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ANALYSE. 78 nouveaux ambassadeurs pour une nouvelle diplomatie

Pourquoi un si ample changement, avec tant de nouveaux visages, des femmes, des politiques, des acteurs de la société civile?

ANALYSE. 78 nouveaux ambassadeurs pour une nouvelle diplomatie
Jamal Amiar
Le 10 février 2016 à 10h40 | Modifié 10 février 2016 à 10h40

A la question posée par Médias 24, un de nos interlocuteurs sondé il y a quelques semaines sur l’éventualité de servir la diplomatie marocaine, la réponse est limpide: "Aujourd’hui, au niveau international, la diplomatie marocaine se heurte à des préjugés ancrés… On voit le Maroc et son milieu politique comme réactionnaires, rétrogrades, peu développés … Alors que c’est complètement faux". 

Il y a quelques années encore, avec les dossiers du Sahara, des tomates et des sardines au milieu, des Etats comme l’Espagne faisaient mine d’exprimer des vues similaires sur le Maroc.  Prendre l’interlocuteur de haut est aussi une stratégie de négociation, une manière de tenter la domination. "Le Maroc c’est la politique non démocratique, les droits de l’homme bafoués", clamait-on  sans nuance à Madrid, même si pendant ce temps-là les parts de marché augmentaient.

Un trio de choc pour la Scandinavie

Ce constat est très proche de ce qui semble s’être passé avec la Suède l’été dernier. Le Maroc n’est peut-être pas la Norvège, mais les Suédois ont gardé un regard d’hier sur le Maroc … surtout quand notre ambassade suédoise reste sans patron pendant deux ans. Il faut expliquer, communiquer, répéter sans relâche, règle pédagogique élémentaire.

Les  Scandinaves sont des peuples respectueux des autres, pro-droits de l’homme, pro-liberté pour lesquelles l’homme est l’égal de la femme. Du coup Rabat propose  Amina Bouayach à Stockholm, Lamia Radi à Oslo et Khadija Rouissi à Copenhague.

"A l’étranger, poursuit un interlocuteur, il faut être en contact avec les milieux des médias, des droits de l’homme, de la gauche et de la droite; il faut faire preuve de pédagogie, parler un langage qu’ils comprennent".

Depuis quelques années, on sentait que le classique ministère des Affaires étrangères ne suivait plus, avec la Suède comme cas d’école en 2015 et toujours en 2016, puisque l’important investissement d’Ikéa à Zénata est toujours gelé. "Il s’agit donc de sortir de la diplomatie bureaucratique, du train-train," poursuit notre interlocuteur

Les diplomates nous sollicitaient pour se faire entendre"

Il est même souvent arrivé au cours de ces dernières années, que la diplomatie marocaine et le cabinet royal sollicitent des membres de la société civile ou des politiques "adaptés" comme Nabila Mounib sur le dossier de la Suède, pour lisser le discours marocain et présenter  un visage plus proche de la réalité marocaine des années 2000.

"Les diplomates, m’indique un interlocuteur de la société civile, aujourd’hui pressenti pour une ambassade européenne, nous sollicitaient car ils n’arrivaient pas à se faire entendre". La méthode choisie en ce début 2016 de mettre plus de femmes, plus de jeunes et plus de politiques actifs à la tête des ambassades ne pourra que donner de meilleurs résultats.

Une nouvelle doctrine

D’autres interlocuteurs voient aujourd’hui un changement de doctrine. "On part d’un mouvement d’ampleur, un changement radical qui touche tous les continents. On adapte les profils aux problématiques et aux zones géographiques avec des objectifs clairs".

La diplomatie marocaine n’a pas besoin d’un profil similaire à Rome ou à Johannesburg, car la géographie est différente; une femme est plus convaincante ici, un diplomate plus âgé là, un technocrate ailleurs. 

"Aujourd’hui  m’indique un diplomate,  il y a le constat des limites du modèle; ce modèle a obtenu des résultats, mais il n’avait pas été réajusté depuis longtemps, alors que le monde a changé. Il a fallu du temps et des alertes pour amener la machine à s’interroger sur elle-même", poursuit notre interlocuteur.


 

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Jamal Amiar
Le 10 février 2016 à 10h40

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