Tourisme de croisière, logistique: Tanger voit grand
Invités dans le cadre du MEDays Business Summit, les patrons de la SNTL et de la Marina de Tanger ont présenté leurs projets pour la ville portuaire. Mais, un port de croisière et une plate-forme logistique, peuvent-ils véritablement contribuer à faire de Tanger un centre de compétitivité?
Tanger veut attirer davantage de touristes. "La ville envisage de tripler le nombre de croisiéristes à l’horizon 2020", a indiqué Mohamed Ouanaya, dirigeant de la Société d’aménagement de la baie de Tanger (SAPT). En 2015, pas moins de 100 escales ont été enregistrées au port de Tanger avec le débarquement de 110.000 visiteurs. "Mais l’objectif d’ici la fin de la décennie, est de faire de Tanger une ville de départ et d’arrivée des bateaux de croisière", a-t-il souligné. En bref, battre des records comparables à ceux de Barcelone ou de Venise.
Autres nouvelles: M. Ouanaya a annoncé un palais des congrès –infrastructure inexistante à ce jour à Tanger- pour la fin de la décennie, avec un renforcement du tourisme de jour. Cela permettra de ramener à Tanger plus de 400.000 visiteurs par an de la ville voisine d’Espagne, Tarifa. Le port de plaisance devrait être opérationnel à la veille de l’été 2017. L’année prochaine, les partenaires émiratis de la Marina de Tanger, Eagle Hills, doivent commencer à aménager une partie des 30 hectares sur lesquels un hôtel, des commerces et des résidences doivent être érigés.
Tanger et Barcelone: comparaison n’est pas raison, mais …
De son côté, le patron de la Société nationale des transports et de la logistique (SNTL), Mohamed Benouda, a fourni, jeudi 8 décembre à Tanger, plus de détails sur le partenariat que développe la SNTL avec ses partenaires chinois. Lors du voyage royal à Pékin en mai dernier, la SNTL et Attijariwafa bank ont signé plusieurs conventions ayant trait à la logistique.
Le directeur général de la SNTL a mis en avant que "le Maroc se classe au 2e rang sur le continent après l’Afrique du Sud. Selon les critères de la Banque mondiale en matière de logistique, nos procédures douanières, nos infrastructures et notre qualité de prestations sont bonnes".
Le DG de la SNTL a également évoqué la plate-forme logistique de Aïn Dalia. Elle doit être édifiée sur 50 ha, sur le site du projet industriel et résidentiel chinois à environ 25 km de Tanger. La zone d’activités chinoise doit, dans un premier temps, se développer sur une emprise foncière de 500 ha.
C’est là que la SNTL établira une base logistique, bâtira des locaux industriels pour TPE et PME, établira un centre de gestion de flotte et construira l’usine de véhicules utilitaires électriques, dont un premier modèle a été présenté lors de la COP22 à Marrakech le mois dernier. "Le projet d’Aïn Dalia est dans la phase du permis de construire, avec une première tranche du projet qui devrait être prête fin 2017", a précisé M. Benouda. La SNTL doit investir 1,5 MM DH dans ses projets tangérois.
Si les investissements publics et privés sont importants à Tanger depuis une dizaine d’années, un comparatif avec Barcelone permet toutefois de réaliser que les marges de croissance restent très importantes ici. Avec un peu plus de 3,5 millions d’habitants, la région de Tanger-Tétouan contribue environ pour 10% au PIB national, soit un peu moins de 10 milliards d'euros. Barcelone avec un peu moins de 8 millions d’habitants produit 250 milliards d’euros et contribue pour 30% au PIB espagnol. En substance, 2,5 fois plus peuplée, Barcelone produit 25 fois plus.
Comme le note Juan Carlos Belloso de Branding Barcelona, également présent au MEDays Business Summit, "les deux villes ont beaucoup de choses en commun: une tradition portuaire, une histoire, de l’industrie, une vocation touristique et un climat". En revanche, ce que Tanger et Barcelone n’ont pas, ou n’ont pas eu en commun au cours de ces 30 dernières années, c’est un système éducatif performant, un rattachement ancien au marché européen, ainsi que des appuis financiers pour l’infrastructure et l’investissement privé.
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