Amica: “2/3 des pièces de rechange auto sont non conformes”
Après la sortie médiatique de certains professionnels de vitrage automobile, au sujet du blocage de leurs importations jugées non conformes par le Centre technique des industries des équipements pour véhicules, ce dernier, et l’un de ses fondateurs (Amica), décident de réagir avec virulence.
"Suite à des prélèvements effectués par l’administration sur le marché des pièces de rechange, il a été conclu qu'en dehors des concessionnaires, les 2/3 des pièces de rechange testées sont non-conformes et mettent en danger la vie d’autrui. Dans d’autres pays, cela relève du pénal", selon Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica. "La cause de l’arrivée sur le marché de ces produits relève des pratiques de certains importateurs fraudeurs qui ont toujours contourné le système de contrôle", ajoute-t-il.
Les exemples qu’il donne concernent outre le vitrage, les pneus, les câbles d’embrayage, les plaquettes de frein, les batteries…, bref des pièces dites de sécurité.
"Les pièces de rechange de sécurité défectueuses ont un impact direct sur la mortalité sur les routes", souligne-t-il. "On montre toujours du doigt le manque de vigilance de la part des conducteurs, mais on omet de parler du manque de fiabilité des pièces de rechange utilisées.En cas d’amortisseur défectueux ou de disque de frein fissuré, comment un conducteur peut-il éviter le pire?", ajoute le président de l’Amica.
"C’est la première fois que nous communiquons sur cet aspect. Même si beaucoup de mes partenaires m’ont conseillé d’y aller doucement, j’ai décidé d’ouvrir la boite noire et de dévoiler toute la vérité. J’en ai informé au préalable l’administration marocaine", poursuit-il.

(Arrachement de la bande du pneu après essai de charge / vitesse)
Des méthodes de contrôles défaillantes
"Un importateur majeur s’est volontairement présenté au Cetiev avec un pare-brise pour obtenir un rapport de conformité. Quelques jours après, nous apprenons qu’une grosse cargaison de cet importateur a passé les frontières sans prélèvement à l’importation. Nous avons saisi l’administration et demandé des éclaircissements sur cette procédure d’admission sur base documentaire", raconte Hakim Abdelmoumen.
"Les importateurs de ces produits s’arrangeaient pour avoir des contrôles à leur avantage. Certains n’étaient contrôlés qu’une fois par an avec des échantillons qu’ils ont eux-mêmes pris le soin de choisir. Grâce à l’avis de conformité obtenu, ils arrivaient à importer des produits défectueux pendant toute une année. Nous avons décidé d’y mettre fin. Les importateurs honnêtes ont salué l’initiative. Les autres ont crié au scandale en inventant des faits", poursuit-il.
Il fait allusion par exemple à l’information selon laquelle la totalité des importations de vitrage automobile auraient été jugées non conformes ou encore que la circulaire de contrôle à l’importation concerne seulement le vitrage automobile.
"C’est un pur mensonge. Depuis début 2016, 33 produits vitrage automobile ont été contrôlés et seulement 13 ont été testés non-conformes. Aussi, la circulaire de contrôle à l’importation concerne 13 autres produits",répond-il.
Quid de l’industrie marocaine ?
Dans sa bataille, l’Amica vise également à préserver les intérêts des industriels marocains. "Le Maroc a perdu des industries de pneus, d’amortisseurs, de radiateurs, de vitrage, de ceintures sécurité, … Le nombre des industries marocaines à capitaux locaux est passé de 40 à 7 à cause de ces importateurs véreux", déclare son président.
Autre chiffre donné par l’Amica: sur 150 entreprises du secteur automobile au Maroc, seulement 7 sont des industries à capitaux marocains.
Dans cette campagne de sensibilisation et de lutte contre les importations de pièces de rechange défectueuses, l’Amica compte aussi parmi ses partenaires l’association marocaine de protection des consommateurs.
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