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Afrique du Sud: motion de défiance contre le président Zuma

Le président sud-africain Jacob Zuma, englué dans une litanie de scandales de corruption, est confronté jeudi 10 novembre à une nouvelle motion de défiance au Parlement, dont il devrait toutefois réchapper, malgré la colère qui monte au sein de son parti.  

Afrique du Sud: motion de défiance contre le président Zuma
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Le 10 novembre 2016 à 14h09 | Modifié 10 novembre 2016 à 14h09

C'est la troisième fois en moins d'un an que le Chef de l'Etat est contesté à l'occasion d'un vote de censure ou de destitution. Au pouvoir depuis 2009, Jacob Zuma a "provoqué le chaos dans notre jeune démocratie", l'accuse le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), à l'initiative de la dernière motion.

Ce vote a été décidé dans la foulée de la publication, la semaine dernière, d'un rapport de la médiatrice de la République qui a jeté un regard cru sur la gestion des affaires de l'Etat par le Président.

Particulièrement documenté, cet épais document révèle par le menu l'influence exercée sur le gouvernement par la richissime famille Gupta, à la tête d'un puissant empire industriel et médiatique, avec la complicité de Jacob Zuma.

Entre autres exemples, ce rapport affirme que les Gupta ont offert un pot-de-vin de 40 millions d'euros au vice-ministre des Finances Mcebisi Jonas, qu'il assure avoir refusé.

Ce rapport vient s'ajouter à la longue liste des affaires qui ont défrayé la chronique de la présidence Zuma, à commencer par celle des travaux effectués dans sa résidence privée qui l'a contraint à rembourser 500.000 euros.

Et d'autres menaces se profilent à l'horizon, comme la reprise par la justice de poursuites pour corruption, fraude fiscale et racket, abandonnées en 2009, dans une affaire de pots-de-vin liés à un contrat d'armement.

Vingt ans après l'entrée en fonction du premier gouvernement post-apartheid en 1994, cette litanie suscite de plus en plus de colère dans la jeune démocratie "arc-en-ciel".

La semaine dernière, une véritable "marée rouge", composée de milliers de militants du parti de gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF, opposition) a exigé la démission de Jacob Zuma, devant les grilles du palais présidentiel.

Révolte

Mais la motion discutée jeudi, qui obligerait le président à démissionner si elle était adoptée, a "zéro chance" de passer, prévient Patrick Bond, professeur d'économie politique à l'Université du Witwatersrand à Johannesburg.

Le Congrès national africain (ANC) de M. Zuma dispose au Parlement d'une solide majorité de 249 sièges sur 400, qui écarte tout scénario surprise. Mais, après le revers subi aux élections locales d'août, la révolte gronde contre le président, dans les rangs de l'ANC.

En octobre, le président de son groupe parlementaire, Jackson Mthembu, a exprimé son ras-le-bol et appelé M. Zuma à démissionner. Et les vétérans de la lutte contre l'apartheid ne se privent plus de le critiquer publiquement. Le parti est "plus divisé que jamais sur la présidence Zuma", note Loammi Wolf, spécialiste en droit constitutionnel.

Mais le chef de l'Etat garde encore, pour l'instant, le soutien de sa majorité. "Les personnes clé de l'ANC sont très favorables à Zuma", souligne Patrick Bond. Il reste "solidement assis sur sa selle", a titré cette semaine le quotidien Business Day.

Si les parlementaires désobéissaient et votaient pour la motion, "ils perdraient leur emploi", explique Shadrack Gutto, de l'Université d'Afrique du Sud à Pretoria.

L'ANC a ironisé sur la nouvelle motion de défiance, qualifiée de "rituel annuel et frivole" et dénoncé "l'arrogance grandissante" de la DA. Les appels au départ du Président sont "prématurés et infondés", a tranché son secrétaire général, Gwede Mantashe.

Le mandat de Jacob Zuma à la tête de l'Afrique du Sud s'achève en 2019. Mais dès fin 2017, l'ANC élira un nouveau Président pour le parti et pourrait décider, dès ce moment-là, de le remplacer à la tête de l'Etat, pronostiquent plusieurs analystes.

Certains évoquent même l'hypothèse d'une "amnistie" pour lui éviter toute poursuite judiciaire, selon Patrick Bond.

(AFP)

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Le 10 novembre 2016 à 14h09

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