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ECONOMIE

Tourisme: Deux avis opposés sur l'année 2016

A mi-parcours de l’année en cours, la situation déjà peu florissante du tourisme connaiît un coup d’arrêt avec la période du ramadan. C'est l’occasion de confronter les projections optimistes du ministre du Tourisme et l’analyse assassine d’un grand opérateur touristique. 

Tourisme: Deux avis opposés sur l'année 2016
Samir El Ouardighi
Le 14 juin 2016 à 11h17 | Modifié 14 juin 2016 à 11h17

En cette période de ralentissement de l’activité touristique, Lahcen Haddad se veut rassurant, en affirmant que la résilience exemplaire du Maroc permettra de renouer rapidement avec la croissance.

A contrario, un important opérateur pense que l’ONMT et le ministère du Tourisme font preuve d’un excès d’optimisme, pour cacher leur manque d’initiative à l’approche des élections.

Lahcen Haddad, joint par Médias 24, déclare que l’activité touristique cumulée des 4 premiers mois de 2016 a enregistré une progression de 6,6% des recettes (16,9 MMDH) contre une baisse de 9% en 2015.

Malgré la croissance de son chiffre d’affaires, le Maroc continue mois après mois d’enregistrer une stagnation des arrivées et une baisse des nuitées dans toutes les villes touristiques du royaume.

Optimiste pour les mois à venir, le ministre annonce une amélioration du premier marché touristique qu’est la France, dont les flux au cours des prochains mois ne baisseraient que de 1%, contre une baisse de 3% à fin mars 2016.

Selon lui, l’objectif à la fin de 2016 sera une croissance de 2% pour l’ensemble des arrivées touristiques, une progression de 2% des recettes en devises, et de 2% au niveau des emplois créés.

Cette reprise s’amorcera selon lui à la fin du mois de ramadan, qui signe le début de la période estivale, en ouvrant la voie à l’affluence des voyageurs nationaux vers les destinations d’été comme Agadir, Saidia, Tanger…

Contacté, un grand opérateur s’exprimant sous couvert d’anonymat, pense au contraire que la situation est très inquiétante, dans un environnement où "rien de concret ne se fait et rien ne se passe".

D’après lui, la résilience touristique du Maroc est remarquable par rapport à des pays comme la Tunisie et l’Egypte, mais n’exonère pas les autorités de leur manque de résultats face à la Turquie qui, malgré les attentats vécus, continue de réaliser de bien meilleurs chiffres d’arrivées.

"Si nous enregistrons une croissance de 2%, nous serons encore très loin des 20 millions d’arrivées visées en 2020, car nous utilisons à peine un tiers de nos atouts du fait du manque de soutien gouvernemental", précise-t-il.

En parlant de la suppression des visas pour les Chinois, qui devrait booster la destination Maroc, notre source soutient que les autorités de tutelle ne font rien pour accueillir l’éventuelle manne chinoise.

"On parle de recevoir 100.000 touristes chinois à l’horizon 2020, alors qu’il n’y a pas de lignes aériennes pour les transporter. Cette lacune illustre bien les effets d’annonce sans lendemain".

Que ce soit pour les marchés émetteurs étrangers ou nationaux, notre interlocuteur dénonce le manque de campagnes de promotion dans les médias classiques et surtout dans le secteur digital.

"La situation est délicate et le ramadan n’arrange rien et nous attendons tous qu’il passe. Nous faisons beaucoup d’efforts sur la qualité et les prix, mais nous ne voyons pas le bout du tunnel, car il y a un vrai manque institutionnel de promotion interne et externe et d’aérien", ajoute-t-il.  

Le ministre pense au contraire que la saison estivale qui s’étalera sur juillet, août et septembre permettra de relancer la machine, grâce aux offres touristiques régionales, destinées aux Marocains.

Rappelons que les nationaux constituent le 2e marché, avec un chiffre d’affaires de 31 MMDH et un volume de 5,3 millions nuitées dans les établissements hôteliers de tourisme classés.

Haddad soutient que malgré la stagnation de l’affluence en provenance des marchés occidentaux, la régionalisation des vacances scolaires attirera davantage de Marocains dans les destinations estivales.

Concernant la COP22 qui démarrera en novembre, le ministère du Tourisme, en collaboration avec une commission présidée par le ministère de l’Intérieur, a procédé à la sensibilisation de l’ensemble de la chaîne de valeur touristique pour que les hôteliers réservent le meilleur accueil aux participants.

Pour mobiliser au moins 70% de la capacité hôtelière à cet événement, une agence a été sélectionnée, pour s’occuper du volet réceptif et de la mise en place d’une centrale de réservation.

Par ailleurs, le ministère a mis en place un plan d’action pour sensibiliser les opérateurs au lien entre tourisme et changements climatiques, ainsi qu’aux bonnes pratiques en matière environnementale.

Notre opérateur touristique salue l’organisation marocaine de cet événement planétaire, mais tient à préciser que le suivi royal n’offre pas de droit à l’erreur aux autorités et aux organisateurs locaux.

Beaucoup moins laudateur sur la politique du gouvernement, il conclut que la profession n’aura une meilleure visibilité qu’après les législatives du 7 octobre, à l’issue de la constitution d’un nouveau gouvernement, car celui de Benkirane n’a jamais fait du tourisme une priorité de son mandat

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Samir El Ouardighi
Le 14 juin 2016 à 11h17

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