Donald Trump rencontre Barack Obama
Auteur d'un discours conciliant le soir de son élection, Donald Trump a donné jeudi 10 novembre un signe fort de sa volonté d'endosser son costume de Président, lors de sa rencontre avec Barack Obama.
Les deux hommes, qui ne s'étaient jamais vus en tête à tête, ont mis de côté des mois de campagne acrimonieuse, insistant, depuis le Bureau ovale, sur leur volonté de mener une passation de pouvoir sans heurts.
"C'était un grand honneur d'être avec vous", a déclaré sur un ton très posé, presque intimidé, le magnat de l'immobilier qui a, pendant des années, alimenté une campagne de rumeurs visant à remettre en cause le fait que Barack Obama était Américain.
Quelques heures plus tard, il a même évoqué sur Twitter "une fantastique journée" à Washington, et une "bonne alchimie" avec le Président démocrate.
Barack Obama a évoqué de son côté "une excellente conversation" avec celui dont il a répété, en campagne, qu'il représentait une menace pour la démocratie américaine. "Nous voulons faire tout ce que nous pouvons pour vous aider à réussir", a-t-il ajouté.
Parti en solitaire à la conquête de l'investiture républicaine puis de la Maison blanche, l'homme d'affaires de 70 ans, qui n'a jamais occupé la moindre fonction élective, devait aussi s'assurer du soutien des caciques du parti républicain, qui contrôlent les deux Chambres du Congrès.
Son élection et le séisme politique qu'elle a provoqué ont manifestement fait disparaître les réserves que certains avaient exprimé sur le style et le discours d'un candidat régulièrement taxé de xénophobie et de sexisme.
"J'espère que tout le monde a pu voir ce Donald Trump présidentiel, dont nous savions depuis le début qu'il serait à la hauteur de la fonction", a assuré à la chaîne CNN le Président du parti républicain Reince Priebus, qui, selon les médias, pourrait faire partie de la future administration Trump.
Donald Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a rencontré les deux hommes qui seront chargés de transformer en lois le programme du 45e président américain: Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, et Mitch McConnell, chef de la majorité du Sénat.
Obama sur Trump
> Twitter et les codes nucléaires
"Pendant le week-end, son équipe de campagne lui a repris son compte Twitter. Maintenant si vos plus proches conseillers ne vous font pas confiance pour tweeter, comment pouvez-vous lui faire confiance pour les codes nucléaires?"
(Barack Obama, le 6 novembre 2016 à un meeting en Floride.)
> "Pas qualifié pour être président"
"Le candidat républicain n'est pas qualifié pour être président" et il est "lamentablement mal préparé à occuper cette fonction".
(Barack Obama le 2 août 2016 lors d'une conférence de presse à la Maison blanche.)
> "Arrêtez de pleurnicher"
"Vous commencez à pleurnicher alors que la partie n'est même pas terminée? Si quand les choses tournent mal pour vous et que vous commencez à perdre, vous en rejetez le blâme sur autrui, alors vous n'avez pas l'étoffe pour faire ce boulot".
"Donc je conseillerais à M. Trump d'arrêter de pleurnicher et d'essayer de défendre ses opinions pour obtenir des suffrages".
(Barack Obama, le 18 octobre 2016 dans le Rose Garden de la Maison blanche.)
Trump sur Obama
> "Le pire président"
"En politique, comme dans la vie, l'ignorance n'est pas une vertu. C'est la principale raison pour laquelle le président Obama est le pire président de l'histoire des Etats-Unis!"
(Donald Trump dans un tweet daté du 16 mai 2016.)
> "Le plus ignorant" des présidents
"Le Président Obama est le plus ignorant des pésidents de notre histoire. C'est le bazar sur la planète".
(Donald Trump le 27 juillet 2016 lors d'une conférence de presse en Floride.)
> Fondateur de Da'ech
"A bien des égards, (les jihadistes de Da'ech) respectent le Président Obama" car Barack Obama "est le fondateur de Da'ech. C'est le fondateur. Il a fondé Da'ech" et "je dirais que le co-fondateur est Hillary Clinton, la crapule".
(Donald Trump le 10 août 2016 lors d'un meeting en Floride.)
Michelle Obama et Melania Trump font connaissance
Alors que leurs maris discutaient dans le Bureau ovale, Michelle Obama et Melania Trump ont fait connaissance. La première rencontre entre ces deux femmes si différentes s'est tenue loin des journalistes.
"Michelle a eu la chance d'accueillir la future Première dame et nous avons aussi eu une excellente conversation avec elle", a commenté le président Barack Obama depuis le Bureau ovale, Donald Trump assis à proximité.
Généralement la première prise de contact entre les Première et future Première dames permet de parler de la façon de vivre à la Maison blanche, d'y élever des enfants...
Michelle Obama, 52 ans, première First Lady noire de l'histoire américaine, ancienne avocate diplômée de Harvard, la quittera le 20 janvier avec une cote de popularité au zénith: extrêmement charismatique, elle est à 79% d'opinions favorables, selon un récent sondage Gallup sur la popularité des Premières dames. Elle est encore plus populaire que son mari.
Melania Trump, 46 ans, ancien mannequin d'origine slovène, a elle tout à prouver: elle a 28% d'opinions favorables et 32% d'opinions défavorables, les plus mauvais chiffres pour une future First Lady depuis les années 1980, selon Gallup.
Elle a très peu participé à la campagne, préférant rester chez elle dans son triplex en haut de la tour Trump à New York, pour s'occuper de Barron, 10 ans, le fils qu'elle a eu avec Donald Trump.
Michelle Obama n'avait pas ménagé sa peine ces dernières semaines pour faire élire son "amie" Hillary Clinton. Discours décapants, formidable énergie, elle avait participé à plusieurs meetings de campagne, y apportant un souffle qui souvent faisait défaut.
Elle avait mi-octobre critiqué l'attitude "effrayante" du milliardaire envers les femmes. A la convention démocrate en juillet, elle avait sans le nommer dénoncé un "langage de haine qui ne représente pas l'esprit de ce pays".
(Avec AFP)
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