Omar Hejira : “85% de l’activité du secteur de la chimie est concentrée dans deux régions”
Dans un contexte mondial marqué par les tensions sur les chaînes énergétiques et la flambée des matières premières, le secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a plaidé, lors de la 4e édition du Forum de la chimie à Rabat, pour un renforcement de l’intégration industrielle du Maroc.
Intervenant lors de la 4e édition du Forum international de la chimie (FIC 2026), tenu ces 13 et 14 mai 2026 à Rabat, Omar Hejira, secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, a souligné le rôle central de l’industrie chimique, premier secteur exportateur industriel du Royaume, dans la souveraineté industrielle, l’innovation et la transition énergétique.
"Le Maroc s'inscrit aujourd'hui dans une dynamique d’anticipation, grâce à la vision éclairée du Roi Mohammed VI, qui a fait de l'intégration industrielle un véritable levier stratégique pour renforcer sa souveraineté industrielle et bâtir une économie plus compétitive, plus résiliente et plus inclusive", a-t-il rappelé, soulignant toutefois qu'aujourd'hui, "cette dynamique prend une résonance plus forte dans un contexte international marqué par des perturbations des flux énergétiques et logistiques ainsi que par la hausse significative des prix des matières premières".
Représentant 26% de la consommation énergétique nationale, le secteur de la chimie est particulièrement impacté par la crise internationale
"Ces évolutions", a-t-il souligné, "montrent que le renforcement de l'intégration industrielle s’impose comme une nécessité stratégique. Dans ce contexte, la chimie apparaît plus que jamais comme un secteur pivot".
"Cette industrie historiquement énergivore, représentant 26% de la consommation énergétique nationale, est donc particulièrement exposée aux chocs externes. Mais elle représente également un levier essentiel de la résilience de notre système productif, car elle conditionne directement la performance de nombreuses filières stratégiques, qu'il s'agisse de l’automobile, de l'énergie, de l'agroindustrie, ou de la pharmacie..."
"Alors que ce secteur constitue le premier secteur productif de l'industrie marocaine, avec un chiffre d'affaires de près de 200 milliards de DH [190 milliards de DH selon Abed Chagar, président de la Fédération de la chimie, et 180 milliards de DH selon Ryad Mezzour, ministre de l'Industrie, NDLR], il demeure également le premier contributeur aux exportations industrielles, représentant aujourd'hui 23 % de nos exportations industrielles".
"Loin d'être un simple secteur économique, ce secteur continue d’afficher une progression remarquable, dans la mesure où près de la moitié de son chiffre d'affaires est orienté vers l'international [grâce à l'OCP selon Abed Chagar, NDLR], consolidant chaque année sa position sur les marchés mondiaux et renforçant son rôle dans le rayonnement industriel du Royaume".
Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan-Al Hoceima concentrent près de 85 % de l’activité du secteur
"L'enjeu consiste ainsi aujourd'hui à poursuivre et approfondir les efforts en matière d’intégration régionale et d'équité territoriale conformément à la vision du Roi, afin de bâtir un Maroc équilibré, avançant à une seule vitesse".
Notre compétitivité ne repose plus uniquement sur les ressources dont nous disposons, mais aussi sur notre aptitude à les transformer intelligemment
"À l'heure où l'intelligence artificielle (IA) bouleverse les modes de production et où la transition énergétique s'impose comme une nécessité vitale, notre capacité à innover, à nous adapter et à créer de nouveaux modèles de valeur est plus que jamais mise à l'épreuve".
"Dans ce contexte, la compétitivité ne repose plus uniquement sur les ressources dont nous disposons, mais aussi sur notre aptitude à les transformer intelligemment et à les intégrer efficacement. C’est précisément dans cette logique que la chimie et la parachimie s'imposent comme des leviers stratégiques incontournables, notamment à travers des investissements majeurs observés dans les secteurs structurants tels que la chaîne de valeur des batteries et le stockage des énergies. Ces segments stratégiques attirent une part croissante des investissements industriels destinés à notre pays".
"Il nous appartient donc collectivement de veiller à une meilleure intégration territoriale, et de transformer cette dynamique en une véritable création de valeur durable au service du développement du pays", a conclu Omar Hejira.
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