Le marathon législatif risque d’éclipser les défis économiques au Maroc
Maintenant que la date des élections est fixée, le Maroc entame une année qui sera dominée par la vie politique, alors que la situation économique est préoccupante.
Les élections législatives auront donc lieu le vendredi 7 octobre. Le choix de la date est un arbitrage entre différentes contraintes, parmi lesquelles l’Aïd Al Adha qui aura lieu aux alentours du 13 septembre.
Le décret N 2-16-69, dont on attend la publication au B.O., fixe le calendrier suivant:
-dépôt des déclarations de candidature: du mercredi 14 septembre 2016 jusqu'au vendredi 23 septembre 2016 à 12h00.
-Campagne électorale: du samedi 24 septembre 2016 à zéro heure jusqu’au jeudi 6 octobre 2016 à minuit.
L’échéance des législatives va peser sur la vie politique et paralyser partiellement l’action du gouvernement.
Au cours des mois de juillet et aout derniers, avant les communales du 4 septembre, il nous arrivait, à la rédaction de Médias 24, d’appeler un ministre et de l’entendre nous répondre tranquillement qu’il ne peut nous fournir de réponse pour cause de tournée électorale.
Il ne s’agit pas seulement d’emploi du temps. L’énergie d’une partie du gouvernement, au moins pour ce qui concerne les ministres politiques, va être canalisée par cette échéance.
La coalition actuelle, PJD-PPS-RNI-MP, ne restera pas obligatoirement aussi soudée. L’incertitude d’après les élections, du résultat aussi, les manœuvres pré-électorales, tout cela lézarde l’alliance. La koutla par exemple (Istiqlal, USFP, PSU) fait les yeux doux au PPS. Les regroupements par affinités sont dans l’air: un pôle libéral moderniste avec le PAM, le RNI et l’UC n’est pas impossible; un pôle de gauche avec le PPS, l’USFP et le PSU est une hypothèse. Et surtout, le choc PAM-PJD va dominer tous les débats.
Une fois le nouveau parlement installé, le vendredi 14 octobre, il faudra présenter le projet de loi de Finances. Un projet élaboré par la Majorité sortante, qui entretemps aura pu totalement ou partiellement changer.
Bref, les décisions économiques passeront au second plan. Or, le Maroc a besoin de volontarisme dans ce domaine.
Le calendrier du gouvernement est déjà chargé: achever la construction constitutionnelle en faisant adopter toutes les lois organiques. Il en reste 5 dont l’une va susciter des débats, celle qui concerne l’officialisation de la langue amazigh.
Une réforme sensible mais indispensable va également susciter des débats passionnés: la réforme de la retraite.
La situation économique est préoccupante. La baisse des cours du pétrole et l’embellie qu’elle provoque mécaniquement dans les comptes extérieurs, ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt.
Tous les secteurs souffrent, exception de l’agro-alimentaire et d’une partie de l’automobile. L’activité économique est atone, le climat des affaires morose, les trésoreries tendues, le crédit bancaire en décélération continue.
Le HCP prévoit un taux de croissance de 1,3% pour 2016 et appelle à une inflexion des politiques économiques. Il relève que les taux de croissance des activités non-agricoles est très faible, voisin de 2% depuis 2012. D’autres analystes et chefs d’entreprises se demandent s’il est possible de réduire le déficit budgétaire à 3,5% du PIB, objectif déclaré du gouvernement. Les recettes fiscales vont certainement baisser et impacter les recettes de l’Etat.
Bref, le gouvernement arrivera-t-il à se projeter dans le domaine économique et à anticiper les problèmes qui ne vont pas manquer de se poser? Ce n'est pas sûr.
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