
-Ilyas El Omari candidat et qui sera élu secrétaire général.
-Mustapha Bakkoury reconduit jusqu’aux élections. Le Conseil national a toute latitude pour demander à Mustapha Bakkoury, s’il l’accepte, de rester jusqu’aux élections, en tant que candidat de consensus et de convoquer une réunion des 600 membres après les élections et élire un nouveau secrétaire général.
L’élément décisif ne sera pas la volonté d’Ilyas El Omari d’être ou de ne pas être candidat. Ce sera plutôt les chances du PAM de remporter les législatives.
Si le PAM a des chances sérieuses de gagner, Ilyas El Omari ne résistera jamais à la tentation de devenir chef du gouvernement et deviendra secrétaire général dès ce dimanche.
Si les chances sont jugées faibles, on demandera à Mustapha Bakkoury de bien vouloir conduire les troupes jusqu’aux élections et on le remplacera juste après pour lui faire porter la responsabilité de la défaite.
La décision d’El Omari de se présenter ou pas à cette élection renseignera sur son appréciation des chances électorales du parti.
la seule véritable inconnue est donc le nom du futur président du Conseil national.
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