Mouvements de grève: Jusqu’où ira la contestation syndicale?
La dernière grève nationale du secteur public a été un succès, selon le front syndical et un échec ou semi-échec, selon le gouvernement. Mais selon nos sources, l'Exécutif a été alerté par la montée de la pression sociale et surveille avec vigilance et inquiétude le front social.
Après l’échec du dialogue social, les syndicats UMT-FDT-CDT-UGTM ont choisi de revenir à la contestation pour faire plier le gouvernement sur leurs revendications. Le front semble même décidé à peser sur la période pré-électorale, en organisant des mouvements de protestation sans précédent.
Face à cette stratégie de maintien de la pression sur le gouvernement, ce dernier les partis qui le représentent pourraient être affaiblis, tant les syndicats paraissent déterminés à obtenir satisfaction.
Dans une déclaration à Médias 24, le chef de l’UMT confirme à nouveau la poursuite du programme de protestation, qui couvrira tout le mois de ramadan (marches et veillées nocturnes post-prière) et l’organisation rapide d’une grève générale (secteurs public et privé) suivie d’autres.
En évoquant les futures veillées de protestation devant le Parlement, il va jusqu’à établir un parallèle avec le mouvement «Nuit debout» qui perdure en France contre la loi El Khomri, du nom de la ministre du travail.
Menaçant, il laisse entendre que si le gouvernement persiste dans son refus, son syndicat pourrait sortir pour la première fois de l’histoire politique du Maroc de sa neutralité politique et appeler ses troupes à voter contre le PJD et ses alliés politiques.
Après la quasi-paralysie d'une partie des services publics essentiels (enseignement, santé) lors de la grève du 31 mai, force est de constater que le ton est à la mobilisation. Enhardis par leur succès, la suite des événements est on ne peut plus claire pour des syndicats qui n’excluent pas de remettre en cause la paix sociale pour faire entendre leurs revendications.
Malgré sa popularité qui ne se dément pas, le chef du gouvernement aurait pu se passer de ces mouvements de contestation, qui prennent une dimension inquiétante, à quelques mois des élections législatives du 7 octobre.
Accusant le mouvement syndical d’avoir un agenda politique au profit de l’opposition, Benkirane doit cependant faire face à plusieurs mouvements hétérogènes, mais efficaces, de protestation.
Si l’instrumentalisation qu’il dénonce est plausible, elle paraît naturelle quand on sait que certains syndicats du front sont affiliés ou ont des sympathies pour des partis politiques (UGTM-Istiqlal, FDT-USFP, CDT de gauche).
Grèves de la fonction publique, des infirmiers, des employés des ports, le mouvement va en s’amplifiant et ne semble pas avoir de limites.
Même si les chiffres de mobilisation divergent selon les versions syndicales ou gouvernementales, les deux dernières grèves du secteur public ont incontestablement paralysé une partie des services de l’Etat.
Selon les syndicats, la grève nationale du secteur public qui a eu lieu mardi 31 mai a été suivie à 93% dans les collectivités locales et à 70% dans les ministères. Du côté du gouvernement, on a minimisé ce taux entre 20 et 25%. Nonobstant cette bataille des chiffres, Médias 24 a constaté par lui-même que ce mouvement a été suivi par au moins 50% des fonctionnaires dans les grandes villes.
Pour la grève générale du 24 février, le front a avancé un chiffre de mobilisation de 84%, alors que le porte-parole du gouvernement annonçait un taux de 39% pour le public et de 4,8% pour le privé.
Quelle que soit la vérité des chiffres, le chef du gouvernement qui se dit assuré du soutien des masses populaires au futur scrutin législatif devra gérer des tensions sociales dans un contexte mouvementé et des syndicats grisés par leur succès. La principale leçon de cette situation est que les syndicats ont réussi à prendre la place des partis d'opposition.
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