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ECONOMIE

De nombreux opérateurs anticipent une prochaine baisse du dirham

L’un des événements majeurs de 2017 sera probablement l’instauration de la flexibilité des changes au Maroc. De nombreux opérateurs anticipent déjà cette flexibilité dont ils estiment qu’elle sera accompagnée ou précédée d’une correction à la baisse de la valeur du Dirham.

De nombreux opérateurs anticipent une prochaine baisse du dirham
R. B. & S.E.H.
Le 30 novembre 2016 à 16h23 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

La valeur du dirham sera-t-elle corrigée à la baisse en 2017, à l’occasion de l’instauration de la flexibilité des changes? Oui, répondent la plupart des experts, responsables ou opérateurs économiques interrogés par Médias24.

La flexibilité des changes occupe désormais une place centrale dans le discours du FMI. Il l’a imposée à l’Egypte début novembre. Il l’a fait admettre à la Tunisie et au Maroc. Sachant que ces cas, cités à titre d’exemple, ne sont pas comparables.

Un responsable marocain de haut niveau semble convaincu de la pertinence de cette décision: il cite la “trilogie impossible“ ou “triangle d’incompatibilité de Mundell “, selon lequel une économie ne peut réunir en même temps un régime de change fixe, une politique monétaire autonome et la liberté de circulation des capitaux.

Lire aussi : Nicolas Blancher (FMI): il n'y aura pas de dévaluation majeure du dirham

Il y a en effet une relation mécanique entre les trois, taux de change, politique monétaire et circulation des capitaux. Par exemple, un taux de change fixe signifie que la Banque centrale s’oblige à respecter cette parité, qu’elle a décrétée et donc à servir à ce taux convenu à l’avance, toutes les demandes. Sa politique monétaire perdra en autonomie.

Le système qui se mettra en place au Maroc sera progressif. Le Maroc mettra en place une bande de fluctuation de la monnaie nationale au sein de laquelle le mouvement sera libre et obéira aux lois du marché. Par exemple, on commencera par +ou- 2,5% ou +ou- 5% autour de la valeur fixée par les autorités monétaires.

A partir de là, de nombreuses questions pratiques se poseront: quelle bande exacte de fluctuation? Quelle date? Quelles mesures d’accompagnement? Quelle communication didactique en direction des opérateurs, de l’opinion et des banques? Comment fonctionnera le système? Y aura-t-il un marché interbancaire? y aura-t-il des cotations et à quel rythme? etc…

La Banque centrale a achevé selon nos sources ses études et ses scénarios. Des allers et retours se mettent en place avec le système bancaire. La date envisagée de mise en place du nouveau régime de change est la fin du 1er semestre 2017.

Selon des sources informées au sein du marché, la Banque centrale a accepté le principe du taux de change flexible, tout en faisant preuve d’une grande prudence. De son côté, le patronat n’a pas fourni un “oui franc et massif“. Il est évident que les importateurs sont favorables au maintien du statu quo, alors que les exportateurs sont favorables à la flexibilité, car elle se traduira par une amélioration de leur compétitivité.

Hausse des exportations, amélioration de la compétitivité

C’est que de l’avis quasi-général, la valeur réelle du dirham est inférieure à la parité actuelle. Et qu’une baisse de sa valeur améliorera les exportations et rééquilibrera mécaniquement la balance commerciale. Valeur réelle est une expression qui peut revêtir plusieurs sens et qui peut changer d'un secteur économique à l'autre. C'est dire que nous ne sommes pas obligatoirement en présence d'une recette miracle qui va booster les exportations et, partant, la croissance.

La littérature suggère qu'une dépréciation du taux de change devrait conduire à une augmentation des exportations, tant pour les économies avancées que pour les économies émergentes, mais cette élasticité peut s'affaiblir lorsque les exportations montent dans la chaîne de valeur mondiale et sont de plus en plus intégrées dans les processus de production mondiaux, ce qui les rend moins sensibles aux prix.

En utilisant des modèles mathématiques, le FMI est arrivé aux résultats suivants:

- En général, 1% de dépréciation du taux de change conduit à une augmentation des exportations de 0,38 – 0,40%. Le FMI note que la corrélation semble plus forte pour le sous-ensemble des exportations manufacturières.

-Une augmentation de la croissance économique mondiale, reflétant la demande mondiale, semble avoir un effet positif sur les exportations marocaines. Toutefois, les exportations marocaines peuvent afficher de bonnes performances malgré une croissance mondiale faible.

-Globalement, les études laissent penser que les exportations du Maroc demeurent sensibles au taux de change et que des améliorations au niveau de ce dernier pourraient améliorer les résultats à l’exportation et renforcer la position extérieure.

Un responsable marocain estime qu’un régime plus flexible doit être instauré, car le contexte est propice: aujourd’hui, le Maroc le ferait progressivement et assez confortablement, alors que la Turquie ou l’Egypte ont été obligés de le faire dans la crise et la précipitation, et avec de gros dégâts.

Régime de change, flexibilité, parité du dirham seront les sujets qui alimenteront la chronique économique des prochaines années. Bien entendu, le débat sur la pertinence de la décision ne fait que commencer. Bank Al Maghrib cible pour 2017 une inflation basse (1,2%), car elle sait l'importance qu'aura le taux d'inflation. Une correction du dirham renchérit les importations et importe de l'inflation. Nous y reviendrons longuement.

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R. B. & S.E.H.
Le 30 novembre 2016 à 16h23

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