Un rapport du département d’Etat américain épingle la situation des droits humains au Maroc
Le rapport annuel du département d’Etat américain sur les droits humains dans le monde a consacré 40 pages aux "problèmes persistants" dans le Royaume, qui "obèrent ses timides avancées".
Selon le département du secrétaire d’Etat, John Kerry, le Maroc a encore beaucoup de progrès à faire, avant de faire en sorte que le respect des droits de ses citoyens devienne un acquis démocratique.
Saluant la mise en œuvre de la régionalisation avancée et l’absence de nouveau cas de disparition politique, le rapport 2015 épingle une corruption endémique et le mépris généralisé par les forces de sécurité (police, gendarmerie …) de la primauté du droit.
Concernant la persistance de la corruption, le département d’Etat la qualifie de «problème sérieux», qui touche plusieurs administrations publiques, les services de la Justice et de la police.
Malgré la criminalisation de la corruption, le rapport constate que "l’impunité reste la règle pour les agents et hauts fonctionnaires", car le gouvernement n’a jamais initié d’enquêtes de haut niveau.
Le département d’Etat épingle les forces de sécurité coupables de détenir arbitrairement des suspects et de faire une utilisation excessive de la force à leur encontre, voire de torture.
La durée des gardes à vue qui s’effectuent sans la présence d’avocat aboutit souvent, selon le rapport, à des pressions pour signer les procès-verbaux après des violences psychiques et physiques.
Le rapport décrit un appareil sécuritaire "hors-contrôle", qui ne se soucie pas des lois et des procédures d’enquête et aboutit à des violations des droits et des libertés fondamentales des citoyens.
En l’absence de mécanismes efficaces pour mettre fin aux abus, les poursuites pénales contre les agents coupables d’abus sont rares et quand c’est le cas, ils bénéficient de peines légères, car les autorités continuent de se baser sur les versions que la police leur donne des faits.
Si le rapport salue les améliorations en matière de surpopulation carcérale, avec la construction de 10 nouveaux centres, les conditions générales actuelles de détention font des prisons, des espaces de vie non conformes aux normes internationales.
L’enquête consacre aussi un paragraphe à la violation de la liberté d’expression et à celle de la presse. Le document dénonce le harcèlement de journalistes, la non délivrance d’autorisations de se réunir pour certaines ONG de défense des droits de l’homme.
Pragmatique, John Kerry a souligné que son département ne cherche pas à imposer aux pays épinglés des normes arbitraires américaines, mais simplement «des normes universelles, adoptées par la plupart des nations du monde, car certains pays qui y ont adhéré continuent de les violer».
Hormis le Maroc, ce rapport qui n’engage pas la politique diplomatique américaine, dénonce la situation des droits humains dans des pays alliés ou adversaires comme la Russie, la Chine, la Turquie, l'Algérie, l’Egypte … Traditionnellement, la Chine répond par un rapport consacré au non respect des droits humains aux Etats-Unis, avec des exemples concrets, dont certains sont très frappants.
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