img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Environnement

COP22: Le comité de pilotage prévoit des avancées, les négociations presque finies

Vendredi après-midi, les négociateurs des 190 Etats participants à cette COP22 n’avaient pas terminé et il n’était pas exclu qu’ils ne terminent que samedi, selon les propos de M. Mezouar, président de la COP22, au cours d’une rencontre avec la presse.

COP22: Le comité de pilotage prévoit des avancées, les négociations presque finies
R. B. (avec AFP)
Le 18 novembre 2016 à 15h47 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

À ce stade, il reste difficile de se faire une idée globale et synthétique de cette COP22 qui touche à sa fin. Il y a eu pas mal d’initiatives concrètes, mais ne restent-elles pas limitées par rapport à l’ampleur d’un problème planétaire?

La conférence de presse de vendredi après-midi 18 novembre permet de se faire une idée provisoire.

Mézouar a eu raison de noter l’énergie des jeunes, de la société civile, des entreprises dans cette COP…

Mais cet événement devait être celui de l’inflexion, de la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Les objectifs avaient été définis par l’Accord de Paris, plus de 110 États l’ont ratifié. Il reste à le mettre en œuvre, à lui donner un contenu, une feuille de route, un agenda qui va courir de 2016 à 2018. Ce sera la feuille de route de la CMA (réunion des parties à l’Accord de Paris).

C’est cet agenda qui permettra de donner un contenu à l’accord de Paris et atteindre les objectifs en termes de réduction des émissions de GES (gaz à effet de serre) et de financement (100 milliards par an à partir de 2020).

La Proclamation de Marrakch est une réaffirmation de l’engagement international contre ce réchauffement climatique, estime Salaheddine Mezouar, qui la considère comme l’un des premiers résultats importants et concrets de cette COP.

Hakima El Haité, la championne nationale du climat, abandonne son smartphone et prend la parole. Elle met en avant “la construction pour la première fois de l’histoire des négociations climatiques de ce partenariat de l’action qui relie pour la première fois des États, des acteurs non étatiques, aux parties. Elle rappelle les annonces concrètes comme le réseau de centres de compétences ou les NDC partnership, doté de 50 millions de dollars, qui va aider les États à mettre en place leurs NDC (engagements des États en matière de réduction des GES).“

Lorsque Nizar Baraka, président du comité scientifique de la COP22, prend la parole, les choses sont plus claires. Il fait un focus sur les financements, sur lesquels la présidence marocaine a travaillé, car c’est primordial, c’est ce qui va rassurer les parties situées au Sud.

Le Maroc a conçu une initiative qui sera présentée au printemps dans le cadre de l’assemblée de la Banque mondiale et qui consiste à ce que les États conçoivent des budgets sensibles au climat, qui intègrent les NDC et les objectifs de développement durable.

En matière d’adaptation, il y a eu des avancées concernant l’objectif de 100 MM$  de financements à l’horizon 2020. Il y a maintenant un engagement pour augmenter de 54% l’effort des finances publiques (des pays développés) pour atteindre les deux tiers des 100 milliards, ou 67 MM$ en 2020. La part de l’adaptation sera doublée, elle passera de 12 à 25%.

Les banques de développement seront impliquées, leur part passera à 25 à 30%.

Enfin, en utilisant l’effet de levier et en impliquant le secteur privé, les fonds de pension, l’épargne verte, les assurances, la philanthropie, on pourrait passer “des milliards aux trillions“, selon M. Baraka.

Le président du comité scientifique révèlera qu’il y a eu “pas mal de résistances sur l’agriculture“. C’est le Maroc qui a proposé d’introduire l’agriculture dans les objectifs et l’agenda, sachant que cette activité est extrêmement vulnérable au réchauffement climatique. Selon M. Baraka, le Maroc a réussi, malgré les résistances, à maintenir l’agriculture dans l’agenda.

En attendant les décisions qui seront conclues par les négociateurs, disons que la présidence marocaine et le comité de pilotage semblent avoir bien travaillé et en tous les cas avoir une vision claire des objectifs et des étapes. Peut-être que les décisions de mise en œuvre ne seront pas toutes prises à cette session, mais il y aura eu de l’imagination et des initiatives.

48 pays s’engagent sur 100% d’énergies renouvelables

Vendredi, 48 pays membres du "Climate Vulnerable Forum", représentant plus d’un milliard de personnes parmi les plus exposées au changement climatique, sont allés plus loin.

Ils se sont engagés à relever leurs objectifs de réduction des émissions de GES "avant 2020", ce que préconisent les scientifiques pour maximiser les chances de rester sous 2 °C. Ils ont aussi dit vouloir atteindre100% d’énergies renouvelables "aussi tôt que possible" d’ici à 2050.

Pour rester en deçà de 2 °C, les émissions de GES doivent être drastiquement réduites d’ici à 2050, ce qui passe par un abandon progressif des énergies fossiles.

"Toutes les parties (pays) doivent entamer leur transition (vers les énergies renouvelables), sinon nous souffrirons tous", a commenté Edgar Gutierrez,ministre de l’Environnement et de l’énergie du Costa Rica.

À Marrakech, les discussions sur l’aide financière promise par les pays industrialisés aux plus vulnérables pour faire face au réchauffement ont de nouveau été difficiles.

Les débats se focalisent sur le montant de l’aide pour les projets d’adaptation (digues, surélévation des habitations, système d’alerte météo, etc.), qui ne représente qu’environ 16% de l’aide actuelle, selon l’OCDE.

"Les pays en développement ont demandé que l’aide à l’adaptation soit quadruplée, mais les pays riches s’en sont tenus à un doublement des montants pour ce type de projets", indique Armelle Le Comte, de l’ONG Oxfam.

Sujet d’autant plus complexe qu’il n’y a "pas de méthodologie commune pour comptabiliser les projets en faveur du climat", ajoute-t-elle.

Le reste des discussions a porté sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris: préparer le rendez-vous de 2018 lors duquel un premier bilan des actions engagées par les différents pays doit être dressé et s’entendre sur les informations qu’à terme ils devront fournir afin que le processus soit le plus transparent possible.

Les débats se poursuivront à la COP23, qui sera organisée fin 2017 par les îles Fidji, mais qui aura lieu en Allemagne pour des raisons logistiques.

"Après un cycle de négociations long et difficile (avant Paris), il fallait commencer à travailler sur le 'comment faire' (...), mais sans forcément espérer de grands résultats concrets ici", a confié à l’AFP Teresa Ribera, directrice du think-tank Iddri.

"C’était une COP très différente, un nouveau cycle commence", selon l’ancienne négociatrice espagnole.

 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
R. B. (avec AFP)
Le 18 novembre 2016 à 15h47

à lire aussi

Prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026
Les prévisions quotidiennes

Article : Prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026

Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM): - Températures en hausse avec temps […]

Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP
BUSINESS

Article : Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP

Derrière le succès de son émission obligataire hybride d’avril 2026, le groupe OCP révèle une équation financière complexe. Entre montée de la fiscalité, politique de dividendes, investissements massifs dans la transition verte et dans des activités hors cœur de métier, le champion des phosphates doit désormais arbitrer dans un environnement compliqué.

Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial
IDEES

Article : Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial

Un ouvrage collectif dirigé par l’anthropologue marocain Hassan Rachik propose une relecture de la période coloniale à travers un format original de dictionnaire, réunissant une vingtaine de chercheurs marocains, français et espagnols.

Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged
DIPLOMATIE

Article : Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged

On the sidelines of the Antalya Diplomacy Forum in Turkey, Algeria’s foreign minister and the U.S. president’s senior advisor for Arab and African affairs discussed several regional issues, including the Sahara. Yet behind the carefully worded Algerian statement, Washington’s support for Morocco’s territorial integrity remains clear and unchanged. Since December 2020, that position has taken on the weight of state continuity, suggesting it will endure regardless of political turnover in Washington or diplomatic initiatives from Algiers.

Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat
Santé

Article : Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat

La société pharmaceutique marocaine Biopharma a signé à N’Djamena une feuille de route de coopération avec l’Institut tchadien de recherche en élevage pour le développement (IRED), dans le cadre du renforcement de la coopération maroco-tchadienne dans le domaine de la santé animale.

Casablanca : les autorités démentent auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
SOCIETE

Article : Casablanca : les autorités démentent auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa

Les autorités ont démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité