Sound Energy: “Le potentiel gazier de Tendrara se confirme de plus en plus”
La société a publié un nouveau communiqué, faisant état de résultats dépassant largement ses attentes. L'information est recoupée par deux professionnels, proches du dossier, qui déclarent à Médias24 que l’issue des tests de débit gazier laisse augurer une découverte intéressante, voire majeure.
Au fur et à mesure que les forages et les tests afférents se poursivent, la perspective de découvrir un "champ gazier super géant" se rapproche dans la région de l’Oriental, où prospecte la société anglaise avec l'ONHYM (Office national des hydrocarbures et des mines) et OGIF (Oil, Gas, Investments Funds).
Sound Energy a rendu public, le 24 novembre dernier, un nouveau communiqué, qui affirme que les tests de débit gazier menés dans le puits Tendrara TE-7 ont confirmé et dépassé le potentiel annoncé en octobre dernier
Après un forage onshore effectué en septembre, à une profondeur totale de 3.459 mètres et correspondant à une profondeur verticale de 2.611 mètres, la société a finalisé les tests d’évaluation du débit gazier de TE-7.
Effectués après stimulation, ces tests ont abouti à un débit gazier de 32 millions de pieds cubes/jour qui correspond à un débit d’environ 1 M de M3. Notons qu’au départ, les résultats faisaient état d’un débit de 8,8 millions de pieds cubes standard par jour et qu’après les récents tests, ce débit a été presque quadruplé.
Ce chiffre provisoire, selon Sound Energy, pourrait atteindre les quarante millions de pieds cubes avec un rabattement de 50%, ce qui dans la profession correspond à un volume très important de flux gazier.
Joint par Médias24, un géologue très au fait des recherches gazières dans la région de l’Oriental affirme, sous couvert d'anonymat, que les choses se déroulent, pour l’instant, sans grain de sable et confirment, de plus en plus, la possibilité de découvrir un champ de gaz exploitable commercialement.
"Ce que je peux dire, c’est que le train poursuit tranquillement sa route et que s’il n’y a pas d’obstacles, on se dirige vers une découverte très intéressante. Tout se passe bien, mais on ne sera fixés qu’en mars prochain, après avoir terminé les derniers tests et le forage du puits TE-8, précise notre interlocuteur avec prudence.
Contactée à son tour, une source anonyme de l’ONHYM confirme que sa direction suit au jour le jour ce dossier, qui pourrait cette fois aboutir à la première vraie découverte énergétique de l’histoire du Maroc.
"Nous avons beaucoup de raisons de faire preuve de prudence, mais je ne vous cache pas que cette fois, nous espérons toucher du doigt quelque chose qui donnera du sens à notre mission voire même à notre existence", se réjouit, sans le montrer, cet expert proche du dossier Tendrara.
Avant de chiffrer précisément le potentiel gazier de Tendrara, la société devra encore procéder à des essais approfondis et définitifs du puits TE-7, qui permettront d’évaluer la durabilité de la production de gaz et planifier le développement du terrain exploré, c'est-à-dire la connectivité des puits forés.
Ce n’est qu’après cette phase qui durera 60 jours que la pression du réservoir de fond de TE-7 et sa corrélation avec le gradient de gaz des autres puits de Tendrara pourront être officiellement détaillées et faire l'objet d'une annonce officielle.
Dans son dernier communiqué, James Parsons, directeur général de SE, s’est d'ailleurs dit impatient d’obtenir ces résultats pour mener à bien le forage d’un 8e puits TE-8, qui sera déterminant pour décider d'une éventuelle exploitation commerciale.
Depuis son installation au Maroc en 2015, la société n’a pas cessé d’enchaîner les bonnes nouvelles, car au terme du 1er forage de TE-6 en juin, les recherches avaient déjà montré une importante présence de gaz, avec un taux d’écoulement de 17 millions de p3 par jour, soit 7 fois plus que prévu.
Rappelons que ce puits porte ce numéro car AGIP, l’ONAREP et MPE avaient déjà foré à Tendrara entre 1966 et les années 2000, les puits TE-1 et TE-2 (AGIP), TE-3 (Office national de recherches et d’exploitation pétrolière) et TE-4 et TE-5 (Maghreb Pétroleum Exploitation).
Selon James Parsons, le forage du TE-6 et les récents résultats du débit gazier journalier du TE-7 montrent que les puits TE-1, TE-2, TE-3, TE-4 et TE-5 sont tous assis sur le même gradient de gaz.
Cela veut dire qu’en cas de confirmation des réserves commerciales de TE-6, TE-7 et TE-8, certains des anciens puits seront à nouveau forés pour déterminer le potentiel général du gisement.
En novembre dernier, le DG déclarait que cette "corrélation presque parfaite" pouvait s’expliquer par la présence d’un "énorme réservoir connecté" abritant des dizaines de trillions de pieds cubes de gaz ce qui en ferait un des plus importants des pays de la Méditerranée.
Même si l’éventualité d’une grande découverte se précise de plus en plus, ce n’est qu’à l’issue des résultats du forage du puits TE-8 et des tests de durabilité de la production du TE-7 que la société sera en mesure de confirmer et surtout de prouver l’étendue du potentiel.
Avant d’arriver à une éventuelle exploitation commerciale, Sound Energy devra cependant faire certifier ses conclusions par une société indépendante, qui effectuera une contre-expertise.
Pour rappel, la licence de prospection "Tendrara Lakbir" qui est détenue à 37,5% par Sound Energy, (le reste par l'Onhym et OGIF) concerne une superficie de 14.548 kilomètres carrés située dans le bassin des Hauts plateaux, au niveau de la commune de Maatarka, dans la province de Figuig.
À découvrir
à lire aussi
Article : CIRDI : Face à Emmerson, Rabat demande une bifurcation de la procédure
Face à une réclamation de 1,215 milliard de dollars portée par les investisseurs liés au projet de potasse de Khémisset, le Maroc demande au CIRDI d’examiner en priorité ses objections de compétence.
Article : Les nappes phréatiques ont moins bénéficié des pluies que les barrages
Alors que les barrages marocains affichent un taux de remplissage de 76,2 %, le niveau des eaux souterraines raconte une autre histoire. L'analyse des données satellitaires sur dix ans révèle un rebond disparate et timide.
Article : Transport militaire : le Maroc renforce sa flotte de transport aérien avec l’Airbus C295
L’Airbus C295 acquis par les Forces armées royales dans le cadre de la modernisation des Forces royales air a été dévoilé par Forum Far-Maroc. Selon l’expert militaire Abdelhamid Harifi, cette acquisition vise à renforcer les capacités de transport aérien militaire du Maroc, tout en s’inscrivant dans le contexte du rapprochement maroco-espagnol.
Article : EXCLUSIF. Cartes à l’appui, les grands changements urbanistiques envisagés à Hay Mohammadi
CASABLANCA. Le projet de nouveau plan d’aménagement de Hay Mohammadi arrive à une étape décisive. Prévu pour examen le 14 mai par le conseil de la ville de Casablanca, ce document suscite une vive contestation locale, notamment autour du devenir de quartiers historiques comme Derb Moulay Cherif. Voici, en détail, ce que prévoit ce plan.
Article : African Lion 2026 : comment le Maroc a testé l’armée du futur dans le Sud
Clôturé le 8 mai 2026, l’exercice coorganisé par les FAR et la SETAF-AF a réuni plus de 40 nations, dont 28 africaines. IA de commandement, drones FPV, munitions rôdeuses, Apache, WanderB et blindés modernisés... Cette édition a marqué un saut tactique et technologique majeur. Décryptage.
Article : Hôtels. Les visites mystère vont-elles vraiment améliorer le service ?
Lancée par la SMIT, l’opération suscite déjà des réserves chez certains professionnels, qui plaident pour des audits suivis de plans d’action, de contre-visites et d’investissements dans la formation, plutôt que pour une logique strictement punitive.