Une coiffeuse jugée en Norvège pour avoir refusé une musulmane voilée
Une coiffeuse a comparu jeudi 8 septembre en Norvège pour avoir éconduit une musulmane portant le hijab, dans la première affaire sur le port du voile à être jugée dans le pays.
Merete Hodne encourt en principe jusqu'à six mois de prison pour avoir refusé Malika Bayan dans son salon de Bryne, village du sud-ouest de la Norvège, en octobre, affirmant selon l'acte d'accusation qu'"elle devait se trouver un autre endroit parce qu'elle ne prenait pas (les personnes) comme elle".
Pour sa défense, la coiffeuse de 47 ans a expliqué concevoir le hijab comme un emblème politique d'une idéologie dont elle dit avoir peur, plutôt qu'un simple effet religieux.
"J'y vois un symbole totalitaire. Quand je vois un hijab, je ne pense pas à la religion mais à des idéologies et à des régimes totalitaires", a-t-elle expliqué devant les juges, selon le journal Verdens Gang (VG). "Un hijab, ce n'est pas religieux, mais politique", a-t-elle ajouté.
Présentée dans les médias norvégiens comme une ancienne militante de mouvements islamophobes tels que Pegida, Mme Hodne avait estimé dans un récent entretien avec la chaîne TV2 que le voile était un symbole de "l'idéologie islamique", "le Mal", selon elle, comme "la croix gammée est celui du nazisme".
Elle affirmait également qu'accepter une femme voilée l'aurait obligée à refuser des clients masculins à qui la cliente putative n'aurait pu selon elle montrer ses cheveux.
Après l'incident, elle avait refusé d'acquitter une amende de 8.000 couronnes (870 euros), et l'affaire a ainsi atterri devant le tribunal de Jaeren.
Tout en admettant qu'elle aurait pu éconduire Mme Bayan de façon plus courtoise, Mme Hodne a rejeté le chef de discrimination religieuse.
"J'ai connu le racisme et la discrimination avant cela, des petits regards et des trucs du genre, mais jamais jetés aussi clairement au visage", a témoigné jeudi Mme Bayan, citée par l'agence NTB.
"Cela m'a fait mal à plusieurs égards. Je me suis sentie petite, stupide, pas intégrée, endolorie. Je ne pouvais pas comprendre pourquoi un foulard sur la tête pouvait provoquer cela", a-t-elle dit.
La police a demandé à ce que l'amende soit portée à 9.600 couronnes ou, à défaut de paiement, que la coiffeuse soit condamnée à 19 jours de prison.
Le verdict est attendu lundi 12 septembre.
(Avec AFP)
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