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ECONOMIE

Economies africaines: les pistes pour s’en sortir, selon McKinsey Global Institute

Le think tank “McKinsey Global Institute” vient de rendre public le deuxième volume de son rapport sur le potentiel économique en Afrique, bouclé en septembre 2016. Intitulé "les lions en mouvement II"- le premier volume date de 2010-, il décortique la croissance dans les pays du continent et recommande quelques mesures, pour favoriser leur essor.

Economies africaines: les pistes pour s’en  sortir, selon McKinsey Global Institute
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Le 19 décembre 2016 à 18h25 | Modifié 11 avril 2021 à 1h05

L’heure des lions serait-elle déjà passée? S’interrogent d’emblée les rédacteurs du rapport, au vu des changements constatés ces cinq dernières années, notamment au niveau du ralentissement de la croissance entre deux périodes:

 -la période faste 2000-2008 quand la croissance atteignait 4,9% par an.

 -et 2010- 2015 où le PIB global de l’Afrique a progressé de seulement 3,3% par an.

Ces taux sont une moyenne continentale, sachant que l’Afrique n’est pas une entité indivisible, suivant les mêmes tendances ou présentant les mêmes caractéristiques.

Economies africaines: les pistes pour s’en  sortir, selon McKinsey Global Institute

Deux blocs sont donc à considérer:

-Là où la croissance a fléchi: pays exportateurs d’hydrocarbures affectés par la chute des cours du pétrole (notamment l’Algérie, l’Angola, le Nigéria et le Soudan) et pays d’Afrique du Nord (l’Égypte, la Libye et la Tunisie) traversés par les printemps arabes. "Ces deux groupes de pays représentent à eux seuls les 3/5 du PIB de l’Afrique. Leur performance impacte donc fortement celle du continent", souligne le rapport.

- Là où la croissance s’est renforcée c'est-à-dire dans le reste de l’Afrique, affichant un taux moyen de 4,4% par an entre 2010 et 2015.   

Au delà de cette classification,  et pour une meilleure lecture des risques pays en Afrique, trois groupes de pays ont été mis en exergue par le rapport:

Les pays en croissance stable (19% du PIB africain en 2015). Ce groupe de pays inclut le Maroc, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Botswana, le Kenya,  la république de Maurice, le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda. Ils ont en commun  "une croissance économique qui ne repose pas sur les ressources naturelles, ce sont des économies de taille moyenne ou modérée et ils mènent des politiques économiques réformistes et axées sur l’amélioration de la compétitivité", selon le document.

Les pays en croissance fragile (35% du PIB de l’Afrique en 2015). Parmi ces derniers, des pays fortement dépendants des ressources naturelles comme le Nigéria, l’Angola ou la Zambie, et d’autres dont le potentiel reste sous-valorisé en raison de problèmes persistants de sécurité, de gouvernance ou d’instabilité macroéconomique. Exemple: le Congo.

Les pays en faible croissance (46% du PIB de l’Afrique en 2015). On y trouve l’Égypte, la Libye et la Tunisie, mais également l’Afrique du Sud, avec une croissance atone et un chômage élevé.

En dépit de ces divergence, globalement, les fondamentaux sont jugés solides avec des prévisions de croissance bien orientées à long terme. D’ailleurs, le FMI estime qu’à l’échelle mondiale, l’Afrique réalisera la deuxième plus forte croissance économique à l’horizon 2020.

Aussi, selon les prévisions, la production industrielle pourra passer de 500 milliards de dollars en 2015 - créée essentiellement par l’Égypte, le Maroc, le Nigéria, l’Afrique du Sud et la Tunisie- à 930 milliards de dollars à horizon 2025.  

Des conditions doivent toutefois être réunies.

Les axes d’intervention prioritaires pour un essor économique

Commençons d’abord par quelques points qui poussent à l’optimisme:

-D’ici 2034, le continent devrait bénéficier d’une main d’œuvre plus abondante que la Chine ou l’Inde, avec comme situation actuelle des créations d’emploi qui progressent plus vite que la population active.

-La subsistance d’abondantes réserves de ressources naturelles.

-D’importants gisements de croissance sur les marchés B2C et B2B.

Les points de faiblesse sont essentiellement : des déséquilibres budgétaires, un ralentissement des investissements étrangers, des besoins immenses liés à l’urbanisation rapide du continent – logements, infrastructures, srvices en réseaux…

Comment s’en sortir? Le rapport énumère six axes de politiques publiques à mettre en œuvre:

-Mobiliser les financements domestiques à travers deux leviers: la fiscalité et l’épargne. Ces derniers permettraient de dégager entre 175 et 355 milliards dollars de ressources financières locales additionnelles.

- Une diversification économiqu,,avec une vision à long terme. A ce sujet, le Maroc a été cité en exemple dans le rapport, puisqu’il a réussi à fonder sa diversification sur «le développement de secteurs porteurs, au regard des avantages comparatifs nationaux, associant pouvoirs publics et acteurs privés», notamment au niveau de l’outsourcing, l’industrie manufacturière et l’agroalimentaire.

- Accélérer le développement des infrastructures, notamment des réseaux de transport et de l’énergie, pour une meilleure intégration régionale. Pour cela, les investissements en infrastructures devront doubler, pour passer à 150 milliards de dollars par an, contre 80 milliards en 2015.

- Approfondir l’intégration régionale, pour créer des  marchés larges et intégrés, à même d’attirer les investisseurs. La situation actuelle empêche l’efficience des chaînes logistiques et l’apparition de «hubs» industriels ou de services…

- Renforcer le capital humain, sachant que  «l’une des principales difficultés rencontrées par les entreprises qui opèrent en Afrique consiste à attirer et fidéliser les collaborateurs dont elles ont besoin».

-Réussir une urbanisation raisonnée, grâce à un travail de planification en prélude à l’arrivée de 190 millions de citadins dans les prochaines décennies.

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