Le management de Crédit du Maroc rassure sur la santé de la banque
Pour expliquer la chute vertigineuse de son résultat net (-65%), Crédit du Maroc rejette la responsabilité sur un redressement fiscal, qui lui a coûté 79 MDH. Le top management affirme maîtriser les charges du groupe et se dit fier des résultats commerciaux de celui-ci.
D’emblée, Baldomero Valverde, président du directoire du Crédit du Maroc, s’est montré rassurant quant aux derniers résultats de l’entité qu’il dirige: «Nous comprenons que les résultats 2015 du CDM puissent susciter des questions. Nous sommes là pour vous rassurer», a-t-il souligné, lors d'une conférence de presse tenue le 11 mars.
Insistant sur l’impact du redressement fiscal subi par Crédit du Maroc sur le résultat de la banque, les dirigeants affirment que ce redressement est principalement lié à une mauvaise interprétation des textes, plutôt qu’à des problèmes de déclaration: «Les règles fiscales ne sont pas toujours très claires», note Patrice Boccaccini, directeur général adjoint finances du groupe.
Et d’ajouter: «Nous avons longuement argumenté avec l’administration fiscale. Mais nous avons voulu transiger sur le montant de 79 MDH, afin d’éviter de partir sur une négociation plus longue qui nous aurait obligés à porter cette somme sur les prochains exercices».
M. Boccaccini souligne également que hors cet élément exceptionnel, les charges d’exploitation du CDM sont parfaitement maîtrisées et qu’elles n’ont progressé qu’à hauteur de 1,1%, du fait de l’augmentation des salaires opérée par la banque en 2015.
Par ailleurs, les dirigeants du CDM attribuent la hausse du coût du risque de 20,6% par rapport à 2014, au défaut de paiement de clients corporate de la banque, dont ils ne révèlent pas directement l’identité: «Ce sont des clients que vous connaissez, des clients qu’on partage sur la place. Il a fallu naturellement les provisionner», note M. Boccaccini. Parmi ces clients, il y a évidemment la Samir.
Sur le plan commercial, le top management du CDM se félicite des progressions commerciales réalisées non seulement sur les dépôts (+3,9%) mais également sur les crédits (+5,6%), notamment sur les crédits à l’immobilier (+6,2%), grâce aux taux compétitifs proposés sur ce segment.
La construction du siège démarrera «bientôt»
Le projet de construction du siège de la banque sur le terrain des anciennes arènes de Casablanca traîne depuis 2008.
Le terrain, détenu par la SIFIM (Société immobilière et financière marocaine), filiale du Crédit du Maroc, spécialisée en gestion immobilière, portera en plus du siège de la banque, un hôtel de luxe et un complexe résidentiel de haut standing.
Suite au dénouement du partenariat avec Alliances développement immobilier pour l’édification du projet, c’est Bouygues Immobilier qui a pris le relais. Quant au retard du démarrage des travaux, Crédit du Maroc affirme que la construction démarrera bientôt: «Nous sommes en phase de structuration et de modélisation du projet», affirme Jamal Lemridi, DG du groupe.
Il ajoute que le coût du projet n’est pas encore définitivement fixé, mais communique toutefois une première estimation du montant: «La cession d’une partie du terrain dans lequel sera édifié notre siège servira à financer la construction de notre nouveau siège. A la louche, le coût s’élèverait à 2 MMDH».
Outre son projet d’ériger un siège conforme à ses ambitions, Crédit du Maroc affirme vouloir bénéficier de l’expérience de sa maison mère, Crédit Agricole SA, en finance participative, afin d’opérer une entrée réussie sur ce segment au Maroc.
En effet, Crédit Agricole SA détient une filiale spécialisée en finance participative en Arabie Saoudite. Ceci dit, Crédit du Maroc ne compte pas faire de même en créant une filiale séparée, mais plutôt envisage de créer des «fenêtres» de produits participatifs au sein de sa banque, qui lui permettront d’intégrer ce marché, sans pour autant créer une entité juridique séparée.
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