Dérèglement climatique. La région Souss Massa fortement impactée
Les années passées ont confirmé l’impact négatif du changement climatique sur les cultures et l’élevage dans la région. Sécheresse, inondations, déficit en eau… sont devenus récurrents. L’Apefel s’est penchée sur le phénomène lors de son assemblée générale du 3 novembre.
Augmentation des températures moyennes et maximales ainsi que celles des cours d’eau et des lacs, évolution du régime de précipitations, élévation du niveau de la mer (érosion et submersion permanente), diminution de l’enneigement, changement dans le cycle de gelées, perturbation dans les conditions de vent… la liste des problèmes liés au dérèglement climatique dans la région du Souss Massa est longue.
L’Association des producteurs et exportateurs des fruits et légumes (Apefel) en a fait la thématique de son AGE, tenue le 3 novembre à Aït Melloul, dans la région d’Agadir.
L’objectif a été de proposer des solutions à des problématiques devenues récurrentes, dans une région qui participe à hauteur de 50% environ à la valeur ajoutée dans le secteur primaire. "Ces phénomènes deviennent de plus en plus fréquents et violents", a expliqué ce jour-là Mohammed Messouli, professeur à la faculté des sciences Semlalia à Marrakech.
Il donne quelques exemples:
-En octobre 2014, une vague de chaleur hors normes s’est abattue sur la région. Parmi ses effets directs: retard de la campagne céréalière, dégâts dans les cultures bananières (la province de Chtouka Aït Baha est la plus touchée (94 ha), fortes chutes physiologiques dans l'arboriculture, brûlure de 10% des feuillages de l’olivier et chute de 20% de ses fruits, brûlure généralisée des feuilles de l’avocatier, avec des records négatifs de -4 à -6 °C dans les zones de Ouled Taïma, Taroudant et Ouled Berhil.
-Au niveau de la nappe de Chtouka, le déficit en eau moyen atteint 57,5 millions m3/an, le total des sorties excédant de loin celui des entrées (en millions, 90,5 m3 contre seulement 33 m3). Les prélèvements des eaux d’irrigation étant le principal facteur de sortie, avec en contrepartie de faibles volumes comme ressources.
Et quelques pistes...
Parmi les recommandations formulées lors de cette AGE, outre la poursuite des projets de dessalement d’eau de mer déjà initiés et le recours aux énergies renouvelables, le Pr Messouli a conseillé d’opter pour des serres multi-chapelles en acier au lieu des habituelles serres canariennes dont pullule la région (8.000 ha dont plus de 5.200 ha de tomates).

Les serres utilisées actuellement sont connues pour faire subir aux cultures les conditions de froid, de chaleur et les excès d’humidité, souligne Mohammed Messouli dans son exposé. Dépréciation qualitative des fruits et légumes, maladies… en sont quelques unes des conséquences.
Pour feuilleter la présentation de Pr Messouli dans son intégralité, cliquez ci-dessous. 
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