Nada El Harif: Une inconditionnelle de la nouvelle gauche, qui veut faire de la politique autrement
Engagée auprès de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), Nada El Harif défend contre vents et marées cette coalition et sa vision idéaliste, qui veut ressusciter une gauche égalitaire et généreuse.
La première fois qu'elle votait, c'était aux élections communales et régionales de septembre 2015. Cette année-là, elle était aussi 3e candidate sur la liste de Nabila Mounib dans la commune de Sidi Belyout. Nada El Harif, 34 ans, se dit "sympathisante de gauche depuis toujours" et précise qu'elle a grandi dans un environnement politisé, qui l'a sensibilisée aux questions de citoyenneté.
Cette jeune cadre, diplômée d’Etat de l’Ecole d’ingénieurs de Mohammadia et titulaire d’un MBA en droit des affaires, se définit maintenant comme une "militante de terrain". Le passage de l'adéquation avec les idées de gauche à l'engagement date de 2009. Cette année là, elle rejoint les signataires de l’Appel au peuple de gauche, par Omar Balafrej, président du mouvement Clarté ambition courage (CAC), qui participe à la dynamique de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), aux côtés, entre autres, de Nabila Mounib.
Malgré la défaite de la liste sur laquelle elle figurait, elle décide de continuer le combat auprès du CAC, dont elle est membre du bureau national et coordinatrice régionale à Casablanca. Et pour cause: l’alliance qu'elle juge contre nature entre le PPS et le PJD et le climat délétère qui règne au sein de l’USFP la renforcent dans ses convictions. Pour elle et pour faire court, la vraie gauche, c’est la FGD et personne d’autre.
Même si elle reconnaît un référentiel moderniste au PAM, El Harif critique "son conservatisme makhzénien et son libéralisme économique".
Selon elle, seule la FGD est en mesure d’engager "une grande politique sociale, qui aboutira à la création d’un Etat de droit". Côté économique, elle prône une grande réforme fiscale, qui permettrait selon elle de financer les chantiers de la réforme de l’Education nationale, de la santé et d’une politique de logements.
En dehors de ce "plan Marshall", le secteur de la culture constitue selon elle une priorité de tout programme électoral sérieux. Elle poursuit que la culture est primordiale, car "les gens doivent être nourris intellectuellement pour s’émanciper de l’uniformisme ambiant. Pour y remédier, les rédacteurs de notre programme proposent la multiplication de lieux d’expression artistique et de consommation culturelle".
Faire de la politique autrement... et rester patient
Interrogée sur la volonté de la FGD de séduire des abstentionnistes, qui pourraient être heurtés par ses idées laïques, El Harif avance que la Fédération se veut moderniste, mais pas athée pour autant. "Nous effectuons un travail pédagogique sur le terrain pour expliquer que certaines lois (héritage, avortement …) sont liberticides et vont à l’encontre d'une marche en avant vers le progrès", précise-t-elle.
Optimiste mais réaliste, elle reconnaît que le chemin sera long et que la FGD devra faire preuve de patience, en procédant par étapes pour mettre en œuvre sa vision d’un Maroc plus moderne. L’objectif initial: décrocher un maximum de députés, idéalement un groupe de 20, pour prouver aux citoyens déçus par leurs représentants, "qu'il est possible de faire de la politique autrement".
"Comment faire confiance aux députés, quand on sait que lors de l’adoption de la réforme des retraites, objet d’une grosse polémique, les deux tiers des parlementaires étaient absents?" tonne-t-elle.
Exemplarité est le terme qui revient le plus souvent chez cette militante, dont on ne sait pas encore si elle sera candidate dans une circonscription ou sur l'une des deux listes nationales incluant 60 femmes et 30 jeunes. Consciente des efforts à fournir pour devenir le 1er parti du Maroc en 2021, comme nous l’annonçait Omar Balafrej, El Harif affirme qu’elle ne s’économisera pas pour y arriver.
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