Banque populaire: Robustesse des indicateurs, malgré un contexte morose
Avec une progression de son résultat net de 14,4%, dépassant ainsi les prévisions de son business plan, la Banque centrale populaire exhibe des signes de robustesse pour l’année 2015, marqués tout de même par un crédit atone et une augmentation du risque.
Le PNB du groupe a atteint 15,3 MMDH en 2015, progressant de 4% par rapport à 2014, malgré un retrait du résultat sur les activités de marché et une faible évolution de la marge sur commissions (+1,9%). Celle-ci aurait été affectée par la gratuité de certaines commissions, imposées par les autorités monétaires de quelques pays de présence de la BCP en Afrique subsaharienne.
«Ces gratuités ont fait que, globalement, les marges sur commission du groupe n’ont pas évolué comme à l’accoutumée», explique Mohamed Benchaaboun, PDG du groupe BCP.
Autre élément ayant légèrement freiné l’essor de la banque du cheval: l’augmentation du coût du risque. Celui-ci a grimpé de 7% pour s’établir à près de 3,2 MMDH. Un niveau non récurrent selon le groupe et qui a été fortement impacté par la défaillance de la Samir: «Ce que je peux vous dire, c’est que si l’on enlève l’opération Samir, le coût du risque aurait baissé de façon importante par rapport à 2014», continue M. Benchaaboun.
Et d’ajouter: «Le risque récurrent du groupe est largement inférieur à celui enregistré en 2015. D’ailleurs, nous escomptons récupérer une partie des sommes provisionnées dans les années à venir».
Outre le risque Samir, le groupe a constitué une provision de 130 MDH pour risque pays, relative à la zone UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine). Selon le management, cette démarche n’a pas été d’un impact significatif sur les résultats du groupe, mais elle représente toutefois une démarche «novatrice» dans le milieu bancaire marocain.
«Nous pensons que c’est une démarche qui conforte notre politique prudentielle», note Hassan El Basri, directeur général Risques groupe. «Nous l’avons même peut-être anticipée, car la Banque centrale est en train de réfléchir à une réglementation du risque pays. Nous avons mis en place un système de provisionnement de ce risque, basé sur un dispositif de notation», continue notre interlocuteur.
La BCP affiche, par ailleurs, des ratios prudentiels en alignement avec les normes: Son ratio de solvabilité s’est établi à 13,3% pour l’année 2015, soit 130 points de plus que le minimum requis.
Décélération du crédit: de "grands dossiers" doivent être dénoués
Le groupe affiche également un ratio de liquidité de 179%, indiquant une progression des dépôts plus significative que celle des crédits. Cette situation est généralisée sur l’ensemble du secteur, où l’appréhension du risque joue un rôle prépondérant.
En effet, le taux des créances en souffrance pour l’ensemble du secteur a dépassé 7% en 2015: «Une première depuis bien longtemps», estime M. Benchaaboune. Qui plus est, ces créances concernent les entreprises plus que les particuliers.
Selon le patron de la BCP, la montée du risque est fortement liée à la décélération du crédit. Il anticipe une perpétuation de ce rythme, pour accompagner principalement le dénouement des «dossiers difficiles», qui persistent encore sur la place financière. «La décélération du crédit risque d’être aggravée, car un certain nombre de dossiers difficiles doivent être dénoués», note-t-il.
Il s'explique: «Certains opérateurs ont atteint un niveau d’endettement élevé. Leur retour à des niveaux normaux par rapport à leurs capacités se traduira naturellement par une contraction des crédits, impactant négativement l’encours global».
À découvrir
à lire aussi
Article : CIRDI : Face à Emmerson, Rabat demande une bifurcation de la procédure
Face à une réclamation de 1,215 milliard de dollars portée par les investisseurs liés au projet de potasse de Khémisset, le Maroc demande au CIRDI d’examiner en priorité ses objections de compétence.
Article : Les nappes phréatiques ont moins bénéficié des pluies que les barrages
Alors que les barrages marocains affichent un taux de remplissage de 76,2 %, le niveau des eaux souterraines raconte une autre histoire. L'analyse des données satellitaires sur dix ans révèle un rebond disparate et timide.
Article : Transport militaire : le Maroc renforce sa flotte de transport aérien avec l’Airbus C295
L’Airbus C295 acquis par les Forces armées royales dans le cadre de la modernisation des Forces royales air a été dévoilé par Forum Far-Maroc. Selon l’expert militaire Abdelhamid Harifi, cette acquisition vise à renforcer les capacités de transport aérien militaire du Maroc, tout en s’inscrivant dans le contexte du rapprochement maroco-espagnol.
Article : EXCLUSIF. Cartes à l’appui, les grands changements urbanistiques envisagés à Hay Mohammadi
CASABLANCA. Le projet de nouveau plan d’aménagement de Hay Mohammadi arrive à une étape décisive. Prévu pour examen le 14 mai par le conseil de la ville de Casablanca, ce document suscite une vive contestation locale, notamment autour du devenir de quartiers historiques comme Derb Moulay Cherif. Voici, en détail, ce que prévoit ce plan.
Article : African Lion 2026 : comment le Maroc a testé l’armée du futur dans le Sud
Clôturé le 8 mai 2026, l’exercice coorganisé par les FAR et la SETAF-AF a réuni plus de 40 nations, dont 28 africaines. IA de commandement, drones FPV, munitions rôdeuses, Apache, WanderB et blindés modernisés... Cette édition a marqué un saut tactique et technologique majeur. Décryptage.
Article : Hôtels. Les visites mystère vont-elles vraiment améliorer le service ?
Lancée par la SMIT, l’opération suscite déjà des réserves chez certains professionnels, qui plaident pour des audits suivis de plans d’action, de contre-visites et d’investissements dans la formation, plutôt que pour une logique strictement punitive.
